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	<title>Agn&#232;s et Jacques</title>
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	<description>Le site familial des Pyrat.
Des recettes de cuisine, un livret de messe &#224; t&#233;l&#233;charger, un livre entier sur la psychologies de l'homme et de la femme&#8230;</description>
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		<title>Agn&#232;s et Jacques</title>
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		<title>Amour : homme et femme</title>
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&lt;p&gt;Regardons la soci&#233;t&#233; humaine dans son ensemble. Ne sommes-nous pas impressionn&#233;s &#224; la vue d'un fourmillement continuel qui agite les individus ? Sans cesse les personnes se c&#244;toient, se croisent, s'unissent, se s&#233;parent. Au sein de ce brassage, le sexe masculin et le sexe f&#233;minin manifestent ce ph&#233;nom&#232;ne permanent de s'attirer l'un l'autre. Des couples se font, d'autres se d&#233;font. Malgr&#233; des &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s, l'homme et la femme se cherchent constamment et se veulent enti&#232;rement. L'un et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regardons la soci&#233;t&#233; humaine dans son ensemble. Ne sommes-nous pas impressionn&#233;s &#224; la vue d'un fourmillement continuel qui agite les individus ? Sans cesse les personnes se c&#244;toient, se croisent, s'unissent, se s&#233;parent. Au sein de ce &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;brassage&lt;/em&gt;, le sexe masculin et le sexe f&#233;minin manifestent ce ph&#233;nom&#232;ne permanent de s'attirer l'un l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des couples se font, d'autres se d&#233;font. Malgr&#233; des &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s, l'homme et la femme se cherchent constamment et se veulent enti&#232;rement. L'un et l'autre sont anim&#233;s d'un vif d&#233;sir d'atteindre un bonheur &#224; deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs attitudes d'attirance mutuelle, les sexes ne pr&#233;sentent pas les m&#234;mes dominantes. Nous avons observ&#233; que, pour susciter l'attention du sexe compl&#233;mentaire, la femme cherchait &#224; plaire, tandis que l'homme s'effor&#231;ait de se faire admirer. Il ne s'agit pas l&#224; d'exclusivit&#233;, mais de deux tendances qui pr&#233;dominent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la femme ressent un vif plaisir &#224; provoquer sur le sexe masculin des impressions agr&#233;ables ; &#224; ces occasions, elle &#233;prouve une satisfaction qui frise la jouissance. Certaines m&#234;me n'h&#233;sitent pas &#224; d&#233;velopper ce penchant de leur nature au d&#233;triment de l'amour profond ; elles sont continuellement soucieuses d'&#233;veiller chez l'homme des d&#233;sirs ardents ; d&#232;s qu'elles pensent y avoir r&#233;ussi, elles se d&#233;sint&#233;ressent de l'individu fortement impressionn&#233; pour entreprendre une autre conqu&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recherche de beaut&#233; chez l'&#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques &#233;pouses se plaignent d'&#234;tre forc&#233;es de prendre un soin minutieux de leur beaut&#233; ; elles consid&#232;rent, disent-elles, cette obligation comme une corv&#233;e dont seuls les maris sont les heureux b&#233;n&#233;ficiaires. N'est-ce pas un &#233;go&#239;sme masculin, pensent-elles, qui pousse l'homme &#224; vouloir vivre avec une femme jolie, &#233;l&#233;gante, gracieuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact que des maris veulent des femmes belles uniquement pour leur plaisir personnel ; leur sens esth&#233;tique les incite &#224; se rapprocher d'une beaut&#233; f&#233;minine avec la m&#234;me joie que s'il s'agissait d'une couvre d'art ; d'autres demandent que l'&#233;pouse soit jolie uniquement pour maintenir en eux une ardeur sexuelle. Dans leur exigence, ces individus oublient la vraie valeur humaine de la femme qui n'accepte pas d'&#234;tre trait&#233;e en pur &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;objet&lt;/em&gt; de plaisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait imprudent d'admettre cette complainte f&#233;minine sans faire une petite r&#233;serve. Si vraiment il n'y avait pas pour la femme une satisfaction d'&#234;tre belle pour susciter le d&#233;sir de l'homme, elle n'envierait nullement celles qui recueillent le plus de suffrages masculins ; que lui importeraient les compliments qui ne lui sont point adress&#233;s ? Aucune d&#233;ception ne viendrait l'effleurer au moment o&#249; elle se rend compte qu'elle ne fait aucune impression sur la sensibilit&#233; masculine ; bien au contraire, elle devrait se r&#233;jouir d'&#234;tre d&#233;barrass&#233;e de la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;corv&#233;e&lt;/em&gt; de plaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que, pour ressentir l'agr&#233;able sensation d'impressionner favorablement l'homme, la femme doit avoir assez de f&#233;minit&#233; pour, go&#251;ter cette joie qui vient de sa nature sexu&#233;e. &#201;videmment, si elle n'est qu'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;occasionnellement&lt;/em&gt; femme, sa finesse n'est pas suffisamment profonde pour capter les nuances de ses tendances f&#233;minines. Pour de telles personnes, les soins qu'exige la toilette ne peuvent &#234;tre qu'une pure obligation sans plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#233;pouses qui consid&#232;rent que les soins esth&#233;tiques sont pour elles une corv&#233;e, elles devraient examiner de plus pr&#232;s la valeur de leur affection conjugale. Elles d&#233;couvriraient facilement une r&#233;elle diminution de leur tendresse pour leurs maris ; car une femme qui aime est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;par nature&lt;/em&gt; port&#233;e &#224; se vouloir belle pour celui qu'elle ch&#233;rit ; il ne s'agit pas d'une corv&#233;e, mais d'un t&#233;moignage d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que de fois la femme mari&#233;e ne pense plus &#224; son &#233;poux ! Elle recherche la toilette pour satisfaire uniquement son go&#251;t personnel ; sans tenir compte du sens esth&#233;tique de son mari, elle se laisse aller &#224; toutes ses fantaisies ; elle est belle en &#233;go&#239;ste. Quelques-unes, sous le couvert d'un respect apparent pour leurs &#233;poux, n'ont en vue que de susciter l'admiration des autres hommes&#8230; Alors le mari, frustr&#233; du don de sa femme, a l'impression d'un malaise ; car il se sent &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;exclu&lt;/em&gt; de cette beaut&#233; ; son &#233;pouse n'est plus &#224; ses yeux qu'une poup&#233;e vide d'amour ou qu'une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;aguicheuse&lt;/em&gt; qui continue sa petite com&#233;die au d&#233;triment d'une affection profonde. Peut-on s'&#233;tonner ensuite de voir des femmes belles d&#233;laiss&#233;es par les hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule l'&#233;pouse f&#233;minine et g&#233;n&#233;reuse ne se plaint pas de rechercher une beaut&#233; qui plaise &#224; son mari. Elle sait qu'il faut parfois dominer certains de ses d&#233;sirs pour accorder sa beaut&#233; au go&#251;t de son &#233;poux ; mais quelle compensation en se voyant enti&#232;rement d&#233;sir&#233;e par l'homme qu'elle aime !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment l'&#233;poux d&#233;sire son &#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car la femme veut &#234;tre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;sir&#233;e&lt;/em&gt; ; non seulement d&#233;sir&#233;e, mais encore &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;la plus&lt;/em&gt; d&#233;sir&#233;e. Elle sent instinctivement que c'est dans un mouvement de d&#233;sir que la nature masculine se donne le plus profond&#233;ment. Il ne s'agit pas, comme on l'imagine souvent, d'une simple convoitise sexuelle, mais d'un &#233;lan de l'homme qui se donne tout entier en prenant toute la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi l'&#233;pouse craint-elle tout ce qui pourrait emp&#234;cher, minimiser ou tuer le d&#233;sir chez l'homme. Elle veille &#224; rester attrayante ; elle s'ing&#233;nie &#224; renouveler son charme ; elle se pr&#233;occupe de retarder les effets du vieillissement. Que de souffrances cach&#233;es chez celle qui per&#231;oit dans le miroir sa jeune beaut&#233; se fl&#233;trir ! La sensation de l'&#233;coulement inexorable du temps meurtrit cette sensibilit&#233; ; mais combien plus douloureuse la crainte d'&#234;tre moins aim&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;hension d'autant plus grande que la femme n'a pas su apporter &#224; l'homme une valeur authentiquement f&#233;minine. Ne s'&#233;tant content&#233;e d'offrir au mari qu'un ext&#233;rieur attirant, la voil&#224; d&#233;laiss&#233;e apr&#232;s des p&#233;riodes d'exaltantes satisfactions. Elle est d&#233;&#231;ue, d&#233;courag&#233;e, &#233;c&#339;ur&#233;e. Elle taxe l'homme de pure sensualit&#233;. Mais il arrive parfois, m&#234;me tr&#232;s souvent &#224; l'heure actuelle, que la femme est trop pauvre en sentiments pour &#234;tre une richesse humaine qui comble la nature masculine. Si elle ne veut pas &#234;tre un simple objet de plaisirs que l'homme go&#251;te &#224; l'occasion, appr&#233;cie momentan&#233;ment, d&#233;laisse ensuite, elle doit prendre conscience de la n&#233;cessit&#233;, pour elle, de ne pas &#234;tre superficiellement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de fois les hommes sont d&#233;rout&#233;s, rebut&#233;s, atterr&#233;s en face d'un &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;vide&lt;/em&gt; de f&#233;minit&#233; qu'ils ressentent derri&#232;re les apparences les plus flatteuses. Apr&#232;s s'&#234;tre g&#233;n&#233;reusement donn&#233; &#224; la femme qu'il voulait aimer de tout son &#234;tre, le mari se trouve devant une beaut&#233; sans vie, un sentimentalisme sans douceur, une sexualit&#233; sans grandeur. &#192; la suite de quelques exp&#233;riences malheureuses, l'homme n'a plus qu'une opinion m&#233;prisante pour le sexe f&#233;minin qu'il consid&#232;re d&#233;pourvu de toute profondeur humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme d&#233;&#231;oit par son manque de f&#233;minit&#233;, l'homme est parfois aussi cause de r&#233;volte. Que de maris portent tout leur d&#233;sir sur un des c&#244;t&#233;s agr&#233;ables de leurs &#233;pouses ! Tant&#244;t ils s'arr&#234;tent au niveau de la pure sexualit&#233;, tant&#244;t ils admirent la beaut&#233; f&#233;minine en elle-m&#234;me. Par ce manque de profonde intimit&#233;, la femme se sent m&#233;pris&#233;e ; ce n'est pas elle que l'homme d&#233;sire, mais son corps qu'il veut. Elle &#233;prouve du d&#233;go&#251;t et se rebelle contre cet avilissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, l'homme se plaint que sa femme s'inqui&#232;te fort peu de sa beaut&#233;. II ne la trouve pas assez coquette &#224; son go&#251;t ; il voudrait la voir mieux habill&#233;e, plus &#224; la mode, moins n&#233;glig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche ne s'adresse pas toujours en justice &#224; l'&#233;pouse. Les soucis quotidiens et les pr&#233;occupations du budget familial restreignent parfois les possibilit&#233;s de toilette. Mais il arrive aussi que le mari soit la cause premi&#232;re de ce laisser-aller. Apr&#232;s le mariage, l'homme se d&#233;sint&#233;resse trop souvent de la beaut&#233; de sa femme ; son indiff&#233;rence d&#233;courage celle qui ne sait m&#234;me plus si ses toilettes plaisent ou non &#224; son &#233;poux. Certains maris ne font des observations qu'au moment o&#249; quelques d&#233;tails de beaut&#233; les heurtent ; &#224; part ces remarques, parfois ironiques, jamais un seul petit mot d'admiration et de reconnaissance pour celles qui dans leur g&#233;n&#233;rosit&#233; d'amour veulent &#234;tre belles pour eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il y aurait plus de tendresse chez les &#233;poux, plus de saveur dans la vie conjugale, plus de beaut&#233; dans le foyer, si seulement le mari portait un peu plus d'attention aux charmes de sa femme ! Avec quelle gratitude l'&#233;pouse recevrait alors l'affectueux compliment que lui adresse celui dont elle voudrait &#234;tre tout le d&#233;sir !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment l'&#233;pouse admire son &#233;poux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un homme veut attirer &#224; lui l'attention d'une femme, il cherche instinctivement un moyen de susciter l'admiration. Cette tendance s'estompe souvent apr&#232;s le mariage ; mais il faut bien reconna&#238;tre que l'amour s'affermit dans un foyer lorsque l'&#233;pouse admire son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'une contemplation b&#233;ate qui aboutit &#224; l'effacement de la femme, ni d'une louange continuelle adress&#233;e &#224; l'homme, mais d'un sentiment d&#233;licat, respectueux, confiant, qui pr&#233;dispose la nature f&#233;minine &#224; se livrer totalement &#224; la puissance masculine. C'est dans ce mouvement qui envahit peu &#224; peu toute cette nature que l'amour na&#238;t au plus profond de cette vitalit&#233; humaine. En effet, la femme qui admire est d&#233;j&#224; sur le chemin de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, apr&#232;s un temps de vie conjugale, l'admiration que la jeune fille portait sans r&#233;serve &#224; son fianc&#233; se ternit et dispara&#238;t. Le mari se sent devenir peu &#224; peu sans valeur pour son &#233;pouse ; tout ce qu'il raconte, entreprend, r&#233;ussit, ne produit aucun effet sur sa femme. Il se demande m&#234;me comment il pourra lui apporter quelque satisfaction de fiert&#233; en dehors des pr&#233;sents co&#251;teux qui flattent la sensibilit&#233; f&#233;minine ; il voit que, par son travail, ses efforts, ses succ&#232;s, il ne peut pas &#233;veiller une joie d'admiration qui conduise &#224; l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi l'homme reproche-t-il &#224; son &#233;pouse de ne pas admirer ce qu'il fait. Au lieu de comprendre le sens de cette requ&#234;te, la femme, vex&#233;e, pense fermement que ce d&#233;sir exprime un orgueil masculin. Elle regimbe m&#234;me contre cette exigence du sexe fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, des individus font preuve d'orgueil ; ils cherchent &#224; &#234;tre compliment&#233;s, applaudis, admir&#233;s. Leurs richesses, leurs dons naturels, leur position sociale peuvent bien momentan&#233;ment susciter l'admiration f&#233;minine ; mais leur apparente personnalit&#233; laisse percevoir la vanit&#233; de ces pr&#233;tendues valeurs humaines. Un mouvement se dessine alors chez la femme ; elle se cabre, car elle ne peut admirer sans aimer ; or, toutes les puissances de l'univers ne peuvent la contraindre &#224; aimer ce qu'elle m&#233;prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;action de d&#233;fense correspond au refus de l'homme d'aimer la femme qui ne lui para&#238;t point belle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;prise sur les rapports de sup&#233;riorit&#233;/inf&#233;riorit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'entre nous soutiennent que dans un m&#233;nage l'homme doit &#234;tre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sup&#233;rieur&lt;/em&gt; &#224; son &#233;pouse. Les foyers o&#249; la femme exerce une profession qui la classe au-dessus de son mari finissent toujours par perdre leur solidit&#233; ; l'amour s'&#233;tiole et le m&#233;nage se dissout tr&#232;s souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien examiner ce probl&#232;me, il est n&#233;cessaire de l'envisager sous diff&#233;rents angles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il est faux de croire qu'il faille une sup&#233;riorit&#233; de l'homme sur la femme. Toujours imbus de l'id&#233;e qu'il n'y a qu'un &#233;talon de valeurs humaines : l'&#233;talon masculin, nous parlons de l'unique sup&#233;riorit&#233; de l'homme. II s'agit, en v&#233;rit&#233;, d'une sup&#233;riorit&#233; de l'homme &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;dans son domaine d'homme&lt;/em&gt;. Dans cette perspective, le mari doit &#234;tre sup&#233;rieur &#224; son &#233;pouse. Mais il existe une autre sup&#233;riorit&#233; qui vaut tout autant que la sup&#233;riorit&#233; masculine : la sup&#233;riorit&#233; de la femme &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;dans son propre domaine f&#233;minin&lt;/em&gt;. Lorsqu'une &#233;pouse se voit d&#233;pass&#233;e en valeur par son mari dans la perspective f&#233;minine, la femme est aussi amoindrie ; en cons&#233;quence, il y a t&#244;t ou tard une baisse d'estime de l'homme pour son &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, dans un foyer, l'un des sexes se montre sup&#233;rieur dans le domaine de l'autre, il en r&#233;sulte &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;toujours&lt;/em&gt; une diminution de respect, d'admiration, d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui ont acquis dans le domaine masculin une sup&#233;riorit&#233; ont habituellement du m&#233;pris ou de la condescendance, ce qui ne vaut pas mieux, &#224; l'&#233;gard des hommes qui se trouvent en &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233;. Tant que cette position n'int&#233;resse pas directement les conjoints, les cons&#233;quences sont moins cruelles. Mais si l'&#233;pouse est sup&#233;rieure &#224; son mari dans le domaine masculin, la situation peut devenir dramatique. Apr&#232;s avoir eu des vell&#233;it&#233;s d'amour, la femme ne se sent pas attir&#233;e par un &#234;tre qu'elle estime inf&#233;rieur. Certes, elle peut lui t&#233;moigner de la piti&#233; ou l'entourer d'affection quasi maternelle, mais elle est incapable d'aimer &#233;perdument de tout son &#234;tre ; elle finit par rester seule en elle-m&#234;me, impuissante &#224; se fusionner avec une vie d'homme. La solitude sentimentale au sein d'un foyer finit par peser de tout son poids sur cette nature de femme ; alors l'&#233;pouse r&#234;ve d'aimer un &#234;tre qui lui soit &#171; sup&#233;rieur &#187; ; elle aspire &#224; s'an&#233;antir aupr&#232;s de celui qu'elle admire par-dessus tout. En r&#233;alit&#233;, si la femme est tellement d&#233;sireuse de rencontrer un homme qui lui arrache son admiration, c'est parce qu'elle voudrait enfin aimer de tout elle-m&#234;me&#8230; et sans admirer, elle ne le peut.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pondre au besoin d'admiration de l'&#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certaines &#233;pouses se lamentent de ne pas pouvoir estimer leurs maris ; ceux-ci se comportent dans leurs foyers avec si peu de virilit&#233; qu'elles finissent par croire que ce ne sont pas des hommes. Bien souvent elles avouent ne pas avoir une grande affection pour de tels individus ; elles font semblant de les aimer encore ; mais leur apparente tendresse n'est qu'une piti&#233; d&#233;guis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;chec de l'amour v&#233;ritable n'est pas toujours imputable &#224; l'homme. L'&#233;pouse a tr&#232;s souvent, pour des raisons diverses, minimis&#233; le r&#244;le du mari dans le foyer. Pour ne pas &#234;tre sans cesse oblig&#233; de contrarier les caprices, les exigences, le despotisme de son &#233;pouse, il pr&#233;f&#232;re abandonner la lutte, se replier sur lui-m&#234;me, s'effacer. Apr&#232;s des ann&#233;es, lorsque les difficult&#233;s surviennent, la femme voudrait pouvoir compter sur l'homme ; mais elle ne retrouve plus cette virilit&#233; qu'elle a sap&#233;e depuis si longtemps. Un d&#233;go&#251;t l'envahit alors ; elle finit par m&#233;priser ce qu'elle a d&#233;truit elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme veut poss&#233;der le bonheur d'aimer, elle doit savoir choisir et respecter celui qu'elle peut admirer. L'homme qui veut se placer dans la perspective de l'amour f&#233;minin doit savoir aussi susciter une l&#233;gitime admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, en effet, dans cette admiration de femme, admiration charg&#233;e d'amour, que se situe le stimulant le plus puissant qui soul&#232;ve l'homme au-dessus de lui-m&#234;me. Celui-ci &#233;prouve la n&#233;cessit&#233; de s'&#233;lever toujours plus pour pouvoir &#234;tre admir&#233; jusqu'&#224; l'amour ; la femme, de son c&#244;t&#233;, d&#233;sire de tout son &#234;tre que celui qu'elle aime devienne &#224; ses yeux toujours plus grand pour se laisser emporter d'admiration jusqu'au don total d'elle-m&#234;me. Elle est alors l'inspiratrice, le soutien, l'instigatrice des efforts de l'homme. Ce n'est pas un r&#244;le subalterne, mais une valeur d'int&#233;riorit&#233; qui est l'irrempla&#231;able grandeur de la femme. L'homme, conscient de cette stimulation d'amour, est heureux d'apporter les fruits de ses efforts &#224; celle pour qui il a tant voulu &#234;tre admirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines femmes envient les hommes de pouvoir ainsi recueillir de la gloire. Pour cela, elles s'ing&#233;nient &#224; r&#233;aliser des prouesses peu communes pour susciter l'admiration des hommes. Elles sont encourag&#233;es, compliment&#233;es, applaudies. &#192; leur grand &#233;tonnement, les hommes, en g&#233;n&#233;ral, se d&#233;tournent d'elles pour choisir comme &#233;pouses des femmes plus modestes, sans grand talent, sans r&#233;putation. D&#233;pit&#233;es, elles accusent les hommes de jalousie ou d'ignorance des &#171; vraies &#187; valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II s'agit, en r&#233;alit&#233;, d'une m&#233;prise. Les femmes qui n'ont pas une grande intuition &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;plaquent&lt;/em&gt; leur psychologie f&#233;minine sur la psychologie masculine. Aussi croient-elles se faire aimer en suscitant l'admiration puisqu'elles ne peuvent sentir monter en elles un tel sentiment sans &#233;prouver le besoin de se donner. Mais chez l'homme il y a une nette s&#233;paration entre le sentiment d'admiration et le don d'amour. Bien plus, l'attention masculine est d&#233;tourn&#233;e de la personne admir&#233;e pour &#234;tre concentr&#233;e sur l'action admirable en elle-m&#234;me ; c'est la r&#233;ussite en tant que r&#233;ussite qui est sujet d'&#233;merveillement. L'exp&#233;rience est l&#224; pour montrer que les femmes les plus applaudies n'ont pas toujours &#233;t&#233; celles qui ont &#233;t&#233; les plus aim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conjuguer d&#233;sir et admiration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse du d&#233;sir que ressent l'homme pour la femme ou de l'admiration qu'a la femme pour l'homme, le b&#233;n&#233;ficiaire est l'amour. En effet, l'&#233;pouse doit pouvoir se r&#233;jouir en voyant son mari venir si ais&#233;ment &#224; elle sous la pouss&#233;e d'un d&#233;sir total ; et l'homme doit &#234;tre reconnaissant pour celle qui lui rend si facile son don d'amour. De m&#234;me, le mari peut se f&#233;liciter de stimuler l'affection de son &#233;pouse par son attitude admirable ; tandis que la femme lui doit de la gratitude en se sentant transport&#233;e jusqu'&#224; l'amour par une l&#233;gitime admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans une aide mutuelle, l'homme et la femme accroissent leur affection, soutiennent leur tendresse, resserrent les liens de leur intimit&#233;. Ils s'aiment avec plaisir, respect, reconnaissance. Aimer devient pour eux une joie qui pourra s'approfondir jusqu'au bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attirance r&#233;ciproque qui draine avec elle l'amour constitue un facteur qui doit &#234;tre maintenu au cours de toute la vie des individus. Par des &#233;lans alternatifs de d&#233;sir et d'admiration, l'homme et la femme peuvent lutter efficacement contre la monotonie de l'existence quotidienne, les diff&#233;rences in&#233;vitables des caract&#232;res, les difficult&#233;s de chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bonheur conjugal et identit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'intimit&#233; conjugale puisse progresser vers une fusion de plus en plus compl&#232;te, les deux natures qui s'unissent doivent &#234;tre r&#233;ellement compl&#233;mentaires sur tous les plans de la r&#233;alit&#233; humaine : l'homme doit &#234;tre enti&#232;rement homme et la femme doit &#234;tre enti&#232;rement femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition est indispensable. Certes, il existe des individus qui poursuivent une existence &#171; conjugale &#187; de compagnonnage et pr&#233;tendent m&#234;me y trouver leur bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, chacun a sa petite id&#233;e sur le bonheur, Pour les uns, il consiste en une vie combl&#233;e de plaisirs, remplie d'aventures, pleine de libert&#233;s fantaisistes. Pour d'autres, il se r&#233;sume en une existence r&#233;gl&#233;e, paisible, constante. Chaque individu peut tenter alors de r&#233;aliser son bonheur au niveau m&#234;me de son temp&#233;rament particulier. Mais s'il demande &#224; une personne de sexe compl&#233;mentaire de s'unir &#224; lui pour orienter le bonheur dans le sens d'une intimit&#233; vitale, il doit alors comprendre qu'ils sont d&#233;sormais deux &#224; tenter un bonheur qui soit &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;leur&lt;/em&gt; bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que de fois l'un ou l'autre des conjoints fait d&#233;vier &#224; son profit l'existence conjugale ; c'est l'homme qui rabaisse le mariage &#224; un compagnonnage en associant son &#233;pouse &#224; son activit&#233; masculine ; c'est la femme qui asservit son mari &#224; ses d&#233;sirs capricieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait objecter qu'il importe peu de savoir comment des &#233;poux organisent leur existence commune, pourvu qu'ils soient heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque contient une part de v&#233;rit&#233;. Des individus peuvent, en effet, se satisfaire de peu. Une nature humainement pauvre n'exige pas d'immenses bienfaits pour &#234;tre combl&#233;e ; on aspire g&#233;n&#233;ralement &#224; ce qu'on est capable de recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous devons nous m&#233;fier de ces jugements individuels sur le bonheur. Quelques-uns proclament qu'ils ont trouv&#233; le chemin conduisant &#224; leur pl&#233;nitude vitale. Mais si nous voulons porter des appr&#233;ciations valables sur le sens du bonheur, il faut attendre des ann&#233;es pour nous rendre compte si les estimations n'avaient pas &#233;t&#233; faites en fonction d'un contentement passager. Il n'est pas rare de voir des &#233;poux se s&#233;parer apr&#232;s quelques ann&#233;es de vie commune malgr&#233; leurs anciennes proclamations retentissantes d'avoir &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;rencontr&#233;&lt;/em&gt; le bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne rencontre pas le bonheur, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;on le fait&lt;/em&gt; et dans le mariage on le fait &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#224; deux&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour pr&#233;tendre en b&#233;n&#233;ficier un jour, il faut savoir aboutir &#224; une mise en commun de toutes les richesses des deux natures sexu&#233;es. C'est un don sans r&#233;serve que les &#233;poux doivent faire d'eux-m&#234;mes pour parvenir &#224; se combler mutuellement. Seulement cette g&#233;n&#233;reuse entreprise exige des pr&#233;cautions, des efforts, des sacrifices pour diriger, intensifier, purifier le don conjugal. En face de ces exigences in&#233;vitables, certains biaisent ; ils r&#233;duisent leur amour &#224; des moments d'intenses affections. Quant au reste de l'existence, ils s'efforcent de d&#233;limiter un partage sans avoir trop &#224; souffrir ; ils vivent c&#244;te &#224; c&#244;te et non l'un pour l'autre. Ne dit-on pas vulgairement qu'il faut en m&#233;nage savoir couper la poire en deux ? Seulement voil&#224;&#8230; le bonheur conjugal ne consiste pas &#224; couper la poire en deux, mais de manger &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;la poire &#224; deux&lt;/em&gt;. Voil&#224; le difficile et seuls les g&#233;n&#233;reux peuvent pr&#233;tendre &#234;tre de plus en plus satisfaits en s'oubliant eux-m&#234;mes pour que l'un et l'autre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;se vivent&lt;/em&gt; dans un don mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'au fur et &#224; mesure que la carapace de l'individualisme fond sous l'effet d'une g&#233;n&#233;rosit&#233; intelligemment voulue, que les conjoints deviennent l'un pour l'autre deux sources vitales qui se veulent toujours plus totalement. Alors les &#233;poux peuvent se dire plus vraiment chaque jour : &#171; Je t'aime &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;tout toi&lt;/em&gt; de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;tout moi&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en commun est d'autant plus vivifiante qu'elle fusionne deux vitalit&#233;s plus riches &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;par leurs diff&#233;rences&lt;/em&gt;. Le bonheur &#224; deux ne consiste pas en un &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;doublage&lt;/em&gt; de capacit&#233;s, il est dans une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;compl&#233;mentarit&#233;&lt;/em&gt; humaine qui conduit &#224; la compl&#233;tude vitale. Il existe des foyers qui ne sont, en r&#233;alit&#233;, que des &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;quipes&lt;/em&gt; au sein desquelles la collaboration est utile, non indispensable ; chaque &#233;poux se suffit plus ou moins &#224; lui-m&#234;me. Mais si chacun des conjoints apporte &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;toute&lt;/em&gt; sa part qui d&#233;coule &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;de sa nature sexu&#233;e&lt;/em&gt;, il se sait alors indispensable &#224; l'autre et l'autre indispensable &#224; lui. Il ne s'agit pas l&#224; d'une servitude, mais d'une authentique compl&#233;mentarit&#233; biologique qui est la condition premi&#232;re du bonheur conjugal. Il faut que l'homme et la femme se sentent l'un pour l'autre indispensables dans la vie mat&#233;rielle, indispensables dans la vie sentimentale, indispensables dans la sexualit&#233;, indispensables dans la vie familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que cette situation comporte des risques individuels, puisque l'un est tenu par l'autre. L'amour n'est-il pas un risque ? Ne comporte-t-il pas pour chacun des &#233;poux la peur d'&#234;tre tromp&#233;, d&#233;laiss&#233;, expos&#233; aux pires difficult&#233;s de l'existence d&#232;s que l'un des conjoints viole sa promesse d'amour, quitte le foyer ou meurt. Certes, il faut pr&#233;voir des garanties pour &#233;viter des mis&#232;res futures, mais faut-il encore que ces garanties n'aboutissent pas &#224; la destruction de l'amour, car l'amour contient la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre indispensable l'un &#224; l'autre sur tous les plans de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors chacun a une raison d'effort, une raison de lutter, une raison de vivre, puisque l'&#234;tre aim&#233; ne peut subsister sans cet apport g&#233;n&#233;reux. Il sait aussi que l'autre attend toute cette part comme un t&#233;moignage d'amour. Ce n'est pas une contrainte, un avilissement, une servitude, c'est une raison de vivre l'un &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;pour&lt;/em&gt; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi l'amour qui envahit toutes les puissances des deux natures sexu&#233;es devient-il un amour indispensable. Et dans une affection reconnaissante, les &#233;poux s'avouent l'un &#224; l'autre : &#171; Je &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ne&lt;/em&gt; puis vivre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sans&lt;/em&gt; toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Construction progressive du bonheur conjugal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette fusion vitale de plus en plus intime ne s'accomplit que &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;progressivement&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que de graves illusions peuvent faire croire que l'amour est parfois atteint d'embl&#233;e. Au d&#233;but des relations entre homme et femme, les sensations agr&#233;ables peuvent &#234;tre si intenses que l'on pense vivre le bonheur total&#8230; jusqu'au moment o&#249;, les impressions diminuant, le pr&#233;tendu amour s'envole en souvenirs d&#233;cevants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le bonheur conjugal r&#233;sulte d'une comp&#233;n&#233;tration de plus en plus intime de deux vitalit&#233;s sexu&#233;es. Or, cette comp&#233;n&#233;tration ne se r&#233;alise que lentement, au prix d'efforts pers&#233;v&#233;rants. Seulement, au fur et &#224; mesure que cette fusion s'accomplit, de nouvelles &#233;motions agr&#233;ables naissent et dans leur enthousiasme les &#233;poux s'&#233;crient l'un &#224; l'autre : &#171; Je t'aime &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;de plus en plus&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que se poursuit cette comp&#233;n&#233;tration, les deux natures sexu&#233;es se mod&#232;lent l'une sur l'autre ; elles &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;s'&#233;pousent&lt;/em&gt;. Cet &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ajustement&lt;/em&gt; vital s'affine, se nuance, se pr&#233;cise. Peu &#224; peu &#224; chaque valeur d'un sexe correspond une valeur compl&#233;mentaire. Ainsi deux vitalit&#233;s particuli&#232;res s'adaptent r&#233;ciproquement avec une telle exactitude que l'une devient bien la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;moiti&#233;&lt;/em&gt; de l'autre. En m&#234;me temps que se pr&#233;cise cette adaptation, les deux natures excluent toute profonde adaptation &#233;trang&#232;re. &#192; tel homme correspond telle femme et &#224; telle femme correspond bien tel homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusivit&#233; &#224; deux est la preuve que l'intimit&#233; est parvenue &#224; un certain degr&#233; de profondeur humaine. Ce n'est pas une tendance &#224; l'&#233;go&#239;sme et &#224; la jalousie, comme le sugg&#232;rent actuellement un grand nombre d'esprits superficiels, mais une exigence inh&#233;rente &#224; un amour total. C'est pr&#233;cis&#233;ment la preuve d'un don v&#233;ritable lorsque les conjoints peuvent s'affirmer l'un &#224; l'autre : &#171; Je &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;n&lt;/em&gt;'aime &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;que&lt;/em&gt; toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur effort de fusion vitale, les &#234;tres humains s'aper&#231;oivent que l'amour &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ne s'ach&#232;ve jamais&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quelques-uns, cette impuissance est cause d'agacement, de d&#233;ception, de r&#233;volte. Apr&#232;s s'&#234;tre enti&#232;rement donn&#233;s, certains se fatiguent, se lassent, se d&#233;couragent dans la recherche d'une intimit&#233; qui n'est jamais achev&#233;e. Ils croient &#224; un leurre qui fascine sans cesse les humains et l'amour n'est plus &#224; leurs yeux qu'une bien triste plaisanterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en regardant de plus pr&#232;s, nous nous apercevons que si l'amour n'est jamais atteint dans sa pl&#233;nitude, c'est que la nature humaine pr&#233;sente une vitalit&#233; sans limite ; quelles sont donc les possibilit&#233;s vitales qui peuvent surgir du fond de deux natures qui se survitalisent mutuellement ? Nul ne le sait&#8230;, m&#234;me pas ceux qui s'unissent pour r&#233;aliser leur bonheur &#224; deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement au fur et &#224; mesure qu'ils avancent en intimit&#233; que les conjoints voient sourdre toujours de nouvelles valeurs humaines insoup&#231;onn&#233;es au d&#233;but de leur union. Alors s'intensifie le d&#233;sir d'aimer toujours, toujours pour s'&#233;lancer &#233;perdument et s'ouvrir enti&#232;rement ; car l'amour veut encore l'amour, parce que la vie veut encore la vie. L'homme et la femme peuvent donc se dire l'un &#224; l'autre en voyant grandir l'esp&#233;rance d'un bonheur toujours plus profond : &#171; Je t'aimerai &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;toujours&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pudeur conjugale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant que l'intimit&#233; se poursuit, une tendance tr&#232;s nette vers le &#171; secret &#224; deux &#187; s'accentue ; la vie humaine porte dans sa profondeur la pudeur d'elle-m&#234;me. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;La vie est pudique&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains individus croient que les intimit&#233;s et sp&#233;cialement les intimit&#233;s sexuelles n'ont pas &#224; &#234;tre v&#233;cues dans le secret puisqu'elles sont naturelles. La pudeur ne serait-elle pas l'expression d'une &#171; hypocrisie bourgeoise &#187; dont il faut se lib&#233;rer ? Ceux qui se montrent si scandalis&#233;s en public devant des tenues sans r&#233;serve ne sont-ils pas les premiers &#224; se comporter ainsi en priv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceux-l&#224; m&#234;me qui qualifient d'hypocrisie une attitude de pudeur sont les premiers &#224; se cacher pour t&#233;moigner leur affection d'une fa&#231;on intime. Certes, leur esprit &#171; libre &#187; les incite &#224; parler de leurs relations sentimentales et sexuelles &#224; tout propos et hors de propos. Leur vulgarit&#233; et leurs gauloiseries, parfois bien lourdes, semblent leur conf&#233;rer une ind&#233;pendance d'esprit et les &#171; prouesses &#187; dont ils se vantent ne sont tr&#232;s souvent que de pauvres h&#226;bleries de pure imagination. Il suffit que les circonstances les mettent &#171; en vedette &#187; dans la r&#233;alit&#233; pour qu'ils tombent en confusion ; leur esprit &#171; ind&#233;pendant de toute hypocrisie bourgeoise &#187; se trouve &#224; court et leur arrogance dispara&#238;t dans la honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance &#224; la pudeur, que certains suppriment si facilement en paroles, est trop constante pour n'&#234;tre pas une des caract&#233;ristiques fondamentales de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, plus la vie se livre intimement, plus elle a besoin pour s'ouvrir de restreindre le cercle des confidents. Elle ne peut s'exprimer qu'au niveau m&#234;me du respect qu'on lui porte ; elle veut &#234;tre consid&#233;r&#233;e, re&#231;ue, comprise dans le sens m&#234;me de son don. Toute interpr&#233;tation erron&#233;e de son acte d'amour la violente au plus profond d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sorte que deux personnes ayant &#233;volu&#233; de plus en plus intimement dans leur don r&#233;ciproque sont les seules capables de comprendre ce don mutuel &#224; sa profondeur r&#233;elle. En revanche, les regards &#233;trangers ne peuvent s'arr&#234;ter qu'&#224; l'aspect superficiel du t&#233;moignage d'affection. Il s'ensuit que l'&#233;cart existant entre le sens profond de la vitalit&#233; amoureuse et l'aspect ext&#233;rieur du don s'agrandit au fur et &#224; mesure que l'amour s'approfondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc normal que la vie se dissimule pour se donner de plus en plus intimement. D&#232;s que cet isolement est viol&#233;, elle se replie avec une r&#233;action d&#233;fensive. Seul le secret peut lui redonner la capacit&#233; d'un don sans r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'amour entre homme et femme se r&#233;v&#232;le comme une progressive harmonisation de deux vitalit&#233;s qui tentent de se compl&#233;ter jusqu'au plus profond d'elles-m&#234;mes. Dans une continuelle recherche de l'intimit&#233; humaine, ces deux puissances vitales s'acheminent vers le secret et le silence qui enveloppent l'infini myst&#232;re de la Vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sensibilit&#233; : homme et femme</title>
		<link>https://www.famille-pyrat.info/Sensibilite-homme-et-femme.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons les rapports de l'homme et de la femme sous l'angle de la sensibilit&#233;, nous sommes d&#233;rout&#233;s en face de la complexit&#233;, &#224; premi&#232;re vue inextricable, des r&#233;actions multiples qui se produisent. L'observation est rendue encore plus d&#233;licate par les nuances les plus t&#233;nues des sensibilit&#233;s qui donnent &#224; chaque &#234;tre des comportements particuliers. Toutefois, chez les individus parvenus &#224; un harmonieux d&#233;veloppement de leur nature, des r&#233;actions fondamentales nous permettent de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons les rapports de l'homme et de la femme sous l'angle de la sensibilit&#233;, nous sommes d&#233;rout&#233;s en face de la complexit&#233;, &#224; premi&#232;re vue inextricable, des r&#233;actions multiples qui se produisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'observation est rendue encore plus d&#233;licate par les nuances les plus t&#233;nues des sensibilit&#233;s qui donnent &#224; chaque &#234;tre des comportements particuliers. Toutefois, chez les individus parvenus &#224; un harmonieux d&#233;veloppement de leur nature, des r&#233;actions fondamentales nous permettent de comprendre et m&#234;me de pr&#233;voir les heurts et les puissances d'attraction pouvant exister entre les sexes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impressionnabilit&#233; f&#233;minine et stabilit&#233; masculine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus finement sensible que l'homme, la femme r&#233;agit d&#232;s qu'elle est affect&#233;e. Cette impressionnabilit&#233; r&#233;v&#232;le une vitalit&#233; dont la vibration charme la nature masculine. L'homme est attir&#233; par cette source jaillissante d'&#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin de communiquer sa vitalit&#233; intime pousse la femme &#224; faire partager toutes ses impressions ; l'&#233;pouse s'impatiente en voyant son mari si calme ; elle lui reproche son &#171; indiff&#233;rence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas essuyer un tel bl&#226;me, certains individus, d'une excessive complaisance, s'efforcent d'&#234;tre le reflet docile de la sensibilit&#233; versatile de leurs &#233;pouses. Priv&#233;e ainsi de la stabilit&#233; masculine, la femme devient alors excessive dans ses r&#233;actions. Son comportement pr&#233;sente des &#233;carts d&#233;sordonn&#233;s et violents. Pour pallier ce d&#233;s&#233;quilibre, l'&#233;pouse se trouve, de ce fait, dans la n&#233;cessit&#233; de surmonter ses &#233;motions, de dompter ses r&#233;actions, d'&#233;touffer ses impressions. Selon son temp&#233;rament, elle se &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;sensibilise&lt;/em&gt; ou se crispe. Ainsi la femme qui a &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;model&#233;&lt;/em&gt; son mari sur sa sensibilit&#233; n'a plus &#224; ses c&#244;t&#233;s une nature suffisamment masculine pour profiter d'une s&#233;curit&#233; ; elle ne peut plus s'appuyer sur une base calme, solide, rassurante ; elle s'inqui&#232;te et finit par m&#233;priser son &#233;poux qui ne lui permet plus de laisser vibrer en toute libert&#233; sa d&#233;licate nature f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Souffrances derri&#232;re l'apparente indiff&#233;rence masculine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les femmes croient volontiers que la sensibilit&#233; masculine ne comporte qu'inconv&#233;nients. Les &#233;pouses se plaignent &#224; qui veut les entendre que les maris ne sont touch&#233;s que dans leurs aises, leur corps, leur argent, leurs ambitions. Avec un sourire qui se veut pitoyable, elles confient &#224; leurs voisines : &#171; &#8230; Les hommes sont tous les m&#234;mes ; ils n'ont aucune sensibilit&#233;. &#187; Devant cette impassibilit&#233; apparente, l'&#233;pouse insiste, prof&#232;re des paroles blessantes, r&#233;p&#232;te maintes fois les raisons de ses griefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, sous le couvert d'une indiff&#233;rence de comportement, la sensibilit&#233; masculine est quelquefois atrocement endolorie. Les paroles en apparence les plus anodines, les gestes sans grande importance, les attitudes les plus discr&#232;tes ont de profondes r&#233;percussions sur une sensibilit&#233; en &#233;tat de souffrance. L'homme est d'autant plus sensible qu'il est bless&#233; par l'&#234;tre le plus cher : ainsi l'&#233;pouse aim&#233;e peut l'atteindre au plus intime de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;actions de l'&#233;poux devant l'incompr&#233;hension de son &#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand la femme insiste, le mari d&#233;couvre en elle un manque de perspicacit&#233; ; il se voit incompris. C'est alors pour lui une des plus cruelles d&#233;ceptions. Il doute, avec raison, de l'intelligence de son &#233;pouse, bien que celle-ci puisse jouir d'une grande r&#233;putation d'&#233;crivain, de savant ou d'artiste. Il se sent d&#233;sormais seul en lui-m&#234;me. Incapable de saisir les nuances de sa propre sensibilit&#233;, il n'a personne pour l'&#233;clairer, l'apaiser et le r&#233;conforter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'arriver &#224; ces cons&#233;quences douloureuses, le mari tente parfois &#224; plusieurs reprises de dissiper le malaise. Il essaie de maintenir un comportement calme pour mieux comprendre la gravit&#233; du probl&#232;me. Certains hommes voudraient que l'on en v&#238;nt &#224; un &#233;claircissement loyal. Ils d&#233;sirent une explication nette et d&#233;finitive. Quelques femmes s'esquivent, restent impr&#233;cises ou reprennent la question sur laquelle on pensait s'&#234;tre mis d&#233;finitivement d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces blessures sentimentales, ce harc&#232;lement douloureux, cette incompr&#233;hension continuelle mettent la sensibilit&#233; masculine dans un &#233;tat de douleur permanente. L'homme sent monter en lui des bouff&#233;es de violence qu'il s'efforce de contenir. Pour une simple remarque de la part de son &#233;pouse, il &#233;clate en insultes, en cris et m&#234;me se livre &#224; des violences. La femme accuse son mari de brutalit&#233;, alors que des semaines durant elle l'a cruellement meurtri sans m&#234;me se rendre compte qu'elle a &#233;t&#233; injuste. Apr&#232;s avoir demand&#233; pardon tr&#232;s sinc&#232;rement de sa r&#233;action violente, le mari constate quelquefois que son &#233;pouse reprend la m&#234;me attitude apr&#232;s une p&#233;riode d'euphorie conjugale. Au bout d'un temps de disputes, coup&#233; de r&#233;conciliations, l'homme peut se refermer, prenant une position qui ne permet plus de contact. Puisqu'il est sans cesse meurtri dans sa sensibilit&#233;, il se pr&#233;servera en n'admettant aucune discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ne prend pas toujours cette attitude. Bien souvent il laisse parler, veut para&#238;tre indiff&#233;rent, n'&#233;coute m&#234;me plus et s'accommode de la pr&#233;sence de son &#233;pouse comme d'une g&#234;ne qu'il ne peut &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception de n'&#234;tre pas &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;senti&lt;/em&gt; par l'&#233;pouse qui pr&#233;tend l'aimer rend le mari instable sentimentalement. Un go&#251;t de cendre se m&#234;le d&#233;sormais &#224; son affection pour celle qui se montre incapable de le p&#233;n&#233;trer jusqu'aux plus fines nuances de sa psychologie. Il perd d&#233;finitivement confiance en l'amour de l'&#233;pouse pour lui. Peu &#224; peu, il &#233;prouve de la r&#233;pulsion pour cette femme. Essayant de surmonter de telles impressions, il s'oblige &#224; pardonner, &#224; excuser, &#224; expliquer, mais cette bonne volont&#233; finit par craquer. Il ne peut plus aimer &#224; moins que, faisant un effort de loyaut&#233;, les conjoints n'&#233;tablissent une situation claire, pr&#233;cise et d&#233;finitive. &#192; cette condition, le mari pourra redonner toute sa tendresse &#224; celle qui lui t&#233;moigne cette g&#233;n&#233;rosit&#233; d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;pouse n'entretient pas en elle-m&#234;me une chaude affection pour son mari, celui-ci &#233;prouve une impression de froideur il n'est plus attir&#233; par cette pr&#233;sence ; il souffre d'une insatisfaction dont il ne peut d&#233;terminer la cause r&#233;elle ; les moindres r&#233;actions de la sensibilit&#233; f&#233;minine deviennent pour lui un agacement ; sa femme n'est plus cette nature affectueuse qui vibre de pl&#233;nitude vitale, mais une impressionnabilit&#233; qui r&#233;agit. Le mari ne peut plus supporter cette sensibilit&#233; versatile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;actions de l'&#233;pouse devant l'incompr&#233;hension de son &#233;poux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme est tr&#232;s sensible lors des douloureux bouleversements psychiques, il est, en temps ordinaire, moins impressionnable. Aussi la fine sensibilit&#233; de la femme lui &#233;chappe-t-elle en partie. Tant qu'il est attentif aux r&#233;actions f&#233;minines, il reste pr&#233;venant, m&#234;me s'il ne comprend pas toujours la raison du comportement de son &#233;pouse. Mais, soit par agacement, soit par indiff&#233;rence, il risque de se laisser aller &#224; critiquer et m&#234;me &#224; railler les impressions f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque de respect provoque chez la femme une h&#233;sitation &#224; se confier &#224; son mari. &#192; qui raconter tout ce qu'elle &#233;prouve ? Certes, elle ne veut pas toujours lui faire partager ses sentiments, mais elle voudrait pouvoir les lui dire et trouver ainsi une assurance. Ses propres sensations l'inqui&#232;tent ; est-elle normale m&#234;me, se demande-t-elle ? Si elle pouvait exprimer tout cela &#224; celui en qui elle se repose sentimentalement, elle s'apaiserait ; son mari la tranquilliserait en la rassurant affectueusement. Cette s&#233;curit&#233; donnerait &#224; l'&#233;pouse la possibilit&#233; de dominer plus ais&#233;ment sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! l'homme ne veut plus &#233;couter ces &#171; balivernes &#187;. Il fuit les confidences. La femme se trouve alors seule avec toutes ses impressions. Pour les supporter, elle se tend. Mais soudain des r&#233;actions violentes surgissent &#224; propos de d&#233;tails mesquins ; l'&#233;pouse &#233;clate en larmes, en reproches acerbes. L'homme, surpris, consid&#232;re ces r&#233;actions comme des caprices. Au-del&#224; de ces futilit&#233;s, il existe, en fait, un &#233;tat douloureux d'une fine sensibilit&#233; qui ne parvient pas &#224; s'apaiser aupr&#232;s d'une psychologie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi la femme se console-t-elle parfois aupr&#232;s de ses enfants qui deviennent des centres de cristallisation pour cette sensibilit&#233; f&#233;minine. Il est alors impossible de faire la moindre remarque aux petits sans que la m&#232;re les d&#233;fende avec violence ; elle s'identifie &#224; eux : &#171; Ce sont des enfants, dit-elle, d'une extr&#234;me sensibilit&#233;. &#187; Elle forme un barrage infranchissable qui interdit toute intervention paternelle dans l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, cette fine sensibilit&#233;, insatisfaite au sein d'une vie conjugale, se trouve tiraill&#233;e entre une sensibilit&#233; maternelle et une sensibilit&#233; de femme qui cherche satisfaction aupr&#232;s d'un amant. Pour ne pas briser compl&#232;tement leur foyer, certaines &#233;pouses dissimulent leur v&#233;ritable vie sentimentale qu'elles essaient de r&#233;aliser en dehors de leur existence conjugale. Ce n'est pas toujours un pur d&#233;sir de jouissances sexuelles qui les entra&#238;ne dans des aventures amoureuses ; le mari n'a pas su parfois respecter la d&#233;licate sensibilit&#233; de celle qui avait pourtant voulu vivre si intimement avec son &#233;poux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, d'une part, la femme ne se m&#233;prend pas sur l'impassibilit&#233; apparente de l'homme et si, d'autre part, le mari s'efforce d'&#234;tre affectueusement attentif aux impressions de son &#233;pouse, l'un et l'autre sentent les fronti&#232;res de la solitude individuelle s'estomper, pour une meilleure compr&#233;hension r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les d&#233;ceptions qu'&#233;prouvent l'homme et la femme ne proviennent pas toutes d'une insuffisance de perspicacit&#233; de l'&#233;pouse ou d'une inattention du mari. Les r&#233;actions des sexes en face de la souffrance sont diff&#233;rentes. Par suite, des personnes de tr&#232;s bonne volont&#233; commettent &#224; leur grand &#233;tonnement de p&#233;nibles m&#233;prises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoins de l'&#233;poux souffrant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'un homme ressent des impressions douloureuses, il devient taciturne ; son visage s'assombrit ; ses traits se durcissent ; ses gestes deviennent nerveux. Il a tendance &#224; rechercher la solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pouse qui s'aper&#231;oit de ce changement d'attitude soup&#231;onne quelque souffrance inavou&#233;e. D&#233;sirant venir en aide &#224; son mari, elle s'approche de lui, l'interroge, le caresse, l'embrasse. Une r&#233;action violente de d&#233;fense appara&#238;t. L'homme, en souffrance intense, ne peut supporter ces marques de tendresse qui lui font une impression de br&#251;lure. Il a besoin justement de tranquillit&#233; pour r&#233;sister &#224; ses impressions douloureuses et voil&#224; que sa femme, par inadvertance, vient le g&#234;ner dans son effort ! L'&#233;pouse s'&#233;loigne ; elle n'est pas loin de croire que son mari la rend responsable des ennuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'homme, en pleine souffrance, a davantage besoin d'&#234;tre compris que d'&#234;tre consol&#233;. Si la femme a suivi avec sympathie en temps ordinaire les efforts de son mari, si elle conna&#238;t ses d&#233;sirs, ses aspirations, ses espoirs, l'&#233;poux se voit intimement compris par celle qui, sans intervenir directement, montre, par de d&#233;licates attentions, qu'elle est avec lui en ce moment douloureux. Elle s'ing&#233;nie &#224; lui faire plaisir, &#224; rendre l'atmosph&#232;re plus calme ; elle demande aux enfants d'&#234;tre plus sages, car le papa a des soucis. En le voyant partir au travail, elle donne un petit coup de brosse suppl&#233;mentaire au manteau, glisse un paquet de cigarettes dans la poche de la veste. Toutes ces discr&#232;tes attentions touchent le mari qui ne dit rien&#8230; Il sait que son &#233;pouse est pr&#232;s de lui ; il se sent plus courageux pour supporter ses peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'intensit&#233; de la souffrance diminue, redonnant ainsi &#224; l'homme la possibilit&#233; de s'exprimer, le mari doit permettre &#224; sa femme de l'interroger ; bien qu'elle soit dou&#233;e d'une grande intuition, la femme a besoin d'un minimum d'explications. Faisant effort sur lui-m&#234;me, il t&#226;che, tant bien que mal, de mettre son &#233;pouse sur la voie d'une meilleure connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pensent &#234;tre encore mieux compris par leurs &#233;pouses quand elles se livrent aux m&#234;mes activit&#233;s qu'eux. &#201;tant ainsi continuellement au courant des difficult&#233;s professionnelles, les femmes sont plus &#224; m&#234;me, pensent-ils, de soutenir leurs maris, de les encourager, de les consoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un &#233;go&#239;sme masculin. L'individu ne se soucie nullement de savoir si son activit&#233; est conforme &#224; la nature f&#233;minine qui peut &#234;tre alors insatisfaite, d&#233;vi&#233;e, invertie. Ce qu'il cherche avant tout, c'est &#234;tre compris, lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une erreur grave. La femme associ&#233;e &#224; une activit&#233; d'homme est enti&#232;rement prise, elle aussi, par les difficult&#233;s professionnelles. Son attention est alors d&#233;tourn&#233;e de son mari pour se concentrer sur un objet ext&#233;rieur &#224; l'individu qui dispara&#238;t au regard de la femme. Elle a besoin d'&#234;tre libre de tout souci de profession pour pouvoir exercer sa fine intuition au sein m&#234;me de la vitalit&#233; endolorie de son &#233;poux. C'est cette &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;vision interne&lt;/em&gt; qui est la compr&#233;hension de la femme pour son mari et non une connaissance des difficult&#233;s techniques d'un m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoins de l'&#233;pouse souffrante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand la femme souffre, elle se sent pouss&#233;e &#224; venir aupr&#232;s de celui qu'elle aime ; elle voudrait se blottir dans ses bras. Les moindres marques de tendresse de la part du mari provoquent chez elle un apaisement. Les baisers sont du baume qui adoucit la souffrance. L'&#233;pouse voudrait demeurer quelques instants tout pr&#232;s de celui qui est pour elle une oasis de repos et de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ne comprend pas toujours cette attitude ; il s'imagine volontiers qu'il s'agit d'une faiblesse dont il faut combattre les manifestations. Aussi est-il tent&#233; de repousser son &#233;pouse pour qu'elle acqui&#232;re de la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;virilit&#233;&lt;/em&gt;. Ce besoin de tendresse n'est-il pas un manque de courage, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;puisque&lt;/em&gt; l'homme ne supporte ses difficult&#233;s douloureuses qu'en s'isolant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle appr&#233;ciation d&#233;note une ignorance de la psychologie f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s sensible &#224; tout t&#233;moignage d'affection, la femme cherche &#224; reprendre des forces. Pour cela, elle voudrait &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;se fusionner&lt;/em&gt; avec l'&#234;tre qui la fait vivre intens&#233;ment. Ce contact psychique lib&#232;re, chez elle, par r&#233;action, d'abondantes &#233;nergies qui la rendent capable de poursuivre ses efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'homme pense bien faire en donnant des conseils &#224; son &#233;pouse au moment o&#249; celle-ci est douloureusement meurtrie. &#192; sa grande surprise, il voit sa femme s'&#233;nerver ; il croit m&#234;me &#224; une col&#232;re d'orgueil. En r&#233;alit&#233;, l'&#233;pouse venait aupr&#232;s de son mari, non pour avoir son avis, mais pour go&#251;ter un moment de tendresse. Au lieu de cette d&#233;tente affectueuse, elle ne re&#231;oit que des encouragements &#224; l'instant m&#234;me o&#249; elle est d&#233;pourvue de forces ; il se produit alors en elle des r&#233;actions violentes de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en permettant &#224; son &#233;pouse cette intimit&#233; que le mari lui donne la possibilit&#233; de r&#233;cup&#233;rer des &#233;nergies. R&#233;confort&#233;e, la femme est alors pr&#234;te &#224; &#233;couter les conseils, &#224; mieux comprendre les causes de ses &#233;checs, &#224; recevoir des encouragements ; elle est alors dispos&#233;e &#224; reprendre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;jug&#233; qui mesure la sup&#233;riorit&#233; humaine en fonction de l'ind&#233;pendance individuelle semble maintenir la femme dans une situation inf&#233;rieure &#224; celle de l'homme. N'a-t-elle pas besoin de consolations pour avoir des &#233;nergies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ni l'homme ni la femme ne peuvent se vanter de se passer du secours des autres dans la souffrance. L'homme a besoin, pour continuer son effort, de la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;compr&#233;hension&lt;/em&gt; de la femme qui lui est le plus intimement unie ; la femme, elle, a besoin, pour surmonter ses difficult&#233;s, d'une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;consolation&lt;/em&gt; aupr&#232;s de celui qui l'affectionne. Tous deux r&#233;clament une aide. Seules les modalit&#233;s diff&#232;rent. Quel sexe peut se vanter de se suffire &#224; lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plaisirs des &#233;poux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les incompr&#233;hensions entre homme et femme ne se cantonnent pas seulement dans le domaine de la souffrance ; elles peuvent se localiser dans le monde des plaisirs. En effet, les conjoints ne savent pas toujours respecter mutuellement leurs pr&#233;f&#233;rences naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les plaisirs masculins sont avant tout des sensations fortes, alors que la nature f&#233;minine appr&#233;cie les fines impressions. L'homme go&#251;te les efforts violents, les jeux qui demandent de l'attention, du raisonnement, de l'adresse ; la femme se pla&#238;t dans les r&#233;unions o&#249; ses sentiments trouvent une libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans tenir compte de son &#233;pouse, le mari cherche parfois &#224; se distraire selon ses pr&#233;f&#233;rences ; il laisse &#224; la maison sa femme et passe tout son temps de repos &#224; la p&#234;che, &#224; la chasse, au caf&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines &#233;pouses s'en vont de leur c&#244;t&#233; pour se distraire. Elles ne s'inqui&#232;tent nullement de leurs maris ; ayant accept&#233; l'invitation de leurs amies, elles quittent la maison, laissent tout en d&#233;sordre et courent &#224; leurs plaisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dislocation finit par creuser entre les &#233;poux un foss&#233; ; l'intimit&#233; s'estompe peu &#224; peu ; les deux vitalit&#233;s unies pour vibrer ensemble se s&#233;parent dans des individualismes &#233;go&#239;stes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, l'homme impose &#224; sa femme ses plaisirs personnels. Il l'entra&#238;ne dans ses distractions sans tenir compte de la nature f&#233;minine. C'est le sportif qui fa&#231;onne son &#233;pouse en vue d'une activit&#233; physique violente ; c'est l'individu qui astreint sa femme &#224; se livrer aux distractions de jeux ; c'est le jouisseur qui entra&#238;ne sa compagne vers les plaisirs de fumer, de manger, de boire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, quelques femmes imposent &#224; leurs maris les distractions qu'elles ont choisies. Elles ne tol&#232;rent pas qu'ils s'absentent pour prendre la moindre d&#233;tente loin d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;poux veut respecter la d&#233;licate nature f&#233;minine et si la femme d&#233;sire laisser au mari une certaine libert&#233; dans sa vitalit&#233; d'homme, les conjoints doivent savoir r&#233;partir leurs distractions selon les circonstances de la vie commune. Une g&#233;n&#233;rosit&#233; r&#233;ciproque dose les plaisirs selon les natures masculine et f&#233;minine. Sans crainte d'&#233;touffement ou de d&#233;viations, le mari et la femme s'offrent alternativement leurs plaisirs pr&#233;f&#233;r&#233;s. Ce n'est pas dans une identit&#233; de sensations, mais dans ce don r&#233;ciproque d'amour que les plaisirs se transforment en joie et la joie en bonheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Intelligence : femme</title>
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		<dc:date>2004-07-18T21:38:11Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Les hommes ont bien souvent critiqu&#233; au cours des si&#232;cles la capacit&#233; de compr&#233;hension de la femme. Certains pensent m&#234;me que le comportement f&#233;minin d&#233;pendrait surtout de l'instinct. &#192; l'heure actuelle, la plupart, se r&#233;f&#233;rant au principe abstrait de l'&#233;galit&#233; des sexes, attribuent &#224; la nature f&#233;minine une intelligence identique &#224; celle de l'homme. Pour en juger de la profondeur, on a donc recours &#224; l'intelligence masculine consid&#233;r&#233;e comme seul &#233;talon d'appr&#233;ciation. Aussi s'acharne-t-on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les hommes ont bien souvent critiqu&#233; au cours des si&#232;cles la capacit&#233; de compr&#233;hension de la femme. Certains pensent m&#234;me que le comportement f&#233;minin d&#233;pendrait surtout de l'instinct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, la plupart, se r&#233;f&#233;rant au principe abstrait de l'&#233;galit&#233; des sexes, attribuent &#224; la nature f&#233;minine une intelligence identique &#224; celle de l'homme. Pour en juger de la profondeur, on a donc recours &#224; l'intelligence masculine consid&#233;r&#233;e comme seul &#233;talon d'appr&#233;ciation. Aussi s'acharne-t-on &#224; vouloir &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;lever&lt;/em&gt; la femme &#224; une maturit&#233; intellectuelle en la for&#231;ant &#224; penser &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;comme&lt;/em&gt; l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une observation prolong&#233;e oblige &#224; reconna&#238;tre que la femme poss&#232;de une intelligence dont les qualit&#233;s et les orientations sont bien particuli&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intelligence sentimentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici une petite fille qui &#233;coute : elle observe la personne qui lui parle ; son regard se porte sur les l&#232;vres, se prom&#232;ne sur le visage, se pose sur les yeux de son interlocuteur. Nous avons l'impression qu'elle &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;lit&lt;/em&gt; la pens&#233;e d'autrui. Elle suit avec un plus grand int&#233;r&#234;t les histoires lorsque celles-ci lui sont racont&#233;es avec des mimiques &#224; travers lesquelles les sentiments se refl&#232;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour capter l'attention f&#233;minine, la conversation doit &#234;tre soutenue d'&#233;motions plus ou moins dos&#233;es. Les faits les plus attrayants paraissent insipides &#224; la femme lorsqu'ils sont relat&#233;s selon une pure logique. En revanche, son intelligence se trouve &#224; l'aise en face de r&#233;cits pleins de vie ; son intuition progresse avec facilit&#233; gr&#226;ce aux indications psychiques qu'elle saisit au vol. Se frayant un chemin parmi les multiples nuances, elle parvient &#224; d&#233;m&#234;ler le sens de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous d&#233;sirons comprendre cette intelligence humaine, il faut tenir compte de la sensibilit&#233; f&#233;minine. Celle-ci, avons-nous d&#233;j&#224; remarqu&#233;, est dou&#233;e d'une impressionnabilit&#233; capable de recueillir les moindres nuances psychiques. L'intelligence, &#224; son tour, &#233;claire ces impressions et en per&#231;oit les diff&#233;rentes significations. De ce fait, la femme jouit dans le monde des sentiments d'une clairvoyance qui d&#233;route l'intelligence masculine. Elle saisit imm&#233;diatement la valeur sentimentale d'un regard, d'une parole, d'un silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit nullement d'une simple sensibilit&#233; affect&#233;e, comme le pr&#233;tendent trop souvent les hommes. Nous voyons, en effet, des femmes d&#233;passer leurs impressions douloureuses pour comprendre le sens profond de la cause de leur d&#233;sagr&#233;ment. De sorte qu'elles vont au-del&#224; de l'aspect p&#233;nible pour saisir la signification exacte d'une parole s&#233;v&#232;re. Elles acceptent d'&#234;tre &#233;clair&#233;es sur leurs erreurs, dussent-elles en souffrir. &#192; l'oppos&#233;, les personnes peu intelligentes montrent des r&#233;actions uniquement fond&#233;es sur les impressions re&#231;ues. Elles se cabrent et se r&#233;voltent contre ceux qui t&#226;chent de leur &#234;tre de quelque secours en leur faisant des observations p&#233;nibles mais utiles ; elles se fixent sur un mot, un sourire, une intonation, sans m&#234;me essayer d'en comprendre le but charitable ; elles se montrent vex&#233;es et but&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; sa d&#233;licate sensibilit&#233; &#233;clair&#233;e par une vive intelligence, la femme devient capable de trouver au fond de la psychologie humaine l'explication d'un comportement particulier. Elle dirige sa vision jusque dans les moindres replis des vitalit&#233;s pour y d&#233;couvrir le sens pr&#233;cis d'une d&#233;marche, d'une attitude, d'une parole. Elle comprend l'&#234;tre humain &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;par l'int&#233;rieur&lt;/em&gt;. C'est pour cette raison qu'elle scrute sans r&#233;pit l'univers sentimental pour expliquer la conduite d'autrui par des intentions plus ou moins secr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La curiosit&#233; f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance naturelle est nettement indiqu&#233;e par le sens de la curiosit&#233; f&#233;minine. La femme &#233;prouve, en effet, un vif plaisir &#224; p&#233;n&#233;trer sa propre psychologie. Avec avidit&#233; elle demande aux personnes plus ou moins comp&#233;tentes de lui r&#233;v&#233;ler son caract&#232;re, ses qualit&#233;s, ses d&#233;fauts. Malgr&#233; la crainte d'une analyse positive mais rigoureuse, elle pr&#233;f&#232;re se conna&#238;tre plut&#244;t que de s'ignorer. Cette curiosit&#233; s'&#233;tend aux psychologies &#233;trang&#232;res. La femme aime d&#233;couvrir le caract&#232;re des autres ; elle suit attentivement leurs r&#233;actions, leur pose des questions. Ce besoin de savoir ne la laisse gu&#232;re en repos ; l'&#233;pouse reproche souvent au mari de ne pas la tenir au courant de tout ce qu'il pense ; la m&#232;re est constamment attentive aux moindres attitudes de chacun des enfants. D&#232;s que l'un d'eux manifeste une r&#233;action inhabituelle, une inqui&#233;tude appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque cette intelligence n'a plus de pr&#233;occupations utiles, la femme transforme parfois son d&#233;sir de conna&#238;tre en curiosit&#233; indiscr&#232;te ; nous voyons alors des yeux guetter derri&#232;re les rideaux qui se soul&#232;vent ; nous remarquons que des groupes de vieilles dames baissent la voix &#224; notre passage ; quelquefois, l'envie est si pressante que la &#171; petite curieuse &#187; ne peut s'emp&#234;cher d'exprimer sa d&#233;ception en nous &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;louant&lt;/em&gt; de notre r&#233;serve : &#171; Oh ! ce n'est pas la peine de vous questionner ; vous ne dites jamais rien&#8230; m&#234;me de vous ! &#187; Que de fois elle voudrait &#234;tre &#171; petite souris &#187;, non pour satisfaire, dit-elle, une curiosit&#233; malveillante, mais seulement pour le plaisir de savoir ! Les personnes des grandes villes sont fi&#232;res de d&#233;clarer ne pas avoir ce travers &#171; mesquin &#187; des gens de la province ; elles se vantent de ne pas s'int&#233;resser aux voisins de palier ; c'est &#224; peine si elles les saluent dans le corridor. Mais que se disent-elles donc lorsqu'elles se r&#233;unissent dans un salon apr&#232;s quelques instants de conversation sur des sujets divers ? Elles finissent par parler de leurs parents, de leurs amies, de leurs connaissances. N'est-ce pas toujours plus ou moins des autres qu'il s'agit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de conna&#238;tre s'intensifie avec les r&#233;sistances ; la femme sent monter en elle une envie de p&#233;n&#233;trer le secret lorsqu'elle voit na&#238;tre une atmosph&#232;re de myst&#232;re. C'est m&#234;me pour elle un genre de sport ; elle sait qu'elle ne retirera aucun avantage personnel ; qu'importe ? Elle se sent aiguillonn&#233;e. Aussi trouve-t-elle des moyens ing&#233;nieux et &#171; innocents &#187; pour s'infiltrer dans une confidence ; elle invente des pr&#233;textes pour rendre visite ; elle tombe volontairement en plein milieu d'une r&#233;union tout en faisant l'&#233;tonn&#233;e et en se confondant en mille excuses ; elle peut s'imposer des heures de guet pour savoir qui est entr&#233; chez la voisine. D&#232;s qu'elle est certaine de ce qu'elle soup&#231;onnait, elle est apais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stimulation de l'intelligence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il serait faux de penser que la femme veut conna&#238;tre ce qui se passe chez les autres uniquement pour &#234;tre au courant de leurs affaires. Cette curiosit&#233; dissimule, en r&#233;alit&#233;, une intelligence qui veut s'exercer dans un domaine concret et humain. Nous en avons une confirmation dans le fait que la femme se lasse vite de ceux qui se livrent trop spontan&#233;ment. Bien qu'elle soit tout d'abord contente d'&#234;tre rapidement mise au courant des petites histoires ; elle ne peut s'emp&#234;cher de se plaindre de ceux qui lui apportent, sans qu'elle le leur demande, les nouvelles du quartier ; elle soupire en laissant &#233;chapper cette r&#233;flexion &#171; Mon Dieu ! quelle langue ! &#187; L'aisance avec laquelle sa curiosit&#233; est satisfaite enl&#232;ve tout stimulant &#224; cette intelligence qui se voit frustr&#233;e dans son besoin d'activit&#233; naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, une psychologie pauvre en vitalit&#233; sentimentale appara&#238;t &#224; l'intelligence f&#233;minine d'un pi&#232;tre int&#233;r&#234;t. La femme estime ennuyeuse une telle pr&#233;sence ; elle finit par ne plus pouvoir la supporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle se trouve en face d'un caract&#232;re herm&#233;tiquement ferm&#233;, elle s'en m&#233;fie imm&#233;diatement ; elle &#233;prouve une impression d'incertitude, d'inconnu, voire de menace. Elle lui pr&#234;te des intentions inavouables. Ne parvenant pas &#224; le &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sonder&lt;/em&gt;, elle pr&#233;f&#232;re s'en &#233;loigner. Elle ne peut endurer aupr&#232;s d'elle des natures imp&#233;n&#233;trables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa finesse d'intuition, la femme conna&#238;t les qualit&#233;s, les vertus, les intentions, les ambitions, les d&#233;fauts, les vices de ceux qui l'entourent. Elle sait avec un doigt&#233; pr&#233;cis combiner tous ces &#233;l&#233;ments psychiques pour parvenir au but qu'elle d&#233;sire. Elle encourage l'un, d&#233;courage l'autre, compromet un adversaire, flatte pour obtenir une aide ; par tout un jeu d'influences psychiques, elle man&#339;uvre parmi les pires difficult&#233;s humaines. Toute cette influence est silencieuse, incontr&#244;lable, impalpable en grande partie pour la raison masculine. Mais la femme voit la femme ; elles s'&#233;pient mutuellement, d&#233;couvrent leurs jeux r&#233;ciproques, se tendent des pi&#232;ges, serrent de plus en plus les mailles de leurs intrigues sous le couvert de politesse, de sourire et m&#234;me d'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intelligence artistique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance &#224; p&#233;n&#233;trer les psychologies concr&#232;tes pr&#233;dispose la femme &#224; juger la valeur d'une &#339;uvre &#224; travers son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec difficult&#233;, elle maintient, en effet, son attention sur l'&#339;uvre en elle-m&#234;me. Elle tourne instinctivement son regard vers l'auteur pour d&#233;couvrir en lui la raison d'un effort physique, le sens profond d'un livre, la signification intime d'un po&#232;me, d'une musique, d'un tableau. Aussi aime-t-elle lire les biographies ; elle prend plaisir &#224; s'entretenir avec l'&#233;crivain, le peintre, le sculpteur. Gr&#226;ce &#224; de tels contacts, son intelligence p&#233;n&#232;tre mieux les diff&#233;rentes productions des activit&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme ne se surveille pas, elle risque d'&#234;tre si attentive &#224; l'auteur qu'elle n'est plus capable de porter un jugement objectif sur l'&#339;uvre. Selon qu'elle est impressionn&#233;e favorablement ou d&#233;favorablement par la psychologie de l'artiste, elle est plus ou moins port&#233;e &#224; louanger ou &#224; critiquer un roman, une sculpture, une peinture, une po&#233;sie, une musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intelligence est concr&#232;te. La femme n'est pas attir&#233;e par les grandioses th&#233;ories intellectuelles qu'&#233;chafaude l'esprit masculin. Elle est plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; vivante. En ce domaine, elle est plus positive que l'homme, bien que celui-ci se targue d'&#234;tre plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intelligence psychologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle la femme, s'int&#233;ressant &#224; la psychologie, ne cherche pas &#224; poss&#233;der des notions g&#233;n&#233;rales ; que lui importent les termes techniques, les vues d'ensemble, les th&#233;ories ? Elle d&#233;sire des lectures qui &#233;clairent sa propre vitalit&#233; et celle des &#234;tres qui vivent aupr&#232;s d'elle ; elle veut partir des faits particuliers pour aboutir &#224; des conclusions pratiques. Aussi a-t-elle une nette tendance &#224; poser son cas personnel. Pour juger de la valeur d'une observation, elle s'en r&#233;f&#232;re toujours &#224; sa psychologie ou &#224; celle de son entourage imm&#233;diat. D&#232;s qu'une explication concr&#232;te lui est fournie, elle ressent un &#233;clairement qui l'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi la femme qui fait &#339;uvre de psychologie trouve-t-elle plus d'aisance &#224; s'exprimer &#224; l'aide de romans. Les cas peuvent &#234;tre alors analys&#233;s dans tous leurs d&#233;tails. Elle se plait &#224; d&#233;crire avec minutie les moindres nuances des psychologies en pr&#233;sence. Malheureusement, les fronti&#232;res entre la r&#233;alit&#233; et l'imagination ne sont gu&#232;re d&#233;limitables. Perdant le contact avec le r&#233;el, cette intelligence glisse, sans trop s'en rendre compte, dans le pur imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intuition f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce danger ne doit pas nous faire m&#233;sestimer l'ampleur de l'intuition f&#233;minine. C'est en une vue globale que la femme saisit l'&#234;tre humain. Elle ne le d&#233;compose pas en &#233;l&#233;ments qu'elle analyse s&#233;par&#233;ment. En un coup d'&#339;il qui d&#233;fie la raison, elle saisit une vitalit&#233; concr&#232;te sous toutes ses faces : physiologique et psychique. D&#232;s que le rythme vital d'un &#234;tre change, elle s'inqui&#232;te ; son intelligence est mise en &#233;veil ; l'&#233;pouse commence &#224; se poser des questions en percevant chez son mari une l&#233;g&#232;re diminution d'app&#233;tit, un repliement plus accentu&#233;, un petit air myst&#233;rieux dans sa conduite. La m&#232;re s'alarme des moindres modifications dans les r&#233;actions de son enfant : &#171; Ce petit, s'interroge-t-elle, a quelque chose. &#187; Le p&#232;re la rassure en pensant qu'elle exag&#232;re quelque peu. Mais elle ne parvient pas &#224; se laisser convaincre ; elle veut savoir pour se tranquilliser elle-m&#234;me ou pour prendre les moyens utiles. Les m&#233;decins qui reconnaissent la valeur des infirmi&#232;res f&#233;minines n'ont nullement honte de prendre en consid&#233;ration certaines intuitions de femme. Que de fois les malades doivent &#224; une authentique intelligence f&#233;minine l'heureuse intervention d'un docteur !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vie concr&#232;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment au sein d'une vie concr&#232;te que cette intelligence d&#233;ploie ses immenses et irrempla&#231;ables possibilit&#233;s. Nous voyons la femme &#224; l'aise pour organiser judicieusement une maison ; elle voit imm&#233;diatement o&#249; placer les meubles pour plus de commodit&#233; et de beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle comprend sur-le-champ les inconv&#233;nients d'une mauvaise installation ; elle trouve le bon endroit pour accrocher les ustensiles, suspendre les serviettes, loger le r&#233;chaud afin d'&#233;viter de la fatigue et une perte de temps. &#201;coutons-la donner son avis dans l'am&#233;nagement d'un appartement et nous comprendrons mieux la valeur de cette logique pratique qui pr&#233;side &#224; cette organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme poursuit des &#233;tudes, elle n'a gu&#232;re en vue une simple acquisition de connaissances ; elle recherche avant tout un moyen de vivre, d'acqu&#233;rir de la consid&#233;ration, de la gloire. Lorsqu'elle entreprend des &#233;tudes de m&#233;decine, elle ne veut nullement conna&#238;tre la physiologie, la pathologie, la technique pour poss&#233;der un savoir th&#233;orique. Ce qu'elle d&#233;sire avant tout, c'est se pencher sur ceux qui souffrent. Mais sa tendance &#224; consid&#233;rer l'&#234;tre humain dans toute sa r&#233;alit&#233; l'incite, &#224; moins de n'&#234;tre plus f&#233;minine, &#224; outrepasser le domaine purement m&#233;dical pour s'int&#233;resser &#224; la vie enti&#232;re du malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une femme consid&#232;re une valeur artistique, elle n'est nullement confin&#233;e dans la visite des mus&#233;es. Ces collections de tableaux, de vases, de sculptures ont quelque chose d'indigeste pour cette souple sensibilit&#233;. Durant les vacances, lors d'un passage dans une ville, les touristes savent qu'il faut faire une visite &#224; la cath&#233;drale, au mus&#233;e, au ch&#226;teau. Mais les maris s'aper&#231;oivent qu'il n'est pas tr&#232;s sage de s'enfermer ainsi dans ces lieux pour donner &#224; leurs &#233;pouses des vacances agr&#233;ables ; s'ils ne veulent pas que l'atmosph&#232;re s'alourdisse, ils doivent &#233;courter la contemplation de ces merveilles. Dehors, ils iront, de vitrine en vitrine, voir les expositions des magasins ; c'est alors le tour des hommes d'attendre&#8230; et comme ils se sont promis d'&#234;tre tr&#232;s complaisants pour la dur&#233;e des vacances, ils n'ont plus qu'&#224; suivre. Leur plaisir est alors de voir leurs &#233;pouses s'&#233;merveiller devant des &#233;toffes, des tentures, des tapisseries. Elles se penchent pour lire le prix sur l'&#233;tiquette ; elles font un rapide calcul de leurs d&#233;penses, se laissent tenter ou s'&#233;loignent, heureuses toutefois d'avoir pu regarder quelques instants ces beaut&#233;s utilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la femme reste tr&#232;s pratique. Alors que l'homme revient &#224; la maison apr&#232;s avoir fait l'acquisition d'une magnifique peinture, il se trouve bien embarrass&#233; pour d&#233;nicher un coin afin de suspendre le tableau ; il n'avait m&#234;me pas song&#233; &#224; cela. La femme n'est pas aussi &#233;tourdie ; elle ach&#232;te cette statue parce qu'elle songe &#224; la sellette qu'elle peut utiliser ; elle se procure ce vase parce qu'il fera bon effet sur le manteau de la chemin&#233;e ; elle se refuse &#224; d&#233;penser de l'argent pour une magnifique statue qui ne pourrait avoir aucun v&#233;ritable r&#244;le dans l'embellissement de son salon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intelligence pratique n'est pas pourtant superficielle. Donnons un petit coup d'&#339;il discret sur une femme qui fait l'essai d'un v&#234;tement. Elle se regarde dans le miroir, tourne la t&#234;te pour t&#226;cher de s'apercevoir de dos, demande des avis ; elle examine si la couleur convient &#224; son teint, si la coupe ne jure pas avec son allure, si la mode nouvelle est bien faite pour sa psychologie personnelle. Elle exprime son jugement par ces paroles : &#171; Cela me va &#187; ou : &#171; Cela ne me va pas &#187;. Mais quelle profonde intelligence artistique se dissimule derri&#232;re des mots prononc&#233;s par une femme qui a du go&#251;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance vers le pratique est contraire &#224; celle d'une intelligence abstractive. Il s'ensuit que l'intuition f&#233;minine maintient &#233;troitement unies l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;impression&lt;/em&gt; et le &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sens&lt;/em&gt; de l'impression.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fusion de l'intelligence et de la sensibilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant de constater qu'une femme poss&#232;de rarement une id&#233;e sans en avoir le sentiment correspondant. C'est la raison pour laquelle l'intelligence f&#233;minine est si humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareille qualit&#233; poss&#232;de sa limite. La femme se montre tr&#232;s vite touch&#233;e lorsqu'on la contredit. Elle d&#233;fend ses id&#233;es avec &#226;pret&#233; ; il est fort malais&#233; de discuter avec elle sans qu'elle se sente aussit&#244;t heurt&#233;e, vis&#233;e, bless&#233;e. Certes, lorsqu'elle poss&#232;de des notions que sa m&#233;moire conserve comme moyens de travail, elle les abandonne volontiers &#224; la critique. Mais si les connaissances font partie int&#233;grante de son individualit&#233;, elle ne tol&#232;re pas qu'on y touche, surtout lorsque son savoir lui a &#233;t&#233; transmis par un &#234;tre cher. Une sentimentalit&#233; quelquefois double se refl&#232;te &#224; travers sa pens&#233;e. Toute critique devient par suite une blessure et m&#234;me une blessure double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la neutralit&#233; intellectuelle soit fort difficile pour une femme, certaines personnes se donnent l'allure d'une intelligence sans parti-pris. Elles se targuent d'une telle largesse de compr&#233;hension que cette attitude sent l'indulgence pour les individus moins instruits. Ce comportement peu f&#233;minin, malgr&#233; l'effort de bienveillance, cache une froideur psychique. Il suffit parfois d'une simple divergence de point de vue pour que le fond naturel r&#233;apparaisse. Nous percevons alors un m&#233;lange de logique &#233;triqu&#233;e et de r&#233;actions violentes. Cette intelligence se r&#233;v&#232;le tiraill&#233;e entre des conceptions th&#233;oriques et une sensibilit&#233; qui frise la susceptibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que cette intelligence et cette sensibilit&#233; se fusionnent dans cette nature en un tout indissoluble la femme vous appara&#238;t profonde dans son intuition. En effet, il suffit qu'elle dise un mot, exprime une id&#233;e, livre une r&#233;flexion pour qu'imm&#233;diatement elle apporte une v&#233;ritable consolation aux autres ; ce ne sont pas des phrases, des raisonnements, des conceptions qu'elle communique, mais une vitalit&#233; &#233;clair&#233;e qui illumine et apaise. Par suite, avec quelles pr&#233;cision et cruaut&#233; psychiques elle peut meurtrir avec de simples remarques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi est-il tr&#232;s difficile &#224; une femme de vouloir faire de l'esprit. Elle s'ing&#233;nie &#224; forger des jeux de mots, &#224; combiner des expressions amusantes, &#224; vouloir jongler avec des id&#233;es ; pour se maintenir &#224; ce niveau plaisantin, elle prend un ton acerbe ; sa voix grince, ses intonations se durcissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le malaise que les personnes fines ressentent devant une femme d'esprit, il faut se souvenir que l'intelligence f&#233;minine n'est nullement port&#233;e vers l'abstraction pure ; il s'ensuit que la femme doit faire des efforts outr&#233;s pour d&#233;gager du contexte vivant sa pens&#233;e afin d'en jouer comme le petit chat s'amuse avec la pelote de laine ! Ces tentatives peu naturelles sentent le forc&#233; et l'artificiel ; malgr&#233; sa bonne volont&#233;, la femme finit par glisser vers la m&#233;chancet&#233;. Elle se trouve donc devant cette alternative : ou bien ne pas se respecter dans son intelligence f&#233;minine ou bien devenir cruelle. Qu'elle le veuille ou non, son intelligence est trop p&#233;n&#233;trante pour ne pas atteindre directement l'humain dans son intimit&#233; ; sa vision est trop intime pour ne pas charmer ou blesser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vitalit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#233;coute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la femme veut p&#233;n&#233;trer une pens&#233;e &#233;trang&#232;re, elle suit moins le raisonnement qu'elle n'observe la personne qui lui parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; pu remarquer que la fillette se montrait tr&#232;s attentive &#224; suivre les diff&#233;rentes mimiques de ceux qui savent lui raconter des histoires. Le fait est encore tr&#232;s net quand les femmes ont assist&#233; &#224; un discours, &#224; un sermon, &#224; une conf&#233;rence. Il suffit de les interroger ; tr&#232;s enthousiastes, elles rappellent quelques id&#233;es prises au hasard et les exposent tr&#232;s bri&#232;vement pour s'int&#233;resser imm&#233;diatement &#224; la personne de l'orateur, du pr&#233;dicateur ou du conf&#233;rencier. Avec force d&#233;tails, elles d&#233;crivent son allure, son maintien, ses gestes, son regard, sa voix, ses mains. &#192; les entendre, les hommes croient qu'elles n'ont rien compris et que tout cet enthousiasme n'est d&#251; qu'&#224; une vive impression sur la sensibilit&#233; f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'observation d&#233;c&#232;le que la femme peut avoir tr&#232;s bien saisi toute la richesse d'une pens&#233;e sans pouvoir la traduire en un expos&#233; ordonn&#233;. C'est, en effet, par le biais de la vitalit&#233; qu'elle atteint le mieux l'originalit&#233; d'une conception &#233;trang&#232;re. De plus, l'aspect logique s'estompant pour faire place aux nuances n'est gu&#232;re conserv&#233; dans cette m&#233;moire. Se rappelant la silhouette de l'orateur, la femme peut retrouver la pens&#233;e qui lui fut expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi a-t-elle besoin pour comprendre d'&#233;prouver de la sympathie pour la personne qui d&#233;sire lui donner quelques explications. Si le conf&#233;rencier poss&#232;de une voix d&#233;sagr&#233;able, des gestes &#233;nervants, un physique disgracieux, elle doit faire effort pour &#233;couter. Si l'orateur lui est franchement antipathique, l'auditrice se replie sur elle-m&#234;me, &#233;pie les moindres d&#233;fauts dont elle se sert comme arguments. La plus rigoureuse logique ne peut la convaincre si l'intelligence f&#233;minine ne parvient pas &#224; suivre la pens&#233;e d'autrui en elle-m&#234;me ; l'antipathie brise pr&#233;cis&#233;ment toute possibilit&#233; d'intuition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous p&#233;n&#233;trons la pens&#233;e f&#233;minine, nous constatons qu'elle n'est pas identique &#224; celle de l'homme ; ce n'est pas une structure faite de notions, mais une vitalit&#233; &#233;clair&#233;e. Elle est une fermentation d'id&#233;es, d'images, de sentiments qui ne trouvent une coh&#233;sion entre eux que gr&#226;ce &#224; une perspicace intuition qui les p&#233;n&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la femme manque de personnalit&#233;, elle accumule des notions qui deviennent une structure artificielle. Son intuition est d&#233;vi&#233;e, amoindrie, annihil&#233;e par cet &#233;cran intellectuel qui la s&#233;pare de la vie. Les femmes &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;intellectualis&#233;es&lt;/em&gt; se montrent, en effet, tr&#232;s peu capables d'intelligence r&#233;elle. Enfouie sous le fatras des conceptions, cette intelligence appara&#238;t froide, peu perspicace et pauvrement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La logique de vie f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On reproche &#224; la femme de n'&#234;tre pas logique. Et pourtant en face de la r&#233;alit&#233; vivante, il faut remarquer que l'intelligence f&#233;minine peut donner une rude le&#231;on &#224; la logique masculine. L'homme se console en disant que l'instinct a de ces r&#233;ussites qui surprennent ! Mais soyons plus justes, et reconnaissons tout simplement que s'il existe une logique de raison, il existe aussi une logique de vie. Je m'explique : la raison part de certains faits pour aboutir &#224; des conclusions ; l'intelligence peut aussi fixer directement le but d&#233;sir&#233; et, sans se pr&#233;occuper de raisonner, mettre tout en &#339;uvre pour l'atteindre. Si le but se d&#233;place, se faufile, se transforme, les moyens changent constamment ; ils peuvent m&#234;me para&#238;tre incoh&#233;rents, illogiques, contradictoires. C'est ce que j'appelle une logique de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la femme concentre son intelligence sur la r&#233;alit&#233; vivante constamment mobile. Il est donc &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;logique&lt;/em&gt; qu'elle modifie sans cesse son comportement en vue de la fin poursuivie. Le but oblige par cons&#233;quent la femme &#224; une adaptation continuelle. Son comportement peut para&#238;tre d&#233;sordonn&#233;. En fait, il est &#224; tout instant &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ordonn&#233;&lt;/em&gt; &#224; la r&#233;alit&#233; humaine qui r&#232;gle la logique vitale de l'intelligence f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une aisance qui &#233;tonne souvent l'homme, cette intuition se r&#233;alise dans toute son acuit&#233;. La femme n'est pas absorb&#233;e lorsqu'elle &#233;coute. Bien que ne d&#233;daignant pas la logique, elle capte la pens&#233;e d'autrui, tout en continuant &#224; s'occuper d'autre chose, &#224; regarder autour d'elle, &#224; remarquer ce qui se passe et se dit. Aussi coupe-t-elle, de temps en temps, la parole &#224; ceux qui lui parlent, pour faire une remarque sur ce qu'elle vient de percevoir, et se remet ensuite &#224; &#233;couter sans avoir perdu le sens g&#233;n&#233;ral de la conversation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De compr&#233;hension rapide, la femme passe d'un fait &#224; un autre. Qu'importe si le mot est parfois impropre, si la phrase est mal tourn&#233;e, si le raisonnement n'est pas rigoureux ? Elle a saisi ce qu'on a voulu lui dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interlocuteur qui ne sait pas se mettre au rythme de cette vive intelligence para&#238;t &#233;nervant et lourd. Comprenant avant m&#234;me que le raisonnement ne soit termin&#233;, la femme &#233;coute &#224; peine ; puis, quelques instants apr&#232;s, elle fixe &#224; nouveau son attention d&#232;s qu'une nouvelle id&#233;e est expos&#233;e. La marche lente d'une logique rigoureuse la fatigue et parfois l'agace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les femmes parlent entre elles nous pouvons remarquer qu'elles se maintiennent difficilement sur un m&#234;me sujet. L'entretien bifurque, revient en am&#232;re, aborde un th&#232;me impr&#233;visible. Les impressions, les souvenirs, l'imagination provoquent des changements inattendus. Si nous enregistrions ce qui est racont&#233;, nous constaterions des zigzags dont il serait malais&#233; de retrouver le trac&#233; par simple effort de m&#233;moire. Les femmes elles-m&#234;mes ne peuvent se rappeler qu'avec peine tout ce qu'elles ont dit au cours d'une conversation. Le th&#232;me ne s'est pas d&#233;roul&#233; logiquement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Difficult&#233;s pour exprimer sa pens&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence f&#233;minine, n'ayant pas une tendance naturelle vers l'activit&#233; d'abstraction, laisse la femme fort embarrass&#233;e lorsqu'elle d&#233;sire exposer sa pens&#233;e d'une fa&#231;on claire. En effet, la femme doit toujours faire un gros effort pour donner &#224; son savoir une structure logique, un sch&#233;ma, un d&#233;roulement progressif. Pla&#231;ant les d&#233;tails au niveau des lignes importantes, elle noie les id&#233;es g&#233;n&#233;rales dans le contexte sans y mettre de relief ; elle s'arr&#234;te sur un point qu'elle grossit d&#233;mesur&#233;ment par rapport &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, elle para&#238;t plus &#224; l'aise lorsqu'elle veut exprimer son intuition ; elle s'efforce de sugg&#233;rer plus que d'expliquer. &#192; coups de pinceau, comme un artiste, elle pr&#233;cise un point, fait porter l'attention sur un autre, revient sur un c&#244;t&#233; qui avait &#233;chapp&#233; au regard d'autrui. La ligne de progression que suit la pens&#233;e f&#233;minine n'est pas une marche logique, mais un rapprochement t&#226;tonnant vers une r&#233;alit&#233; mise en lumi&#232;re par des retouches successives. H&#233;las ! Par souci de tout dire pour mieux se faire comprendre, la femme risque d'&#234;tre prolixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce danger est d'autant plus grand que la r&#233;alit&#233; d&#233;crite est d'une mobilit&#233; continuelle. La pens&#233;e f&#233;minine, se modelant sur la sentimentalit&#233;, s'&#233;tale et se prolonge en voulant demeurer en contact avec ce courant int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'une femme r&#233;digeant sa correspondance n'a pas encore cachet&#233; l'enveloppe qu'elle voudrait recommencer la lettre ; des sentiments nouveaux sont apparus ; et ceux qu'expriment les lignes &#233;crites sont d&#233;j&#224; du pass&#233;. La correspondante ne se croit m&#234;me plus sinc&#232;re en glissant la missive dans la bo&#238;te aux lettres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la femme se sent d&#233;rout&#233;e en face de tout ce qu'elle voudrait exprimer ; les nuances sont si nombreuses, les impressions si fugitives, les d&#233;tails si inextricables qu'elle ne sait par o&#249; commencer pour mettre un peu d'ordre dans sa pens&#233;e. Ayant trop &#224; dire, elle pr&#233;f&#232;re garder le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la femme oscille continuellement entre une prolixit&#233; toujours insatisfaite et un mutisme d'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas en fonction d'une capacit&#233; d'explication verbale que nous devons juger de la profondeur de cette intelligence humaine, mais en fonction d'une justesse d'attitude, d'une pr&#233;cision d'intervention, d'une exactitude dans les remarques. Bien souvent, la femme &#224; qui on demande son opinion se tait pour r&#233;pondre par un simple geste qui livre tout le sens de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Synth&#232;se&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette intuition si profond&#233;ment humaine reste tr&#232;s d&#233;licate ; elle ne saurait se laisser scl&#233;roser dans des conceptions masculines sans perdre de sa p&#233;n&#233;tration. Ce n'est nullement une capacit&#233; myst&#233;rieuse, mais une possibilit&#233; de vision qui s'accro&#238;t, s'&#233;tiole et m&#234;me dispara&#238;t. La femme poss&#232;de une intelligence qui n'est nullement inf&#233;rieure &#224; celle de l'homme, mais qui est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;autre&lt;/em&gt;, avec ses valeurs irrempla&#231;ables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sensibilit&#233; : femme</title>
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&lt;p&gt;La sensibilit&#233; fut de tous temps reconnue comme une caract&#233;ristique de la femme. La nature f&#233;minine est, en effet, dou&#233;e d'une tr&#232;s forte impressionnabilit&#233; que les hommes qualifient parfois de sensiblerie. Ne comprenant pas toutes les r&#233;actions diverses et impr&#233;visibles de la femme, ils sont tent&#233;s de consid&#233;rer cette nature comme une &#233;nigme. Une sensibilit&#233; relationnelle et sentimentale La fillette s'efforce, apr&#232;s une chute, de se relever d'elle-m&#234;me sans pleurer. Si elle per&#231;oit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La sensibilit&#233; fut de tous temps reconnue comme une caract&#233;ristique de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature f&#233;minine est, en effet, dou&#233;e d'une tr&#232;s forte impressionnabilit&#233; que les hommes qualifient parfois de sensiblerie. Ne comprenant pas toutes les r&#233;actions diverses et impr&#233;visibles de la femme, ils sont tent&#233;s de consid&#233;rer cette nature comme une &#233;nigme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sensibilit&#233; relationnelle et sentimentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fillette s'efforce, apr&#232;s une chute, de se relever d'elle-m&#234;me sans pleurer. Si elle per&#231;oit des regards pos&#233;s sur elle, les larmes se mettent &#224; couler d'abondance. Plus on essaie de la consoler, plus elle se lamente. Le ton frise parfois la col&#232;re, r&#233;v&#233;lant que l'enfant est vex&#233;e dans sa fiert&#233; naissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De bonne heure, elle ressent d'une fa&#231;on aigu&#235; les sentiments les plus d&#233;licats. Elle &#233;prouve avec acuit&#233; la honte ; il suffit de lui faire remarquer combien elle est laide en pleurant pour qu'elle s'emporte contre son entourage ou tente, de toutes ses forces, de &#171; ravaler ses larmes &#187;. Si on la flatte au sujet de sa beaut&#233;, son visage s'illumine ; toute cette petite nature s'&#233;panouit d'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pensionnat, dans la cour de r&#233;cr&#233;ation, en colonie de vacances, les filles &#233;voluent dans des atmosph&#232;res psychiques o&#249; les sensations sentimentales provoquent de continuels mouvements d'attirance ou de r&#233;pulsion. Elles se r&#233;unissent pour go&#251;ter des moments d'amiti&#233; ; elles cherchent &#224; se faire plaisir, s'offrent des cadeaux, &#233;changent des images ; d&#232;s qu'elles se quittent, elles s'&#233;crivent de longues lettres dans lesquelles l'affection se donne libre cours. Mais ces relations, instables, suscitent des m&#233;fiances, des jalousies. Elles se plaignent de l'indiff&#233;rence des unes et de la froideur des autres. Elles prennent parfois plaisir &#224; humilier une compagne en adoptant &#224; son &#233;gard une attitude m&#233;prisante. Si la ma&#238;tresse t&#233;moigne un peu plus d'attention &#224; l'une, les autres chuchotent des critiques. Ce sont alors des occasions pour se blesser mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir de l'adolescence, la jeune fille veut &#233;prouver des sentiments plus intimes. Elle aspire &#224; se r&#233;aliser pleinement. Elle veut aimer de tout son &#234;tre afin de go&#251;ter la joie profonde de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre cette profondeur de vie, la femme accepte d'affronter des sensations de tendresse, de crainte, de jalousie, d'inqui&#233;tude. Elle appr&#233;cie les histoires qui suscitent des larmes ; elle prend plaisir &#224; voir des films qui la font fr&#233;mir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet univers intime est si riche que la femme ne trouve gu&#232;re attrayante une atmosph&#232;re qui ne lui fournit pas de telles impressions. En revanche, les confidences sont pour elle une source de plaisirs dont l'homme ne comprend pas toujours l'agr&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sensibilit&#233; sentimentale de la femme est si fine qu'elle en exprime les moindres affections &#224; travers ses paroles, ses gestes, ses attitudes. Sa physionomie, sa voix, son regard ont une mobilit&#233; qui r&#233;v&#232;lent les impressions les plus discr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la femme n'est pas d&#233;vi&#233;e par l'&#233;go&#239;sme, elle manifeste une tr&#232;s forte tendance &#224; la sympathie. Elle est heureuse de sentir vivre une vitalit&#233; &#233;trang&#232;re dont elle &#233;prouve les m&#234;mes &#233;motions, les m&#234;mes craintes, les m&#234;mes haines, les m&#234;mes espoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle cherche &#224; faire partager ses ressentiments ou ses affections. Ceux qui ne se laissent pas influencer deviennent &#224; leurs yeux des personnes hostiles. La communion sentimentale a pour r&#233;sultat une intensification des sensations. La femme &#233;prouve plus violemment lorsqu'elle vibre en intimit&#233; avec autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin de sympathie est si net que la femme se trouve en une position instable lorsqu'elle occupe une situation sociale ne lui permettant pas une libre expression de sa sensibilit&#233;. Par peur d'&#234;tre affect&#233;e, elle prend des attitudes d'indiff&#233;rence et m&#234;me de froideur. Le raidissement psychique a pour cons&#233;quence in&#233;vitable un amoindrissement de la sensibilit&#233;. Le comportement f&#233;minin se &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;shumanise&lt;/em&gt; alors pour se durcir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;sensibilisation f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il nous est impossible de comprendre r&#233;ellement cette sensibilit&#233; si nous ne portons pas notre attention sur les &#233;nergies correspondantes. Nous constatons, en effet, qu'au fur et &#224; mesure que les sentiments s'appauvrissent, la sensibilit&#233; sentimentale perd de sa profondeur pour ne subsister que sous une forme superficielle. La femme n'est plus sentimentale, mais devient sentimentaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines jeunes filles, &#233;duqu&#233;es dans des milieux o&#249; l'affection est bannie, doivent cacher leurs sentiments ; elles sont oblig&#233;es de refr&#233;ner leur spontan&#233;it&#233; et fuir toute impression comme une faute. Peu &#224; peu, elles deviennent peureuses de leur propre nature ; elles craignent de t&#233;moigner leur tendresse et demeurent avec pr&#233;caution sur leurs gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, par malheur, cette &#233;ducation aboutit &#224; l'&#233;tiolement de sa nature f&#233;minine, la jeune fille appara&#238;t de plus en plus &#233;triqu&#233;e ; elle est s&#232;che, dure, hargneuse. Une insatisfaction sourde la pr&#233;dispose &#224; la critique acerbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, malgr&#233; cette formation rigide, sa vitalit&#233; continue &#224; se d&#233;velopper, la jeune fille se met &#224; r&#234;ver. Sous l'effet de stimulants, cette sensibilit&#233; &#233;touff&#233;e peut subir des bouleversements incontr&#244;lables. Tout un monde nouveau surgit ; des sensations inconnues s'emparent de cette jeune nature qui est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;enlev&#233;e&lt;/em&gt; comme un f&#233;tu de paille ; les liens les plus sacr&#233;s sont rompus et l'aventure commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;sensibilisation&lt;/em&gt; f&#233;minine est actuellement un effet moins de l'&#233;ducation que d'un appauvrissement provoqu&#233; par des occupations auxquelles s'adonne la femme. Des &#233;tudes prolong&#233;es, des travaux trop rudes, des responsabilit&#233;s lourdes &#233;touffent cette psychologie si d&#233;licate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui se livrent &#224; des occupations peu f&#233;minines perdent, en effet, de leur sensibilit&#233; ; leur manque de finesse ne les rend aptes qu'&#224; une existence de camaraderie. Mais les moindres &#233;motions peuvent d&#233;clencher des r&#233;actions violentes, incontr&#244;lables et tr&#232;s courtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appauvrissement sentimental peut &#234;tre aussi la cons&#233;quence d'un gaspillage &#233;nerg&#233;tique par d&#233;sir de sensations ; les femmes cueillent alors au gr&#233; des circonstances des impressions amoureuses ; leur sensibilit&#233; superficielle les rend instables dans leurs affections. Pour entretenir ces sensations, elles courent &#224; la recherche de stimulants ; elles d&#233;laissent certains individus pour en suivre d'autres qu'elles abandonneront ensuite&#8230; Ainsi tiraill&#233;es par leur sensiblerie, elles sont toujours en qu&#234;te d'un nouvel amour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque de telles femmes sont m&#232;res, elles concentrent souvent leurs satisfactions sur leurs enfants. Ceux-ci ne deviennent plus que des occasions de plaisirs maternels. Les petits sont combl&#233;s, choy&#233;s, dorlot&#233;s au d&#233;triment d'une saine &#233;ducation. Ce sentimentalisme peut aussi se cristalliser autour d'un chat, d'un chien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sensibilit&#233; f&#233;minine &#233;panouie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En revanche, lorsque la nature f&#233;minine est parvenue &#224; son &#233;panouissement biologique, la sensibilit&#233; s'approfondit au fur et &#224; mesure que l'intensit&#233; de l'activit&#233; sentimentale s'accro&#238;t. La femme ressent alors en elle une pl&#233;nitude d'amour. Ses joies se multiplient malgr&#233; les fatigues et les souffrances que suscite in&#233;vitablement tout don de soi. Bien plus, elle voudrait intensifier encore son affection en se sacrifiant pour ceux qu'elle aime. Toutes ses forces se lib&#232;rent alors dans une offrande : la femme se sent vivre. Elle est capable de d&#233;passer les sensations d&#233;sagr&#233;ables ; elle ne se r&#233;volte pas devant une souffrance, comme le font les hommes ou les femmes sentimentalistes, mais elle se penche tendrement sur les mis&#232;res pour les soulager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'euthanasie peut avoir une fausse justification dans l'incapacit&#233; de l'homme de supporter la souffrance d'autrui, elle ne peut avoir sa raison d'&#234;tre dans une psychologie v&#233;ritablement f&#233;minine. Il peut exister &#233;videmment des cas extr&#234;mes o&#249; des femmes, accul&#233;es &#224; leur derni&#232;re possibilit&#233; de r&#233;sistance, subissent un effondrement psychique qui les pousse aux pires d&#233;cisions pour mettre fin &#224; une situation intenable. Mais la femme va plus loin que l'homme dans sa r&#233;sistance morale et son d&#233;vouement. Ce n'est pas une sensiblerie qui la guide, mais une possibilit&#233; d'affronter les pires souffrances et d'accomplir les actes les plus h&#233;ro&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un fait que la femme se montre capable de supporter les peines morales. Tandis que l'homme fuit les occasions, les personnes qui l'ont meurtri, la femme ne craint pas d'assister &#224; des sc&#232;nes douloureuses ; elle d&#233;sire regarder en face ceux qui lui ont port&#233; pr&#233;judice. Bien plus, elle conserve fid&#232;lement dans sa m&#233;moire des souvenirs qui la font pleurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle n'est pas g&#233;n&#233;reuse, la femme se crispe &#224; la moindre meurtrissure, n'endure aucune sensation d&#233;sagr&#233;able, devient incapable d'actes courageux ; elle n'entend pas raison, ne veut m&#234;me plus &#233;couter, se montre impitoyable. Lorsque ce sont deux psychologies f&#233;minines qui se heurtent, les sentiments peuvent aller jusqu'au paroxysme de la haine. Le sens des paroles est interpr&#233;t&#233; injustement. Les &#171; coups de langue &#187; s'entrecroisent sans indulgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remarquons le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne de sensibilit&#233; exacerb&#233;e chez certaines femmes qui s'adonnent &#224; des activit&#233;s id&#233;ologiques, sociales, politiques. Le choix de leur &#171; id&#233;al &#187; est souvent d&#233;termin&#233; par une affection particuli&#232;re. Il s'agit pour elles de lutter pour ceux qu'elles aiment ou en souvenir d'eux. Un changement de sentiment provoque un changement de camp. Leurs affections et leurs haines deviennent exclusives. Elles s'enthousiasment, s'exaltent, se durcissent. Elles ne peuvent tol&#233;rer, sans crier &#224; l'injustice, la moindre sanction contre les leurs, alors qu'elles justifient les pires r&#233;pressions contre leurs adversaires. Aux p&#233;riodes de troubles sociaux, elles deviennent souvent les instigatrices de crimes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Importance de la g&#233;n&#233;rosit&#233; et de la vie relationnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sensibilit&#233; f&#233;minine n'atteint v&#233;ritablement toute sa finesse et son &#233;quilibre que sous l'effet d'une g&#233;n&#233;rosit&#233; totale. Elle s'harmonise alors en s'approfondissant jusqu'au plus intime de cette nature humaine. Les sensations &#233;prouv&#233;es deviennent plus riches, plus nuanc&#233;es, plus vari&#233;es. Les r&#233;actions moins violentes sont plus douces et s'adaptent avec pr&#233;cision aux vitalit&#233;s &#233;trang&#232;res. La femme se montre par cons&#233;quent capable d'une r&#233;elle communion psychique avec tous ceux qui l'entourent. Elle peut alors vivre des joies intimes qui la conduisent au bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons comprendre le comportement f&#233;minin dans son ensemble qu'en partant de la sensibilit&#233;. Chez une femme &#233;quilibr&#233;e, toutes les sensibilit&#233;s s'harmonisent, en effet, en une synth&#232;se dont la base est le sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle la femme ne recherche pas les plaisirs de la table pour eux-m&#234;mes. Ces diverses sensations ne lui sont r&#233;ellement agr&#233;ables que si elle les partage avec une personne qu'elle affectionne. Le facteur sentimental est si important qu'elle trouve d&#233;licieux un plat, uniquement parce qu'il lui est offert avec amabilit&#233;. Bien plus elle finit par l'aimer. Elle s'enthousiasme &#224; un match de ballon, de boxe, de catch, uniquement parce qu'elle y assiste en compagnie de son fianc&#233;, de son mari, ou bien parce qu'elle &#233;prouve un sentiment particulier pour une &#233;quipe. En face de certaines brutalit&#233;s, elle pousse des cris, se crispe, d&#233;tourne le regard ; qu'importe ? elle est heureuse de partager des &#233;motions avec ceux qu'elle aime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la femme ressent de l'antipathie, elle ne peut go&#251;ter les plaisirs aupr&#232;s des personnes pour qui elle &#233;prouve du ressentiment. Les distractions les plus agr&#233;ables lui paraissent insupportables ; les paysages les plus beaux deviennent ternes ; les mets les plus succulents sont insipides. Il n'est pas toujours tr&#232;s facile &#224; un mari de faire admettre &#224; son &#233;pouse que le repas qu'il a bien fallu accepter chez une &#171; ch&#232;re amie &#187; &#233;tait d&#233;licieux ! Les hommes pensent qu'il s'agit d'un parti-pris ; ils oublient que la sensibilit&#233; physiologique de la femme est en &#233;troite d&#233;pendance de la sensibilit&#233; sentimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;pendance est tr&#232;s manifeste encore dans le comportement de la femme &#224; l'&#233;gard de ceux qui l'entourent. Les d&#233;fauts physiques disparaissent &#224; ses yeux lorsque des sentiments affectueux augmentent. Elle trouve beau son enfant, d&#233;couvre du charme chez l'homme pour qui elle a de la tendresse. Elle est capable de surmonter les pires r&#233;pugnances pour soigner ceux qu'elle aime. Mais d&#232;s que son affection diminue, les moindres travers lui deviennent une g&#234;ne ; son antipathie lui rend insupportable un sourire, un regard, un baiser. Tous ces t&#233;moignages d&#233;clenchent m&#234;me des r&#233;pulsions physiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexualit&#233; f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La part de la sensibilit&#233; sentimentale est si grande dans les diverses sensibilit&#233;s f&#233;minines qu'elle est m&#234;me pr&#233;dominante sur le plan de la sexualit&#233;. Lorsqu'un homme d&#233;sire se rapprocher d'une femme, il provoque souvent des r&#233;actions violentes de d&#233;fense. Ses paroles, ses regards, ses tentatives de caresse la r&#233;voltent ; elle est &#233;nerv&#233;e, outr&#233;e, &#233;c&#339;ur&#233;e par des attitudes provocatrices. D&#232;s qu'elle &#233;prouve des sentiments affectueux, son comportement devient plus accueillant ; elle se montre plus dispos&#233;e &#224; recevoir des t&#233;moignages sensibles d'affection. Au fur et &#224; mesure que l'amour s'approfondit, la femme devient de plus en plus capable de se donner physiquement. L'homme est souvent tent&#233; de taxer d'hypocrisie celle qui fait un g&#233;n&#233;reux don d'elle-m&#234;me apr&#232;s s'&#234;tre refus&#233;e violemment quelque temps auparavant. L'observation d&#233;c&#232;le qu'il ne s'agit pas d'une hypocrisie, mais d'une hi&#233;rarchie biologique selon laquelle la sentimentalit&#233; est &#224; la base m&#234;me du don physique. L'acte sexuel n'est pas, chez une femme normale, une simple occasion de sensations, mais l'expression d'une intense activit&#233; sentimentale qui est source de joies et de bonheur vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le viol consiste pr&#233;cis&#233;ment dans la violation de cette hi&#233;rarchie biologique. D&#232;s qu'un homme d&#233;sire physiquement une femme sans que celle-ci ait eu le temps d'&#233;prouver des sentiments suffisamment profonds pour accepter l'acte sexuel, il y a viol de cette nature humaine. Ce heurt peut &#234;tre si brutal que la femme reste &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;bris&#233;e&lt;/em&gt; dans sa sensibilit&#233;. Il est alors tr&#232;s difficile de lui redonner un &#233;quilibre. Si elle est consentante, une v&#233;ritable exacerbation de la sensibilit&#233; l'entra&#238;ne vers l'hyst&#233;rie. Si elle se refuse enti&#232;rement, le d&#233;go&#251;t, l'&#233;c&#339;urement, la haine peuvent na&#238;tre, provoquant la frigidit&#233; f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines ont une v&#233;ritable crainte de l'acte sexuel. Une &#233;ducation dans laquelle l'amour entre homme et femme est consid&#233;r&#233; sous l'angle exclusif de sentimentalit&#233; ou de devoir les incite &#224; se repr&#233;senter le t&#233;moignage physique comme un acte vulgaire et quelque peu bestial. L'imagination &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;brodant&lt;/em&gt; sur un th&#232;me f&#233;erique est source de d&#233;ceptions, graves obstacles au bonheur conjugal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette repr&#233;sentation de l'amour fut celle d'une &#233;poque, elle n'est pas le danger actuel. Nous assistons &#224; une tendance contraire : celle de pr&#233;senter &#224; la jeune fille l'amour comme une source de plaisirs sexuels. Cette nouvelle tendance &#233;ducative, dans laquelle nous percevons la pr&#233;dominance de la conception masculine, ignore le fait essentiel que la sensibilit&#233; de la femme n'est pas identique &#224; celle de l'homme. Aussi constatons-nous, &#224; l'heure actuelle, une tr&#232;s nette tendance &#224; l'hyst&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Instabilit&#233; physiologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des caract&#233;ristiques de la sensibilit&#233; f&#233;minine qui d&#233;route le plus est son instabilit&#233;. Les femmes elles-m&#234;mes traitent volontiers de &#171; lunatiques &#187; celles qui, souriantes un jour, ne leur adressent m&#234;me pas la parole le lendemain. Nous oublions, surtout lorsque nous en sommes les victimes, que le rythme variable de l'activit&#233; physiologique est une source constante de sensations diverses. La femme ressent des fatigues, des g&#234;nes, des tiraillements ; faisant effort contre ces impressions douloureuses et devant mener son activit&#233; quotidienne, elle se tend&#8230; et s'&#233;nerve contre son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes profitent de leur sensibilit&#233; pour geindre et faire plier les maris &#224; leurs caprices. Aux moindres malaises, vrais ou invent&#233;s, quelques &#233;poux se pr&#233;cipitent pour calmer, choyer et dorloter celles qui sont de v&#233;ritables tyrans dans leur &#233;go&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face de certaines complaintes, nous penserions que l'activit&#233; physiologique f&#233;minine ne comporte que des inconv&#233;nients. Il est certain que ces ennuis augmentent avec les &#233;puisements que l'existence actuelle impose &#224; la femme. Mais une bonne observation sur ce point r&#233;v&#232;le que cette physiologie, &#224; l'&#233;tat normal, comporte son c&#244;t&#233; agr&#233;able de bien-&#234;tre. Les souffrances et les plaisirs, les peines et les joies physiologiques se compensent en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect agr&#233;able de cette activit&#233; physiologique s'accentue chez les futures mamans au cours des grossesses normales. Les souffrances sont compens&#233;es par toute une intense activit&#233; physiologique qui donne des joies que l'homme ne peut m&#234;me pas soup&#231;onner. Certaines femmes sont si &#233;mues de toutes ces sensations intenses qu'elles sentent le besoin d'en parler. &#192; &#233;couter quelques-unes d'entre elles nous serions port&#233;s &#224; croire qu'elles ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#171; &#224; inventer la maternit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui est m&#232;re &#171; &#224; contre c&#339;ur &#187; n'est attentive qu'aux inconv&#233;nients. Son manque de g&#233;n&#233;rosit&#233; lui d&#233;robe les joies profondes ; elle se plaint des sacrifices que lui impose une maternit&#233;&#8230; et en rend responsable son &#233;poux qui est, d'apr&#232;s elle, le seul fautif. N'est-ce pas aussi pour elle une heureuse aubaine de rendre plus docile un mari qui ne sait qu'entreprendre pour se faire pardonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques femmes parlent de leur maternit&#233; et surtout de leur accouchement comme d'un &#171; martyre &#187; frisant dangereusement la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, une saine &#233;ducation tente de contrebalancer ces exag&#233;rations qui effraient les jeunes filles. On s'applique &#224; consid&#233;rer l'activit&#233; physiologique de l'enfantement comme une activit&#233; normale. L'imagination est apais&#233;e, les mouvements musculaires sont plus coordonn&#233;s, la respiration plus calme pendant l'accouchement. Tout &#224; la joie d'avoir un enfant, les jeunes mamans sentent diminuer les impressions de souffrances au profit des joies de la maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les joies sont encore augment&#233;es si une affection profonde unit la femme au p&#232;re de l'enfant. Toute une intense vitalit&#233; sentimentale surgit de cette nature f&#233;minine qui s'&#233;panouit dans un don total d'elle-m&#234;me. Un bonheur, que les hommes n'imaginent m&#234;me pas et que les femmes &#233;go&#239;stes ou d&#233;f&#233;minis&#233;es ne peuvent atteindre, surgit de cette vitalit&#233; intense.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sistance &#224; la souffrance physique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous restons &#233;tonn&#233;s de voir combien une femme est capable de r&#233;sister &#224; la souffrance physique. Non seulement elle para&#238;t plus r&#233;sistante vitalement, mais se montre plus courageuse que l'homme. Cette attitude est encore accrue lorsqu'elle est entour&#233;e d'affectueuses d&#233;licatesses. Malheureusement, la femme peut, si elle ne surveille pas ses exigences naturelles, profiter de ses souffrances r&#233;elles pour r&#233;duire l'entourage &#224; sa merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle conserve sa g&#233;n&#233;rosit&#233; malgr&#233; la tendresse qu'elle re&#231;oit, elle devient vite capable de supporter les douleurs devant lesquelles les hommes reculeraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;rout&#233;s en face des m&#232;res qui, malades, se l&#232;vent du lit &#224; l'annonce d'un accident d'un des leurs ; elles oublient leur souffrance que leur entourage va consid&#233;rer un peu comme une &#171; maladie imaginaire &#187;. Et pourtant il n'en est rien ; c'est qu'en r&#233;alit&#233; il s'agit d'une nature mise en pleine r&#233;activit&#233; par une stimulation de la sensibilit&#233; sentimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme, en effet, poss&#232;de une nature tellement sensible sous cet angle que les moindres chocs peuvent provoquer des reculs ou des aggravations de la maladie ; une lettre, une visite, une ind&#233;licatesse de la part de l'infirmi&#232;re. un oubli du m&#233;decin peuvent affaiblir cette nature jusqu'au d&#233;couragement ; mais une tendre affection, parfois ferme, suscite une d&#233;tente sentimentale qui aide &#224; la r&#233;cup&#233;ration des forces ; la femme surmonte ainsi plus ais&#233;ment son mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les femmes &#233;go&#239;stes sont tr&#232;s difficiles &#224; soigner. Leur caract&#232;re aigri, leurs exigences, leur repliement sur elles-m&#234;mes ne permettent pas aux personnes &#233;trang&#232;res de susciter en elles des r&#233;actions &#233;nerg&#233;tiques. Se plaignant sans cesse, elles sont seules dans leur vitalit&#233; r&#233;duite, bien que leur entourage les comble parfois d'attentions d&#233;licates. En se renfermant dans leur &#233;go&#239;sme, elles annihilent tout l'effet utile de la g&#233;n&#233;reuse affection des autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;actions aux stimulations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons la sensibilit&#233; f&#233;minine dans son ensemble, nous pouvons distinguer deux caract&#233;ristiques bien d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'observation d&#233;c&#232;le une sensibilit&#233; dont le taux de stimulation est nettement inf&#233;rieur &#224; celui que n&#233;cessite la sensibilit&#233; masculine. L'adjectif : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;inf&#233;rieur&lt;/em&gt; ne signifie nullement une inf&#233;riorit&#233; de valeur humaine. Il s'agit uniquement du degr&#233; d'intensit&#233; de la stimulation. Bien au contraire, la sensibilit&#233; f&#233;minine est si d&#233;licate qu'elle est plus apte &#224; capter des sensations qui &#233;chappent &#224; la sensibilit&#233; masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par suite, la femme est plus rapidement affect&#233;e. Les r&#233;actions sont plus violentes ; les &#233;nergies lib&#233;r&#233;es &#224; cette occasion sont plus abondantes. Il s'ensuit qu'il est plus difficile &#224; une femme de les ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement f&#233;minin appara&#238;t donc plus agit&#233;, plus saccad&#233;, plus d&#233;pendant des stimulants internes et externes. Impressionn&#233;e, la femme a des gestes brusques. Les moindres bruits attirent son attention, les plus petits mouvements captent son regard. Ses efforts physiques sont moins coordonn&#233;s. Remarquons les femmes allant &#224; bicyclette ; elles donnent l'impression d'une fragile stabilit&#233;. En r&#233;alit&#233;, il s'agit surtout d'une moindre ma&#238;trise de toutes les &#233;nergies lib&#233;r&#233;es dont une partie provient des r&#233;actions diverses de leur fine sensibilit&#233; d'&#233;quilibre physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme est capable de ressentir de d&#233;licates sensations, elle supporte avec peine les stimulations intenses. Parvenues &#224; un certain degr&#233;, les intensit&#233;s deviennent douloureuses. Une lumi&#232;re vive, un bruit aigu, une chaleur forte, un froid piquant provoquent chez elle des mouvements de protection : elle ferme les yeux, se bouche les oreilles, se d&#233;couvre ou ajuste ses v&#234;tements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les jeunes filles se distraient aux diverses attractions des foires foraines en s'amusant sur des man&#232;ges &#224; sensations violentes, elles rient, se crispent et crient nerveusement. &#192; un certain taux d'intensit&#233; qui est fonction de la finesse individuelle, les jeunes filles supportent avec peine les impressions, mais le d&#233;sir de briller en compagnie les incite &#224; supporter des sensations qui sont pour elles moins des plaisirs que des souffrances. Si elles &#233;taient seules, elles n'auraient pas envie de s'astreindre &#224; de telles distractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme croit que, si la femme n'accepte pas de risques, c'est en raison du danger. En r&#233;alit&#233;, elle redoute moins le danger encouru que la trop forte sensation ressentie. Celles qui ont la &#171; hardiesse &#187; masculine se tendent int&#233;rieurement pour surmonter des impressions trop fortes ou pr&#233;sentent des sensibilit&#233;s rustres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi les plaisirs f&#233;minins sont-ils avant tout des sensations &#224; intensit&#233; douce. Les femmes pr&#233;f&#232;rent les g&#226;teaux aux plats fortement assaisonn&#233;s, les sucreries aux cigarettes, les caresses aux sensations intenses de force physique, les musiques fines aux fanfares.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sensations tr&#232;s nuanc&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me caract&#233;ristique est la capacit&#233; de saisir de tr&#232;s petites diff&#233;rences entre deux sensations simultan&#233;ment ou successivement &#233;prouv&#233;es. Or, nous savons qu'une nuance est d'autant plus grande que l'&#233;cart est plus petit. Nous avons donc chez la femme une sensibilit&#233; diff&#233;rentielle plus &#224; nuances qu'&#224; contrastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance vers les nuances est tr&#232;s observable ; par exemple, lorsqu'une femme d&#233;sire se procurer de l'&#233;toffe, elle reste perplexe devant les divers tissus qu'elle fait d&#233;baller. La toile est un peu trop r&#234;che ou ne l'est pas tout &#224; fait assez ; ce serait &#171; quelque chose &#187; entre les deux qu'elle voudrait. Le vendeur, navr&#233;, s'excuse tout en expliquant qu'il serait difficile de trouver une nuance aussi pr&#233;cise, mais que faire ?&#8230; La femme a &#171; son id&#233;e &#187;. Elle remercie et va voir dans un autre magasin. L'homme reste toujours &#233;tonn&#233; en face d'une femme qui, devant un miroir, arrange ses cheveux &#224; la mode &#171; n&#233;glig&#233;e &#187;. Elle tire cette m&#232;che, d&#233;place celle-l&#224;, arrondit cette autre. Par ce soin extr&#234;me, elle parvient &#224; faire de ce beau d&#233;sordre une coiffure charmante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sensibilit&#233; diff&#233;rentielle permet &#224; la femme d'ajuster les couleurs, les lignes, les odeurs, les sentiments en des ensembles qui, parvenus &#224; un certain taux d'harmonie, charment la sensibilit&#233; masculine. Le charme est une impression d&#233;licate, doucement p&#233;n&#233;trante, n&#233;e de tout un jeu de nuances finement coordonn&#233;es. L'homme, qui ne saisit pas avec nettet&#233; ce jeu des nuances, reste subjugu&#233; par l'impression que d&#233;gage l'ensemble, sans pouvoir en conna&#238;tre avec pr&#233;cision la raison. Le pouvoir du charme f&#233;minin est consid&#233;r&#233; par l'homme comme un pouvoir myst&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la sensibilit&#233; f&#233;minine pr&#233;sente une nette pr&#233;dominance des sensibilit&#233;s sentimentale et physiologique, tout en &#233;tant tr&#232;s caract&#233;ris&#233;e par sa finesse. C'est une sensibilit&#233; &#224; nuances qui s'achemine vers le charme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Intelligence : homme et femme</title>
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&lt;p&gt;Les hommes ont une tendance &#224; r&#233;duire l'intelligence &#224; une de ses formes : la raison. Aussi t&#233;moignent-ils de la consid&#233;ration &#224; ceux qui construisent une argumentation logique, proc&#232;dent dans leur pens&#233;e par &#233;tapes, &#233;tablissent leurs croyances sur des th&#233;ories. Cette position intellectualiste jette un discr&#233;dit sur l'intuition qui est plus tol&#233;r&#233;e qu'appr&#233;ci&#233;e. Les femmes intellectualis&#233;es partagent cette conception. Mais, dans l'existence quotidienne, elles reprennent habituellement, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les hommes ont une tendance &#224; r&#233;duire l'intelligence &#224; une de ses formes : la raison. Aussi t&#233;moignent-ils de la consid&#233;ration &#224; ceux qui construisent une argumentation logique, proc&#232;dent dans leur pens&#233;e par &#233;tapes, &#233;tablissent leurs croyances sur des th&#233;ories. Cette position intellectualiste jette un discr&#233;dit sur l'intuition qui est plus tol&#233;r&#233;e qu'appr&#233;ci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes intellectualis&#233;es partagent cette conception. Mais, dans l'existence quotidienne, elles reprennent habituellement, &#224; moins d'&#234;tre totalement d&#233;f&#233;minis&#233;es, une attitude d'intelligence intuitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intuition f&#233;minine, sous l'effet du pr&#233;jug&#233; pro-masculin, est trop souvent m&#233;sestim&#233;e. La femme finit m&#234;me par perdre confiance en son intelligence naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'homme et la femme, ne faisant pas un effort de respect mutuel, ne parviennent pas &#224; concilier leurs deux points de vue pour une meilleure compr&#233;hension du r&#233;el. Il s'ensuit des m&#233;sententes parfois tr&#232;s graves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mutisme masculin et r&#233;activit&#233; f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une discussion, l'homme essaie d'amener la femme &#224; ses conclusions &#224; l'aide d'un raisonnement logique. Il accumule des arguments ; il prend des faits, les consid&#232;re sous un certain angle, en extrait la valeur probatoire. Puis, encha&#238;nant les raisons, il tire des cons&#233;quences qui sont pour lui absolument convaincantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme intervient pendant son argumentation pour critiquer, il la prie d'attendre. Il est, en effet, difficile pour un esprit masculin d'exposer une pens&#233;e sans accomplir un mouvement lent et progressif de raisonnement. Toute intervention h&#226;tive d&#233;route l'homme et l'annihile dans sa r&#233;flexion. Souvent, en face des critiques de la part de son &#233;pouse, il pr&#233;f&#232;re rompre la conversation, ne pouvant exposer sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;action masculine est interpr&#233;t&#233;e comme un orgueil froiss&#233;. L'homme, disent les femmes, ne tol&#232;re pas d'&#234;tre contredit, surtout par son &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il n'en est rien. Mais l'existence en commun incite la femme &#224; prendre une plus grande libert&#233; &#224; l'&#233;gard de son mari. Elle ne se g&#234;ne plus pour dire son mot &#224; tout propos et hors de propos. L'homme essaie de se faire comprendre, mais, s'apercevant qu'il ne peut m&#234;me pas s'expliquer, il r&#233;agit violemment ou pr&#233;f&#232;re garder le silence. L'&#233;pouse, devant cette attitude, s'efforce ensuite de le d&#233;rider. Bloqu&#233;, il ne parvient plus &#224; parler. S'il rencontre une femme qui reste sur sa r&#233;serve et l'&#233;coute avec patience, il jouit d'une libert&#233; d'expression. C'est une des causes qui le poussent &#224; lier conversation avec les femmes &#233;trang&#232;res et &#224; se taire dans son foyer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Confrontation conjugale pour comprendre le r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle m&#233;prise de croire que l'homme veut toujours avoir raison ! Il d&#233;sire &#234;tre &#233;cout&#233; pour &#234;tre compris, mais non forc&#233;ment pour &#234;tre approuv&#233;. Il est heureux m&#234;me de rencontrer chez autrui une r&#233;sistance qui ne soit pas de l'ent&#234;tement, mais une occasion d'approfondir sa propre pens&#233;e. Il sollicite parfois des remarques sur l'insuffisance de son observation, sur l'interpr&#233;tation qu'il avance, sur un d&#233;faut de logique dans son argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans bien des cas, la femme affirme seulement sa position adverse d'une fa&#231;on cat&#233;gorique, sans se donner la peine de s'expliquer. Le mari sent que son &#233;pouse prend position contre lui. Il n'arrive pas &#224; d&#233;celer la nature de cette r&#233;sistance. Il interroge la femme. la questionne, attend avec patience un &#233;claircissement, une phrase, un mot, qui puissent lui faire comprendre pourquoi elle ne l'approuve pas. Malgr&#233; son insistance, il ne re&#231;oit comme r&#233;ponse qu'un mutisme encore plus ferm&#233;. Il recommence son argumentation et reprend point par point son raisonnement, &#233;piant un signe de t&#234;te, pour savoir si son &#233;pouse comprend et m&#234;me si elle &#233;coute&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions masculines peuvent alors &#234;tre profondes et d&#233;finitives. Lorsque le mari a jug&#233; de la mauvaise volont&#233; de sa femme, il tire un trait sur cet aspect de la vie conjugale et d&#233;sormais se tait. Il peut demander &#224; un ami en qui il a confiance de faire entendre raison &#224; son &#233;pouse qui &#233;coute, saisit la solidit&#233; du raisonnement et s'&#233;merveille de la haute intelligence de l'ami. Et pourtant les arguments sont les m&#234;mes que ceux du mari !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude but&#233;e de certaines femmes peut quelquefois provenir d'une r&#233;action en face du comportement de l'homme. Celui-ci ne prend pas toujours en suffisante consid&#233;ration ce que dit son &#233;pouse. Plus port&#233;e &#224; saisir le r&#233;el dans sa totalit&#233; concr&#232;te, la femme refuse d'admettre une argumentation o&#249; la logique, tr&#232;s solide, laisse &#233;chapper entre les mailles du raisonnement une grande partie de la r&#233;alit&#233;. Aussi s'efforce-t-elle d'avancer les faits qui semblent contredire l'opinion du mari. Lui n'&#233;coute pas et il croit que sa femme ne sait voir que les petits c&#244;t&#233;s du probl&#232;me. Au raisonnement, elle oppose le fait. Pour bien s'expliquer, elle donne des d&#233;tails. L'homme finit par estimer qu'elle est peu intelligente. Il le dit, le r&#233;p&#232;te et impose parfois silence &#224; celle qui voit quelquefois la r&#233;alit&#233; mieux que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;pris incite quelques femmes &#224; n&#233;gliger leur authentique intuition pour acqu&#233;rir des connaissances qui puissent leur donner une r&#233;putation d'intelligence sup&#233;rieure. Mais on oublie qu'instruction et intelligence sont deux r&#233;alit&#233;s distinctes, bien qu'elles puissent avoir des rapports &#233;troits entre elles. De plus, on ignore parfois que l'intuition est une forme d'intelligence qui n&#233;cessite pour s'accro&#238;tre un soin constant et d&#233;licat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'exposerai pas ici tout ce que l'observation m'autorise &#224; dire sur les connaissances intellectuelles de la femme. Il me sera peut-&#234;tre possible, un jour, d'envisager la question avec plus de d&#233;tails nuanc&#233;s. II suffit pour le moment de constater que la femme n'est pas condamn&#233;e par nature &#224; l'ignorance. Mais, en gros, son intelligence intuitive la pr&#233;dispose plus &#224; la culture g&#233;n&#233;rale qu'&#224; l'instruction, surtout si cette instruction s'oriente vers des mati&#232;res th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes, qui aiment parfois discuter avec celles qui raisonnent, sont souvent insatisfaits lorsqu'ils lient leur existence &#224; celle de ces femmes qui ne savent que ce qu'elles ont appris dans les livres. Au d&#233;but du mariage, les conversations sur des sujets litt&#233;raires, scientifiques, artistiques, philosophiques, vont bon train. Mais la vie conjugale n'est pas un simple &#233;change d'id&#233;es. Elle est une harmonisation de deux vitalit&#233;s compl&#233;mentaires. Les &#233;poux cessent bien vite leur dialogue pour se trouver dans une r&#233;alit&#233; vitale qui n'entre que tr&#232;s difficilement dans les conceptions th&#233;oriques. L'accord, qui n'a parfois eu lieu qu'au niveau superficiel des go&#251;ts, des id&#233;es, des conceptions, fait place &#224; des sentiments plus profonds qui peuvent se heurter avec violence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Compl&#233;mentarit&#233; parentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; constat&#233; que le point de vue masculin et le point de vue f&#233;minin sont diff&#233;rents devant une r&#233;alit&#233; vivante et concr&#232;te. Plus apte &#224; saisir les conditions ext&#233;rieures, l'intelligence masculine tend &#224; r&#233;duire &#224; une simple question de volont&#233; l'&#233;l&#233;ment psychique qui doit s'accorder avec les conclusions d'un raisonnement logique. En revanche, cette m&#234;me r&#233;alit&#233; est mieux per&#231;ue par la femme dans son originalit&#233; propre. Son intelligence en capte les sensations, les besoins, les aspirations. C'est dans la psychologie humaine qu'elle d&#233;couvre les probl&#232;mes individuels et qu'elle en cherche les solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le p&#232;re, s'int&#233;ressant &#224; l'instruction de son enfant, envisage les mati&#232;res &#224; &#233;tudier, la comp&#233;tence des professeurs, le temps n&#233;cessaire pour que l'instruction se d&#233;roule selon un rythme progressif : Mais il risque d'oublier que chaque &#233;l&#232;ve est une r&#233;alit&#233; psychique particuli&#232;re. Lorsque le petit rencontre des difficult&#233;s, l'homme n'y voit qu'une question de m&#233;thode scolaire. M&#234;me s'il a des connaissances th&#233;oriques de la psychologie enfantine, son manque d'intuition le rend impuissant &#224; intervenir sur l'heure avec efficacit&#233; ; le p&#232;re reconna&#238;t volontiers que le petit a rencontr&#233; des obstacles dans ses &#233;tudes pour raison de maladie ; mais est-ce la seule cause qui g&#234;ne la formation d'un petit &#233;colier ? Si les insucc&#232;s se multiplient, le p&#232;re se f&#226;che et, comparant les r&#233;sultats avec ceux qu'il a obtenus lorsqu'il &#233;tait lui-m&#234;me enfant, il se sent humili&#233;. Pour lui, aucune difficult&#233; : si son fils ne r&#233;ussit pas, c'est qu'il est paresseux. On ne peut pas expliquer autrement ces retards, car il ne peut y avoir de diff&#233;rence entre lui et son petit ; ne sont-ils pas du m&#234;me sang ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que l'intelligence f&#233;minine est l&#224; pour comprendre les avances et les retards du d&#233;veloppement psychique, avec les d&#233;viations, les heurts, les souffrances et les orientations particuli&#232;res. La m&#232;re explique &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;par l'int&#233;rieur&lt;/em&gt; son enfant. Elle trouve dans cette psychologie enfantine les r&#233;pugnances, les d&#233;couragements, les paresses, les d&#233;fauts qui acculent le petit &#224; des &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s. Bien qu'elle n'admette pas toujours les cons&#233;quences n&#233;fastes du comportement de l'&#233;colier, elle a une tendance &#224; donner plus de valeur &#224; cet &#233;l&#233;ment psychique qu'aux circonstances ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment peuvent surgir des discussions entre le p&#232;re et la m&#232;re. Si l'un ou l'autre des parents ne parvient pas &#224; comprendre le point de vue du conjoint - sans toutefois l'admettre n&#233;cessairement comme une raison suffisamment valable -, l'enfant, tiraill&#233;, en subit les cons&#233;quences n&#233;fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le p&#232;re n'&#233;coute pas les raisons qu'avance son &#233;pouse, l'enfant est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;coinc&#233;&lt;/em&gt; au milieu de difficult&#233;s insurmontables. La situation devient encore plus tragique lorsque, perdant son intelligence f&#233;minine, la m&#232;re devient incapable de saisir la psychologie enfantine ; le petit est alors &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;seul en lui-m&#234;me&lt;/em&gt; avec ses ennuis personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, si le p&#232;re ne r&#233;ussit pas &#224; faire admettre l'importance d'un plan g&#233;n&#233;ral de formation, l'enfant est &#233;duqu&#233; &#224; la &#171; petite semaine &#187;, au gr&#233; des influences passag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice humaine confront&#233;e &#224; cette compl&#233;mentarit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est encore cette double vision qui devrait &#234;tre celle de la Justice lorsque des &#234;tres humains sont jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'observation permet de d&#233;celer des r&#233;actions fondamentales des sexes apr&#232;s une sentence port&#233;e par le tribunal. Mais, ici, les hommes sentimentalistes d'une part et les femmes raisonneuses d'autre part brouillent souvent la v&#233;ritable valeur de la justice humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre possible une suffisante harmonie dans l'existence en soci&#233;t&#233;, les hommes ont &#233;tabli un certain nombre de lois auxquelles doit se conformer chaque individu. La culpabilit&#233; sociale est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;fonction de l'&#233;cart existant entre l'acte commis et la loi viol&#233;e&lt;/em&gt;. Cette perspective, ext&#233;rieure &#224; la vitalit&#233; intime de l'individu, est nettement la perspective masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position peut devenir exclusive &#224; certaines &#233;poques, dans certains pays et sous certains r&#233;gimes politiques. Elle est si &#233;crasante m&#234;me que les individus sont jug&#233;s, condamn&#233;s et ex&#233;cut&#233;s sans haine, uniquement parce qu'ils ne sont pas en harmonie avec les lois prescrites. Aucune consid&#233;ration, dans cette forme exclusive de justice, pour la vitalit&#233; personnelle qui n'est pas prise en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la femme consid&#232;re avec plus d'attention l'aspect psychique de la culpabilit&#233; individuelle. Cette perspective aboutit &#224; une meilleure compr&#233;hension du coupable en lui-m&#234;me. Elle permet de d&#233;couvrir les circonstances att&#233;nuantes, de les examiner et de les faire admettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux p&#233;riodes de sentimentalisme, ce point de vue domine la perspective masculine. Il s'ensuit un d&#233;s&#233;quilibre de la justice humaine qui passe d'une indulgence injustifi&#233;e pour le coupable &#224; la haine incontr&#244;l&#233;e en face d'innocents. Certains individus, de concert avec beaucoup de femmes, s'apitoient sur le criminel qui est si beau, si jeune, si plein de vie, alors qu'ils oublient que des petits n'ont plus de m&#232;re, qu'une femme est d&#233;sormais seule pour &#233;lever sa famille, que des parents n'ont plus leur enfant ; les avocats jouent sur la &#171; corde sentimentaliste &#187; devant un jury qui se laisse attendrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que dans une harmonie de la perspective masculine et de la perspective f&#233;minine que la justice humaine peut s'acheminer vers une meilleure compr&#233;hension des valeurs humano-sociales. On trouve ainsi un &#233;quilibre plus s&#251;r entre le respect de l'individu et l'int&#233;r&#234;t de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Loyaut&#233; masculine et sinc&#233;rit&#233; f&#233;minine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence d&#233;coule des aptitudes naturelles de l'intelligence masculine et de l'intelligence f&#233;minine ; l'homme para&#238;t plus loyal et la femme plus sinc&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;ducation morale rend difficile l'observation en ce domaine. Elle apporte des am&#233;liorations dans le comportement individuel et incite grandement l'homme &#224; se montrer sinc&#232;re et la femme &#224; devenir loyale. Il ne s'agit pas ici d'une appr&#233;ciation sur la conduite r&#233;elle des personnes, mais de la pr&#233;dominance de la tendance naturelle. Par nature, l'homme est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;plus port&#233;&lt;/em&gt; &#224; la loyaut&#233; et la femme &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;plus encline&lt;/em&gt; &#224; la sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'intelligence masculine am&#232;ne l'homme &#224; se consid&#233;rer comme une r&#233;alit&#233; d&#233;tach&#233;e de sa propre sensibilit&#233;. Quand il parle de lui-m&#234;me, il expose ses id&#233;es, ses conceptions, ses vouloirs ; il fait le r&#233;cit de sa conduite, met en avant les raisons qui la justifient &#224; ses yeux ; il reconna&#238;t assez facilement ses erreurs. Il ne se sent pas diminu&#233; pour autant. C'est une faiblesse passag&#232;re, une faute d'un moment, une malhonn&#234;tet&#233; qui aurait pu &#234;tre aussi bien accomplie par une autre personne. Bien que sensible &#224; sa d&#233;ch&#233;ance et &#224; sa culpabilit&#233;, il tend &#224; faire une nette s&#233;paration entre son comportement et sa valeur personnelle. Aussi avoue-t-il ses fautes plus ais&#233;ment que la femme. La tendance de l'homme &#224; reconna&#238;tre la valeur &#171; objective &#187; de sa conduite est la perspective de la loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude masculine peut &#234;tre brutale,. Le mari confesse simplement &#224; son &#233;pouse ses faiblesses. Quelquefois, sous l'apparence d'une &#171; indiff&#233;rence &#187;, il attend une aide morale. Mais, bless&#233;e par cet aveu si simple, la femme se r&#233;volte et croit d&#233;couvrir du cynisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle incompr&#233;hension provient du fait que l'&#233;pouse juge l'homme selon ce qu'elle est, car la femme ne se &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;cante&lt;/em&gt; pas d'elle-m&#234;me lorsqu'elle parle. Quand elle expose ses id&#233;es, elle r&#233;v&#232;le plut&#244;t ses sentiments qui peuvent &#234;tre pr&#233;sent&#233;s sous la forme trompeuse de notions. Quand elle d&#233;sire faire comprendre sa conduite, elle avance les raisons intimes &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;tr&#232;s profondes&lt;/em&gt; qui l'ont d&#233;cid&#233;e &#224; se comporter ainsi. Sa conduite n'est pas, en g&#233;n&#233;ral, fonction d'une ligne &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ext&#233;rieure&lt;/em&gt; &#224; sa propre vitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale est pour elle, avant tout, un ensemble de principes qui ne sont que l'expression de tendances profondes de sa vitalit&#233; humaine. En ce sens, la femme est plus profond&#233;ment morale que l'homme. Par suite, ses fautes sont davantage des manifestations de d&#233;viations vitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre une faiblesse, c'est donc pour la femme se sentir amoindrie, faire l'aveu de sa d&#233;ch&#233;ance, s'exposer au m&#233;pris. Elle refuse de se voir diminu&#233;e &#224; ses propres yeux et aux yeux des autres. Pour &#233;viter une telle cons&#233;quence, elle a tendance &#224; mentir, &#224; inventer, &#224; fausser l'objectivit&#233; des faits. Elle proclame qu'elle agit uniquement selon ses sentiments du moment, autrement dit en toute sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi l'homme est-il bien souvent d&#233;rout&#233; devant les appr&#233;ciations morales si vari&#233;es et si nuanc&#233;es de la femme. Apr&#232;s quelques exp&#233;riences f&#226;cheuses, il finit par douter de la sinc&#233;rit&#233; f&#233;minine. Il reste sur ses gardes et se demande avec anxi&#233;t&#233; si ce que son &#233;pouse lui dit aujourd'hui sera demain reconnu par elle comme ayant &#233;t&#233; dit la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce probl&#232;me de la psychologie f&#233;minine, il faut bien s'entendre sur le sens des mots. On parle de loyaut&#233; quand il s'agit de la reconnaissance d'une valeur appr&#233;ci&#233;e sous l'angle &#171; objectif &#187;, c'est-&#224;-dire quand l'individu se consid&#232;re comme s'il s'agissait d'une personne &#233;trang&#232;re. En revanche, la sinc&#233;rit&#233; est la conformit&#233; d'un comportement ext&#233;rieur avec les dispositions intimes de l'individu. Est loyal celui qui appr&#233;cie la valeur objective de son acte ; est sinc&#232;re la personne qui se conduit selon ses sentiments du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une femme juge son acte, elle l'estime avant tout sous l'angle de la sinc&#233;rit&#233;. Pour cela, elle doit se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat psychique qui l'a d&#233;termin&#233;e &#224; se comporter ainsi. Son &#233;talon de r&#233;f&#233;rence morale est donc constamment variable et nuanc&#233;. Elle para&#238;t se justifier &#224; chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons avoir une confirmation dans le fait que des femmes, se r&#233;f&#233;rant uniquement &#224; des principes moraux abstraits, jugent souvent impitoyablement les personnes qui s'en &#233;cartent. Si elles-m&#234;mes changent de sentiments, elles modifient leur comportement et leurs appr&#233;ciations. Les unes ou les autres critiqueront s&#233;v&#232;rement une telle dont l'existence n'est pas sans reproche. Mais qu'elles viennent &#224; faillir &#224; leur tour et qu'on leur rappelle leur intransigeance pass&#233;e, elles r&#233;pondent, un peu vex&#233;es, qu'il n'y a pas de comparaison &#224; faire puisqu'elles aiment, elles !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance naturelle de la femme &#224; se r&#233;f&#233;rer &#224; sa psychologie du moment pour porter un jugement de valeur sur sa conduite, entra&#238;ne une instabilit&#233; dans les jugements moraux. Si l'intuition f&#233;minine s'amoindrit, la personne n'a plus alors qu'un comportement bas&#233; sur une sensiblerie. Les r&#233;actions violentes et changeantes sont proclam&#233;es &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sinc&#232;res&lt;/em&gt;. La femme dit ce qu'elle &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;pense&lt;/em&gt;, fait ce qu'elle &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;juge &#234;tre bon&lt;/em&gt; et se moque de ce que peuvent croire les autres&#8230; elle est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sinc&#233;riste&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Convaincre son &#233;poux et persuader son &#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est encore dans une synth&#232;se des deux perspectives morales que l'&#234;tre humain peut porter sur lui-m&#234;me un jugement plus complet. Il est capable, d'une part, de mieux comprendre pourquoi il agit de la sorte et, d'autre part, d'appr&#233;cier la valeur de son acte par rapport &#224; des principes auxquels il d&#233;sire conformer sa conduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons bien saisi les deux perspectives fondamentales de l'intelligence humaine, nous sommes capables de mieux voir comment l'homme se laisse convaincre et comment la femme se laisse persuader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre convaincu, l'homme a besoin d'arguments et de conclusions logiques. Aussi la femme se sent-elle impuissante &#224; lui faire changer d'avis. Pour y parvenir, tant&#244;t elle s'efforce de l'amener &#224; son point de vue par des sentiments affectueux, tant&#244;t elle s'ing&#233;nie &#224; lui faire un raisonnement solide. Dans le premier cas, il c&#232;de sans &#234;tre convaincu ou r&#233;agit avec violence ; dans le second cas, il &#233;prouve une certaine r&#233;pulsion en face de la femme qui raisonne, alors qu'il se trouve &#224; l'aise en &#233;coutant l'&#233;pouse qui lui fait des remarques justes, pr&#233;cises et rapides. Cette r&#233;action masculine fait dire &#224; certaines femmes que l'homme ne voudrait surtout pas avoir une &#233;pouse aussi intelligente que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce jugement est f&#233;ministe, il n'est certainement pas f&#233;minin. Car la femme d'une certaine finesse d'intelligence comprend qu'il faut &#224; l'homme un temps pour &#234;tre convaincu. En effet, la pens&#233;e masculine &#233;tant structur&#233;e plus ou moins logiquement doit subir une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;malaxation&lt;/em&gt; int&#233;rieure pour se reconstituer sous une autre forme. Lorsque des hommes discutent entre eux, nous remarquons que ce sont des syst&#232;mes, des conceptions, des points de vue qui se heurtent, s'&#233;croulent, s'harmonisent. Mais l'individu, tout en admettant qu'il a &#233;t&#233; convaincu d'insuffisance intellectuelle, a besoin d'un temps pour r&#233;aliser une autre conception en tenant compte de l'id&#233;e de son interlocuteur. Il en est de m&#234;me dans une discussion avec une femme. Si l'&#233;pouse conna&#238;t la psychologie individuelle de son mari, elle sait faire les remarques qui arriveront &#224; le convaincre t&#244;t ou tard. Par un travail int&#233;rieur, le mari transforme peu &#224; peu sa pens&#233;e en tenant compte des r&#233;flexions exactes de son &#233;pouse. Ce n'est que lorsqu'il aura termin&#233; cette nouvelle structure &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;qu'il se sera convaincu&lt;/em&gt;. Il arrive m&#234;me parfois qu'il ne se souvient plus d'o&#249; lui vient la suggestion ; et il est tout heureux de r&#233;v&#233;ler &#224; son &#233;pouse la merveilleuse id&#233;e qui lui est venue&#8230; En fait, si la suggestion lui vient de sa femme, sa pens&#233;e structur&#233;e est bien de lui. L'homme s'est convaincu lui-m&#234;me, gr&#226;ce &#224; la d&#233;licate et fine intelligence f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un homme veut persuader une femme, il est surpris de la voir r&#233;sister &#224; une argumentation qui, pour la raison masculine, est d'une grande force probatoire. Il est d&#233;sappoint&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si nous observons la nature f&#233;minine dans sa modalit&#233; psychique de compr&#233;hension, nous d&#233;couvrons que la femme est persuad&#233;e au moment o&#249; ses sentiments ont atteint une suffisante synth&#232;se pour orienter cette intelligence vers l'id&#233;e dont on voudrait lui faire appr&#233;cier la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait faux de croire qu'il suffit de flatter la sensibilit&#233; f&#233;minine pour persuader la femme. Celle-ci peut donner un semblant d'adh&#233;sion uniquement pour ne pas d&#233;plaire. Mais l'intuition f&#233;minine est une v&#233;ritable exigence de vision interne. Gr&#226;ce &#224; des arguments, &#224; des faits, &#224; toute une d&#233;licatesse de sentiments, cette intelligence parvient &#224; saisir la r&#233;alit&#233; ; la femme &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;s'est persuad&#233;e par elle-m&#234;me&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi gr&#226;ce &#224; une synth&#232;se de ces deux formes d'intelligence, les &#234;tres humains peuvent saisir plus profond&#233;ment la r&#233;alit&#233; totale de la Vie. Ce n'est pas en se neutralisant mutuellement, mais en s'adaptant r&#233;ciproquement que ces deux visions s'enrichissent l'une l'autre. Raison et Intuition font Intelligence humaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sensibilit&#233; : homme</title>
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&lt;p&gt;La sensibilit&#233; a-t-elle sa place dans un authentique comportement masculin ? Il est des hommes qui se refusent &#224; toute manifestation d'&#233;motion ; cette attitude peut m&#234;me aboutir &#224; l'inhumain. Bien que les femmes accusent volontiers les hommes d'impassibilit&#233;, elles esquissent un mouvement de recul &#224; la vue de ceux qu'elles jugent trop impressionnables : elles estiment qu'ils ne sont pas assez virils. Grande &#233;nergie et grande expression de la sensibilit&#233; En observant les tout-petits, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La sensibilit&#233; a-t-elle sa place dans un authentique comportement masculin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des hommes qui se refusent &#224; toute manifestation d'&#233;motion ; cette attitude peut m&#234;me aboutir &#224; l'inhumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les femmes accusent volontiers les hommes d'impassibilit&#233;, elles esquissent un mouvement de recul &#224; la vue de ceux qu'elles jugent trop impressionnables : elles estiment qu'ils ne sont pas assez virils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Grande &#233;nergie et grande expression de la sensibilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En observant les tout-petits, nous remarquons que les gar&#231;onnets pleurent tr&#232;s souvent &#224; la moindre chute. Affal&#233;s par terre, ils attendent qu'on vienne les relever. Devenus plus &#226;g&#233;s, les mamans sont oblig&#233;es de leur faire honte : &#171; Voyons, un grand gar&#231;on comme toi qui pleure !&#8230; Tu n'es pas un homme. &#187; Et l'enfant essaie tant bien que mal de retenir ses larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quelques ann&#233;es plus tard, le gamin revient &#224; la maison, apr&#232;s une bonne partie de lutte, la culotte d&#233;chir&#233;e, tout suant, &#233;bouriff&#233;, sale, le genou ensanglant&#233;. La m&#232;re, mi-effray&#233;e mi-f&#226;ch&#233;e, le gronde tout en pansant la l&#233;g&#232;re blessure. En face des r&#233;actions de souffrance provoqu&#233;es par les soins n&#233;cessaires, elle s'impatiente : &#171; Tant pis pour toi, dit-elle, tu n'avais qu'&#224; ne pas t'amuser avec ces garnements&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeune homme, il fait du sport avec ardeur. Dans le feu des comp&#233;titions, il re&#231;oit des coups qui le meurtrissent. Les spectateurs sont &#233;tonn&#233;s de voir les &#233;quipiers, apr&#232;s des rencontres brutales, continuer la partie sans para&#238;tre incommod&#233;s. Parfois, un choc immobilise un joueur qui, reprenant ses esprits, revient dans la m&#234;l&#233;e. Ressentant une impression de moiteur, le sportif se t&#226;te et per&#231;oit du sang : il s'&#233;tait bless&#233; sans qu'il s'en dout&#226;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ne craint pas d'entreprendre des exploits qui n&#233;cessitent des privations, exigent des efforts, occasionnent des blessures. Il endure le froid, la faim, l'&#233;puisement pour faire l'ascension d'un pic. Il se r&#233;jouit &#224; la pens&#233;e de tenter la travers&#233;e d'une jungle o&#249; la soif et la fi&#232;vre le guettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intellectuel, lui aussi, s'acharne &#224; vaincre les difficult&#233;s rencontr&#233;es. Il passe des heures, des nuits m&#234;me, &#224; fatiguer ses yeux sur des textes. Il se confine dans un laboratoire, dans une biblioth&#232;que, dans une salle remplie d'archives poussi&#233;reuses. Certains s'astreignent &#224; se priver de tous les agr&#233;ments d'une existence mondaine. Ceux qui ne soup&#231;onnent pas la profondeur de cette vitalit&#233; consid&#232;rent avec &#233;tonnement, et parfois avec un peu de piti&#233;, ces gens qui passent leur temps parmi les &#233;prouvettes, les microscopes, les livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courage d'affronter les souffrances permet &#224; l'artiste de rechercher avec pers&#233;v&#233;rance la r&#233;alisation de sa vocation. Il sait par l'exp&#233;rience des autres que bien peu en ce domaine obtiennent de leur vivant argent et gloire. Malgr&#233; cet avenir incertain, il s'engage dans sa voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il supporte la mis&#232;re mat&#233;rielle, l'incompr&#233;hension, les injustices. Presque sans espoir il continue ses efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude courageuse a son revers. Revenu au calme apr&#232;s le match, le jeune homme se crispe, grimace, r&#233;agit pendant qu'on lui ajuste un pansement. Il endure avec peine le produit d&#233;sinfectant qui picote, le bandage qui serre, le mal qui lancine. L'homme tourne en rond et s'&#233;nerve lorsqu'il a mal aux dents. Il se tra&#238;ne et devient de mauvaise humeur d&#232;s la moindre courbature. Un simple embarras gastrique paralyse ses efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement appara&#238;t g&#233;n&#233;ral et constant au cours de l'existence de l'homme. Le p&#232;re se moque parfois de son fils qui pleure &#224; la plus petite souffrance. Mais si, par malheur, il se blesse &#224; son tour, il se montre difficile &#224; soigner. II se raidit ou regimbe, &#224; moins que, par politesse ou par affection, il ne se ma&#238;trise pour ne pas causer de peine &#224; la personne qui prend soin de lui. L'&#233;pouse craint souvent d'intervenir ; elle sait par exp&#233;rience que c'est toute une histoire de changer un pansement ; si elle commet la moindre maladresse qui provoque une douleur plus vive. elle est parfois mal remerci&#233;e de son d&#233;vouement : &#171; Ah ! ces hommes, se plaint-elle, ce sont des douillets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle conduite peut nous sembler de prime abord paradoxale. Comment expliquer qu'une nature aussi &#233;nergique devienne si peu courageuse en face d'une souffrance physiologique ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Puissante sensibilit&#233; physique, intellectuelle, artistique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous en d&#233;couvrons la raison dans les divergences d'orientation &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il est un fait que plus les forces sont abondantes dans une orientation d&#233;finie, plus l'individu est capable en ce domaine de go&#251;ter des joies profondes et de r&#233;sister &#224; la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne biologique nous aide &#224; mieux saisir pourquoi l'homme est naturellement plus apte &#224; prendre plaisir et &#224; supporter les souffrances dans les activit&#233;s physique, intellectuelle, artistique. C'est, en effet, dans ces perspectives d'action que l'&#234;tre masculin peut sentir sourdre au plus profond de lui-m&#234;me une sensation de pl&#233;nitude. L'impression est si forte &#224; un certain degr&#233; de d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique que l'individu n'h&#233;site pas &#224; s'imposer des sacrifices pour atteindre ces &#233;tats de vitalit&#233; intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, nous pouvons constater l'inverse : moins une nature poss&#232;de d'&#233;nergies dans une orientation, moins l'individu est capable de r&#233;sistance &#224; la souffrance et moins il go&#251;te de joies profondes, &#233;tant donn&#233; que la sensibilit&#233; en ce domaine devient superficielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, nous voyons les individus peu virils abandonner une activit&#233; physique d&#232;s qu'elle exige des sacrifices ; ils &#233;bauchent des efforts qui demeurent sans r&#233;sultats ; ils craignent les coups, redoutent les bousculades, se prot&#232;gent constamment de toute violence qu'ils qualifient de brutalit&#233;. Ils se targuent de facilit&#233; intellectuelle, se moquent de ces esprits &#171; lourds &#187; qui r&#233;fl&#233;chissent longuement, ridiculisent les pens&#233;es structur&#233;es avec logique. Ils pr&#233;f&#232;rent butiner pour cueillir, de ci de l&#224;, des id&#233;es &#233;parses qui leur donnent une apparence d'intelligence. Leur art est plus une fantaisie d'imagination qu'une r&#233;elle poursuite du beau. Aussi leur &#171; personnalit&#233; &#187; se r&#233;duit-elle &#224; une pauvre vitalit&#233; sans consistance. Incapables d'affronter l'aspect rebutant des efforts, ils ne parviennent pas aux joies d'une vie intens&#233;ment active. Ils fuient jusqu'&#224; la l&#226;chet&#233; les impressions p&#233;nibles et recherchent avec une avidit&#233; exacerb&#233;e les sensations agr&#233;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un autre fait biologique consiste dans un certain d&#233;s&#233;quilibre momentan&#233; de la sensibilit&#233; g&#233;n&#233;rale : plus une nature s'oriente intens&#233;ment selon une direction particuli&#232;re, plus elle montre une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;sensibilisation &lt;/em&gt;temporaire dans les autres domaines ; les &#233;nergies drainent avec elles une grande partie de l'impressionnabilit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne explique pourquoi le sportif de tout &#224; l'heure n'a pas ressenti en pleine action le coup qui l'a meurtri. &#192; son tour, l'intellectuel peut se concentrer si fortement sur un probl&#232;me qu'il n'&#233;prouve plus la souffrance qui le torturait. De son c&#244;t&#233;, l'artiste d&#233;sireux de capter un beau coucher de soleil est si passionn&#233;ment attentif devant son chevalet qu'il reste les pieds dans la neige sans en &#234;tre incommod&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sensibilit&#233; physiologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'homme est d'une sensibilit&#233; superficielle sur le plan physiologique et sur le plan sentimental. En ces domaines, il se montre donc tr&#232;s attir&#233; par les impressions agr&#233;ables et violemment rebut&#233; par les sensations p&#233;nibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi le voyons-nous g&#233;n&#233;ralement port&#233; aux plaisirs de la table ; il appr&#233;cie un bon plat, hume avec d&#233;lice la senteur d'un mets ; all&#233;ch&#233; par les odeurs de cuisine, le mari est tout content de se mettre &#224; table ; il se retourne avec gaiet&#233; vers son &#233;pouse et lui demande : &#171; Que nous as-tu fait de bon aujourd'hui ? &#187; Il appr&#233;cie un vin, claque la langue apr&#232;s une petite gorg&#233;e de liqueur. Il est tout fier d'offrir, presque confidentiellement, &#224; un ami une de ces bonnes bouteilles de derri&#232;re les fagots !&#8230; Si la nourriture est sans saveur, si la boisson n'a pas de bouquet, l'homme devient morose ; il fait un effort pour avaler le repas. Il faut bien malgr&#233; tout se nourrir. Il se rattrape en buvant davantage ; cela fait passer le reste&#8230; Quelquefois, il r&#233;agit devant un plat mal cuisin&#233; ; il dit m&#234;me cr&#251;ment son opinion &#224; sa femme ; vex&#233;e, l'&#233;pouse estime que les hommes sont tous des gourmands. Et, &#224; l'occasion, elle confiera &#224; sa voisine une recette pour retenir le mari &#224; la maison &#171; C'est un bon moyen, croyez-moi, la cuisine&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impressionnabilit&#233; masculine est tr&#232;s grande &#224; l'&#233;gard de la beaut&#233; physique de la femme. L'homme est vivement attir&#233; par un beau visage, une silhouette &#233;l&#233;gante, un sourire avenant. En revanche, un physique difforme, une physionomie laide, des attitudes &#233;quivoques le rebutent. Il doit faire effort pour embrasser une personne dont l'ext&#233;rieur l'impressionne d&#233;favorablement ; il surmonte p&#233;niblement ses r&#233;pugnances malgr&#233; toute son affection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sensibilit&#233; sexuelle de l'homme est tr&#232;s vive. Les sensations apparaissent violentes, imp&#233;rieuses, obs&#233;dantes. Il lui faut une volont&#233; tr&#232;s ferme pour parvenir &#224; la ma&#238;trise de lui-m&#234;me. De telles impressions peuvent m&#234;me se d&#233;rouler en dehors de tous sentiments. Il n'y a pas une d&#233;pendance &#233;troite entre les sensations sexuelles et la vitalit&#233; sentimentale. Le lien qui les unit est l&#226;che, distendu et para&#238;t parfois inexistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les forces physiques de l'homme s'amoindrissent, une raideur envahit le comportement masculin. L'individu se tend de plus en plus pour maintenir son rythme d'activit&#233;, se crispe devant la moindre r&#233;sistance, s'emporte contre son entourage. Si on lui conseille d'aller consulter un docteur, il se f&#226;che ; il ne veut en aucune fa&#231;on entendre parler de m&#233;decin, de rem&#232;de, de repos ; cela passera, et d'ailleurs&#8230; il n'a rien. Au bout d'un temps, on finit par croire que son caract&#232;re a bien chang&#233;. En r&#233;alit&#233;, il s'agit d'une tension int&#233;rieure qui augmente avec la faiblesse provoqu&#233;e par une maladie insidieuse ou par la vieillesse. Certains futurs malades sont parfois insupportables ; des vieillards qui luttent sans r&#233;pit contre un d&#233;clin progressif et in&#233;luctable deviennent acari&#226;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne disposant que de peu de forces physiologiques, l'homme est vite au bout de sa tension. &#192; un certain moment d'affaiblissement, il subit un craquement dans sa r&#233;sistance ; il s'abandonne alors. Les infirmi&#232;res remarquent que les malades sont souvent de grands enfants, bien qu'il faille prendre des pr&#233;cautions pour ne pas les heurter en les traitant trop ouvertement comme tels. La sensibilit&#233; masculine devient si vive qu'elle est meurtrie par les moindres ind&#233;licatesses et apais&#233;e par les plus petites gentillesses. Les m&#233;decins ne comprennent pas toujours ce changement de psychologie chez les malades alors que les infirmi&#232;res, finement maternelles, savent entourer discr&#232;tement leurs patients d'une douceur qui calme et r&#233;conforte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pressentant son incapacit&#233; de r&#233;sistance, l'homme s'effraie souvent &#224; la pens&#233;e d'un traitement &#224; suivre, d'un repos &#224; observer, d'une intervention chirurgicale &#224; subir. La femme le croit m&#234;me l&#226;che. L'individu peut alors se renfrogner et devenir bourru. Rong&#233; par l'inqui&#233;tude, il garde le silence. Quelquefois, il veut se donner une allure d'indiff&#233;rence ; il parle de son mal avec d&#233;sinvolture ; il plaisante m&#234;me sur sa prochaine op&#233;ration. Ceci n'est rien, il en a vu bien d'autres !&#8230; Derri&#232;re cette attitude peu naturelle se dissimule une peur atroce qui le tenaille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sensibilit&#233; sentimentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'impuissance masculine en face des impressions ressenties est aussi tr&#232;s visible dans le domaine de la sentimentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'un sentiment heureux de quelque intensit&#233; appara&#238;t dans cette psychologie, l'homme perd imm&#233;diatement une grande partie de ses moyens. Paralys&#233;, il ne trouve plus les mots pour exprimer sa joie ; son visage s'&#233;claire ; il sourit b&#233;atement. Bien vite il essaie de d&#233;tourner la conversation sur des sujets banals. Les &#233;motions l'&#233;puisent, il a soif. Il faut remarquer avec quelle gaucherie certains assistent &#224; un mariage qui les &#233;meut. Les p&#232;res des jeunes mari&#233;s doivent faire un effort sur eux-m&#234;mes pour se donner un peu de souplesse. Le jeune papa qui apprend la bonne nouvelle de la naissance de son enfant devient tout dr&#244;le, presque sot. Il regarde d'un air h&#233;b&#233;t&#233; l'infirmi&#232;re ; la joie l'&#233;crase. Parfois, l'homme ne contr&#244;le plus ses r&#233;actions ; les sentiments de bonheur fusent en tous sens ; il parle, rit, fait des gestes. Son comportement excit&#233; d&#233;note un bouleversement psychique que l'individu ne parvient pas &#224; ma&#238;triser ; il ne per&#231;oit m&#234;me pas le c&#244;t&#233; comique et ridicule de ses attitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'homme est cruellement bless&#233; dans ses sentiments, il se raidit de toutes ses forces. Pour supporter la sensation douloureuse, il &#233;vite de rel&#226;cher sa tension int&#233;rieure qui le durcit. On a l'impression d'un &#233;tat psychique pr&#234;t &#224; craquer. Sous l'effet de cet effort de r&#233;sistance, des d&#233;charges &#233;nerg&#233;tiques engorgent l'organisme. L'individu se sent emport&#233; par des pouss&#233;es difficilement ma&#238;trisables. Ces d&#233;bordements peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;s par une simple attitude de m&#233;pris, d'ironie ou d'indiff&#233;rence de la part de la personne qui, involontairement ou de bon gr&#233;, est la cause de cette torture morale. Incapable de contenir ses &#233;nergies qui l'envahissent, l'homme est d&#233;cha&#238;n&#233;. Alors l'id&#233;e qui servait &#224; orienter sa tension interne, devient une id&#233;e fixe qui dirige les gestes du meurtrier. Dans une semi-conscience, il s'acharne sur sa victime jusqu'&#224; &#233;puisement de ses forces. Cet envahissement de l'organisme est si intense qu'aucun souvenir pr&#233;cis ne subsiste dans la m&#233;moire qui n'a pu fonctionner normalement. Bien que l'individu n'ait aucune d&#233;fectuosit&#233; mentale, il sort soulag&#233;, hagard, &#233;puis&#233; de cette crise ; il se demande comment il a pu en &#234;tre arriv&#233; l&#224; et il se pose cette question tr&#232;s loyalement ; il ne sait que dire : &#171; J'ai eu un coup de sang &#187; ou : &#171; J'ai vu rouge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faible r&#233;sistance morale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'homme est, en effet, vite au bout de ses forces de r&#233;sistance morale. Il ne peut supporter longtemps les cris, les pleurs, les g&#233;missements des &#234;tres qui lui sont chers. Un moment concentr&#233; en lui-m&#234;me, il &#233;prouve des bouff&#233;es de violence ; il se retourne alors avec impatience contre la cause qui le fait atrocement souffrir ou, s'il le peut, s'en &#233;loigne. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;venants envers leurs &#233;pouses malades, certains maris, ne pouvant plus supporter la vision de telles douleurs, laissent leurs femmes seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vue d'une souffrance est pr&#233;cis&#233;ment intol&#233;rable &#224; l'homme. Il d&#233;tourne volontiers son regard pour ne pas percevoir un malheureux sur la rue ; ressentant trop vivement l'humiliation que peut &#233;prouver un vrai mendiant, il n'ose pas faire l'aum&#244;ne en public. Certains m&#233;decins h&#233;sitent &#224; t&#233;moigner de la sympathie au malade lorsque le patient est dans un &#233;tat extr&#234;me. D&#232;s qu'ils ne disposent plus de moyens m&#233;dicaux efficaces pour &#233;viter l'&#233;v&#233;nement fatal, ils craignent d'entrer dans la chambre du moribond. D&#233;sarm&#233;s en face d'une souffrance qu'ils ne peuvent m&#233;dicalement soulager, ils regardent le patient avec compassion sans dire un mot, cherchant &#224; s'&#233;loigner le plus t&#244;t possible sans trop savoir comment s'y prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques individus en sont arriv&#233;s &#224; pr&#233;coniser l'euthanasie ; ils croiraient faire &#339;uvre d'humanit&#233; en tuant l&#233;galement ceux qui souffrent. Cependant, lorsque nous regardons de plus pr&#232;s les pr&#233;textes invoqu&#233;s et surtout les cas cit&#233;s, nous constatons qu'il s'agit souvent de supprimer tout simplement ceux qui, par leurs douleurs ou par leurs infirmit&#233;s, font souffrir leur entourage. C'est ainsi qu'un homme aurait voulu que la Loi permit l'application de l'euthanasie pour tuer son propre fils, aveugle-n&#233;. Je lui r&#233;torquai que ces infortun&#233;s ne souffraient pas moralement d'un manque dont ils ignoraient l'importance, qu'ils &#233;taient, en g&#233;n&#233;ral, joyeux et qu'ils n'&#233;prouvaient aucune envie d'&#234;tre supprim&#233;s. &#192; bout d'arguments, cet homme avoua qu'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;il souffrait trop&lt;/em&gt; &#224; la pens&#233;e que son petit ne pourrait jamais le voir. En fait, il s'agissait pour ce malheureux &#171; p&#232;re &#187; de tuer l&#233;galement l'enfant dont la seule pr&#233;sence &#233;tait pour lui une cause permanente de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impuissant &#224; maintenir longtemps sa r&#233;sistance morale, l'homme essaie de trouver un d&#233;rivatif. Il t&#226;che de devenir insensible sur le plan physiologique ou sentimental en s'engageant &#224; fond dans une activit&#233; physique, intellectuelle ou artistique. On s'imagine parfois qu'il essaie uniquement d'oublier. Certes, accapar&#233; par d'autres soucis, il songe moins &#224; la cause de sa peine ; mais il parvient aussi &#224; r&#233;aliser la possibilit&#233; de penser &#224; son malheur sans en &#233;prouver les effets cruels. &#201;puis&#233;, il est moins sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, l'homme ne prend pas toujours ce moyen &#233;nergique. Il tente de d&#233;tourner son attention en flattant sa sensibilit&#233; physiologique ; il se met &#224; fumer de plus en plus ; une cigarette n'attend pas l'autre ; l'app&#233;tit diminue ; sa tension interne lui contracte l'estomac ; une forte d&#233;shydratation se produit ; il se d&#233;salt&#232;re ; mais sa peine le tenaille ; il a toujours soif ; il boit de plus en plus&#8230; Les boissons fortes lui donnent du c&#339;ur &#224; l'ouvrage et endorment la sensibilit&#233; ; la m&#233;moire est obnubil&#233;e ; les souvenirs douloureux s'estompent un moment. L'homme obtient ainsi un petit instant de r&#233;pit ; mais, peu &#224; peu, la r&#233;alit&#233; r&#233;appara&#238;t plus p&#233;nible ; la souffrance se fait plus torturante ; le malheureux se tend &#224; nouveau et il boit encore. La volont&#233; s'amenuise, le d&#233;go&#251;t s'empare de cet &#234;tre qui a pris une habitude dont il n'est plus ma&#238;tre. Vient alors la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tancher une soif provoqu&#233;e par la douleur ; le besoin de se d&#233;tendre un peu, le d&#233;sir de fuir la r&#233;alit&#233; entra&#238;nent vers l'alcoolisme l'homme qui souffre moralement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faible sensibilit&#233; en apparence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous consid&#233;rons le comportement masculin dans son ensemble, nous observons qu'il est g&#233;n&#233;ralement placide. L'individu regarde autour de lui sans s'&#233;mouvoir ; il marche avec lenteur et accomplit des gestes pos&#233;s qu'il coordonne ais&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sensations physiques peu violentes ne l'incommodent gu&#232;re ; il semble m&#234;me ne pas les &#233;prouver ; en fait, il peut les ressentir, mais les impressions insuffisamment intenses ne provoquent pas chez lui des mouvements d'adaptation. Aussi pr&#233;f&#232;re-t-il supporter des sensations m&#234;me d&#233;sagr&#233;ables plut&#244;t que de faire un effort pour les &#233;viter. Il para&#238;t alors insouciant ; il ne se donne pas toujours la peine d'ajuster son &#233;charpe autour du cou, de mettre un tricot avant de sortir par une temp&#233;rature froide ; il n'aime gu&#232;re se charger d'un pardessus un peu encombrant pour voyager, m&#234;me si le temps est incertain. La femme veille &#224; ce que son &#233;poux, son fils, son jeune fr&#232;re ne se n&#233;gligent pas trop sous cet angle ; elle arrange le cache-nez, boutonne la veste, rel&#232;ve le col.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de l'homme vient du fait que sa sensibilit&#233; n&#233;cessite un &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;taux &#233;lev&#233;&lt;/em&gt; d'intensit&#233; de stimulation pour &#234;tre affect&#233;e. Le comportement masculin pr&#233;sente donc une certaine ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des stimulants que lui fournissent les milieux interne et externe. Il suffit, par suite, &#224; l'individu d'une simple ma&#238;trise de lui-m&#234;me pour diriger, canaliser, calmer ses r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face d'impressions sentimentales, l'homme para&#238;t impassible. Il en &#233;prouve difficilement les nuances qui lui &#233;chappent en grande partie. Il ne s'&#233;meut pas pour une parole quelque peu ind&#233;licate, ne r&#233;agit pas en face d'une attitude qui pourrait blesser une sensibilit&#233; fine ; la femme s'&#233;nerve parfois en voyant son mari si calme ; elle l'accuse m&#234;me de veulerie, en face de r&#233;flexions qu'elle n'aurait pas laiss&#233;es sans r&#233;ponse&#8230; et quelle r&#233;ponse ! Il a quelquefois des difficult&#233;s &#224; faire comprendre &#224; son &#233;pouse qu'il s'est contenu pour pouvoir remettre la personne &#224; sa place lorsqu'il en estimera l'opportunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoin d'intenses stimulations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'homme a besoin d'intenses sensations pour que sa sensibilit&#233; soit affect&#233;e. Aussi recherche-t-il ce qui peut lui procurer de vives stimulations. Il pr&#233;f&#232;re les mets fortement assaisonn&#233;s, les vins au bouquet bien caract&#233;ris&#233;. Pour se procurer des impressions intenses, les gar&#231;ons d&#233;valent la pente &#224; bicyclette, p&#233;dalant de toutes leurs forces ; ils glissent le long de la rampe de l'escalier au risque d'accident. Leur imagination fertile en trouvailles nouvelles et impr&#233;vues les incite &#224; se livrer derri&#232;re le dos du surveillant &#224; de petits jeux dangereux. C'est un gamin qui s'amuse &#224; se laisser rouler sur une descente abrupte, c'est l'autre qui t&#226;che de plonger dans la mer du haut d'un rocher escarp&#233;&#8230; Les hommes manifestent cette m&#234;me recherche de sensations fortes. Certains se courbent sur leurs &#171; motos &#187;, font vrombir le moteur, acc&#233;l&#232;rent au maximum ; d'autres prennent plaisir &#224; faire crisser les pneus de leurs automobiles. Que d'accidents viennent de ce d&#233;sir de se procurer des impressions qui grisent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensit&#233; est fonction non seulement de la force du stimulant en lui-m&#234;me, mais encore de la diff&#233;rence existant entre les diverses sensations &#233;prouv&#233;es. Ainsi une lumi&#232;re vive par elle-m&#234;me impressionne plus fortement lorsqu'elle succ&#232;de &#224; un &#233;tat d'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc naturel que l'homme recherche les effets de contrastes. En effet, il appr&#233;cie mieux un repas lorsque les plats se suivent avec des diff&#233;rences de saveurs bien nettes ; c'est pour lui une v&#233;ritable symphonie gustative o&#249; les mets se rehaussent mutuellement. Un tableau, une musique, une po&#233;sie ne plaisent &#224; la sensibilit&#233; masculine que dans la mesure o&#249; les couleurs, les sonorit&#233;s, les id&#233;es accentuent l'effet d'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la sensibilit&#233; de l'homme appara&#238;t tr&#232;s nettement caract&#233;ris&#233;e &#224; la fois par la n&#233;cessit&#233; d'un taux &#233;lev&#233; d'intensit&#233; et par un grand &#233;cart diff&#233;rentiel. C'est donc une sensibilit&#233; &#224; stimulations fortes et &#224; contrastes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Volont&#233; : homme</title>
		<link>https://www.famille-pyrat.info/Volonte-homme.html</link>
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&lt;p&gt;Chaque fois que nous &#233;tudions une partie fondamentale de la psychologie humaine, nous aboutissons &#224; un donn&#233; dont la nature intime nous &#233;chappe. Notre observation ne devient claire qu'au moment o&#249; les caract&#233;ristiques sont suffisamment accentu&#233;es pour que nous puissions nous en rendre compte. Il en r&#233;sulte des m&#233;prises en ce qui concerne la volont&#233;. Ainsi voyons-nous certains prendre pour une attitude volontaire un pur caprice, tandis que d'autres nient tout bonnement que l'&#234;tre humain (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque fois que nous &#233;tudions une partie fondamentale de la psychologie humaine, nous aboutissons &#224; un &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;donn&#233;&lt;/em&gt; dont la nature intime nous &#233;chappe. Notre observation ne devient claire qu'au moment o&#249; les caract&#233;ristiques sont suffisamment accentu&#233;es pour que nous puissions nous en rendre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte des m&#233;prises en ce qui concerne la volont&#233;. Ainsi voyons-nous certains prendre pour une attitude volontaire un pur caprice, tandis que d'autres nient tout bonnement que l'&#234;tre humain soit capable de ma&#238;triser son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un examen approfondi peut r&#233;pondre &#224; ce nouveau probl&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volont&#233; enfantine et &#233;ducation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout b&#233;b&#233;, l'enfant est attir&#233; par ce qui flatte sa sensibilit&#233; ; il tourne son regard vers ce qui scintille, tend sa main vers un morceau de sucre, un biscuit, un bonbon ; il cherche &#224; prendre ce qui est &#224; sa port&#233;e ; cette tendance d'accaparement devient de plus en plus imp&#233;rieuse et provoque pleurs et col&#232;res d&#232;s qu'on s'y oppose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une &#233;ducation doucement ferme ne mod&#232;re ce penchant, le gar&#231;on se montre de plus en plus exigeant. Ses go&#251;ts se multiplient en devenant superficiels ; &#224; peine a-t-il satisfaction qu'il convoite autre chose. Tiraill&#233; par une sensibilit&#233; versatile, il se cabre d&#232;s qu'on refuse de le contenter ; il insiste en se montrant souvent impertinent ; il se f&#226;che, hurle et m&#234;me se roule par terre. Quelques parents croient que l'enfant fait preuve d&#233;j&#224; d'une forte volont&#233;. Cette illusion les rend imprudemment fiers. Bien plus, ils craignent m&#234;me de faire na&#238;tre un complexe en s'opposant au moindre d&#233;sir du petit. Pour aider au d&#233;veloppement de cette &lt; personnalit&#233; &#187;, ils consultent le gar&#231;on sur tout ce qui le concerne, le conseillent sans lui imposer aucune obligation. Aussi finissent-ils toujours par c&#233;der en lui laissant faire ses &#171; quatre volont&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ducateurs perspicaces, eux, ne se laissent pas berner. Ils d&#233;couvrent dans cette attitude un pur caprice qui est l'indice d'une incapacit&#233; de dominer la sensibilit&#233; flatt&#233;e. Avec une fermet&#233; appropri&#233;e &#224; l'&#226;ge et au caract&#232;re particulier de l'enfant, ils forcent le gar&#231;on &#224; ma&#238;triser ses envies. Le petit doit alors faire effort sur lui-m&#234;me pour ne pas plonger son doigt dans le pot de confiture, pour ne pas d&#233;rober un morceau de g&#226;teau, pour ne pas accaparer le jouet de son fr&#232;re. Il apprend ainsi &#224; r&#233;aliser un commencement de tension interne qui fait surgir des &#233;nergies volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es, la sensibilit&#233; du gar&#231;on s'accro&#238;t. Pendant une longue p&#233;riode la ma&#238;trise sera encore une affaire de lutte. Les impressions devenant plus vives, les r&#233;actions sont plus violentes. Pour les calmer, les diriger, les dominer, le jeune homme doit se tendre de tout son &#234;tre, au prix, parfois, de rudes souffrances. Si les &#233;ducateurs savent doser intelligemment les exigences impos&#233;es, cette nature sensible commence, gr&#226;ce &#224; une tension volontaire, &#224; se lib&#233;rer de son milieu. Moins d&#233;pendant des stimulants fortuits, il &#233;chappe progressivement &#224; l'emprise tyrannique de sa propre sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette progression vers la ma&#238;trise de soi est encore compliqu&#233;e par la spontan&#233;it&#233;. Durant de longues ann&#233;es, cette jeune nature lib&#232;re des &#233;nergies par fortes pouss&#233;es internes. Le gar&#231;on est entra&#238;n&#233; par des impulsions qui le rendent turbulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;ducateurs dosent les instants de d&#233;tente et de calme, l'enfant ne se trouve pas en face de forces incontr&#244;lables. Adroitement &#233;duqu&#233;, il apprend &#224; orienter ses puissances naissantes, &#224; les r&#233;gulariser, &#224; les adapter aux circonstances de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;ducation qui se contenterait de ce c&#244;t&#233; n&#233;gatif, mais absolument &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;indispensable&lt;/em&gt;, aboutirait &#224; une volont&#233; tronqu&#233;e. Il faut chercher aussi &#224; r&#233;aliser la tension interne d'une fa&#231;on directe. Il est n&#233;cessaire que cette formation commence tr&#232;s t&#244;t pour se poursuivre jusqu'&#224; la maturit&#233; biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette fin, les &#233;ducateurs placent l'enfant devant des obligations proportionn&#233;es &#224; son &#226;ge, &#224; ses capacit&#233;s, &#224; son temp&#233;rament. Ils exigent avec fermet&#233; une concentration soutenue jusqu'&#224; l'accomplissement de l'obligation impos&#233;e. Il est indispensable que le gar&#231;on parvienne &#224; remplir lentement mais avec conscience une page d'&#233;criture, &#224; savoir avec exactitude sa le&#231;on, &#224; r&#233;diger tr&#232;s proprement son devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il faille rendre attrayantes ces obligations, il est in&#233;vitable que l'enfant ne les trouve pas toujours tr&#232;s agr&#233;ables. La paresse, l'imagination vagabonde, les distractions, les jeux contrecarrent souvent la r&#233;alisation de cette formation. Aussi est-il indispensable de savoir recourir &#224; des sanctions. Coinc&#233; entre la menace d'une punition et l'impression rebutante d'un effort, le gar&#231;on opte pour le d&#233;passement de lui-m&#234;me lorsqu'il conna&#238;t la fermet&#233; de l'autorit&#233; &#224; laquelle il est soumis. Ce n'est pas toujours par id&#233;al, comme le pr&#233;tendent des &#233;ducateurs quelque peu na&#239;fs, que l'enfant se surpasse. La n&#233;cessit&#233; d'&#233;viter une sanction r&#233;ussit l&#224; o&#249; des encouragements, des promesses de r&#233;compenses, des &#171; discours sur l'avenir &#187; &#233;chouent pitoyablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;ducation est men&#233;e avec constance et progression, le gar&#231;on acquiert la possibilit&#233; de se concentrer de plus en plus profond&#233;ment, de diriger ses efforts et de soutenir sa tension jusqu'&#224; l'aboutissement de son travail. Sa spontan&#233;it&#233; et sa r&#233;activit&#233;, ma&#238;tris&#233;es, ne viennent plus troubler &#224; tout instant cette concentration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, cette formation masculine devient l'&#339;uvre commune de l'&#233;duqu&#233; et de l'&#233;ducateur. Le jeune homme prend peu &#224; peu sa responsabilit&#233;. Il est &#224; m&#234;me d'endosser les exigences de sa propre conduite ; capable de disposer de ses &#233;nergies, il s'oriente vers une l&#233;gitime ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Observation de l'homme sensible et sans volont&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand l'homme de temp&#233;rament sensible n'a pas de volont&#233;, il se montre un pur r&#233;actif. D&#232;s qu'un stimulant l'impressionne favorablement, il met tout en &#339;uvre pour se satisfaire ; il est susceptible de trahir ses anciennes amiti&#233;s, de dilapider ses biens mat&#233;riels, de manquer &#224; sa parole pour suivre ses nouveaux &#171; go&#251;ts &#187; qu'il qualifie bien souvent du mot pompeux d' &#171; id&#233;al &#187; ou d' &#171; amour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses nouvelles exigences sont imp&#233;rieuses ; il ne veut tol&#233;rer aucun retard &#224; sa &#171; volont&#233; &#187; de satisfaction. Il ne peut supporter m&#234;me l'id&#233;e d'une simple restriction sans crier &#224; l'amputation de sa &#171; personnalit&#233; &#187;. Devenu psychologiquement sauvage, il r&#233;clame sans cesse la &#171; libert&#233; &#187;, alors qu'il est esclave de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impuissance &#224; ma&#238;triser sa sensibilit&#233; le rend inapte &#224; la vie sociale. Il r&#233;clame, avec autant d'exigence qu'il le faisait jadis pour obtenir un bonbon, d'&#234;tre trait&#233; en homme. Mais si on le met au pied du mur en lui donnant des responsabilit&#233;s, il n'arrive pas &#224; se soumettre &#224; une discipline r&#233;alisatrice. Son incapacit&#233; de surmonter les difficult&#233;s r&#233;elles l'accule &#224; des d&#233;ceptions ; d&#233;cid&#233;ment cette soci&#233;t&#233; d'arrivistes, de &#171; pantouflards &#187;, d'&#233;go&#239;stes ne respecte pas sa personnalit&#233; &#171; exceptionnelle &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi d&#233;sire-t-il une r&#233;forme compl&#232;te de ladite soci&#233;t&#233;. Il voudrait la rendre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;humaine&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire en r&#233;alit&#233; la transformer en une source de satisfactions pour ses caprices. Devant la rudesse de l'existence, il &#233;prouve des envies de tout faire sauter &#224; la dynamite. Ce r&#233;volutionnaire d'impuissance est heureusement musel&#233; en p&#233;riode de calme social ; il ne lui reste que la possibilit&#233; de se plaindre, de critiquer, de r&#233;clamer. Si des troubles bouleversent la soci&#233;t&#233;, il devient le &#171; pur &#187;, le &#171; vrai &#187;, l' &#171; intransigeant &#187;. Cette attitude le conduit g&#233;n&#233;ralement aux pires crimes sous le couvert d'un &#171; id&#233;al &#187;. Cette sensibilit&#233; exacerb&#233;e peut tr&#232;s bien se satisfaire sous une apparence de froideur, d'indiff&#233;rence, de ma&#238;trise de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'individu ne parvient pas &#224; dominer sa spontan&#233;it&#233;, nous le voyons se d&#233;mener sans r&#233;pit. Toujours en qu&#234;te de quelque action, il s'engage d&#232;s que la moindre possibilit&#233; lui est offerte ; mais en face des difficult&#233;s croissantes, il abandonne pour se jeter dans une autre direction. Sans mesurer ses capacit&#233;s, il s'&#233;lance, tout &#233;tonn&#233; ensuite que les &#233;checs se multiplient. Cependant, il ne se lasse pas ; il reste optimiste ; la &#171; passivit&#233; &#187; des autres l'exasp&#232;re ; il voudrait les secouer afin de les r&#233;veiller de leur &#171; torpeur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bordement d'&#233;nergies incontr&#244;l&#233;es maintient cette nature en action jusqu'au moment o&#249; la maladie l'arr&#234;te dans son &#233;lan. Incapable de r&#233;aliser une vraie tension d'effort, le spontan&#233; se trouve subitement d&#233;muni de forces. Il se plaint alors, languit, se tra&#238;ne d&#233;s la plus petite difficult&#233; physiologique. Nous sommes tout &#233;bahis et m&#234;me apeur&#233;s en voyant des individus si ardents quelque temps auparavant n'&#234;tre plus que de pauvres &#234;tres amorphes. En g&#233;n&#233;ral, ces temp&#233;raments s'affaissent brusquement dans la vieillesse. La diminution de la spontan&#233;it&#233; est brutale ; lorsque aucune tension volontaire ne compense cette baisse &#233;nerg&#233;tique, l'homme perd rapidement tous ses moyens en sombrant dans l'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez le r&#233;actif comme chez le spontan&#233;, nous pouvons constater que les d&#233;cisions sont rapides, changeantes, peu soutenues. Cette vivacit&#233;, cette mobilit&#233;, cette l&#233;g&#232;ret&#233; donnent &#224; ces individus une apparence de grande richesse humaine. Mais l'observation m&#234;me rapide y d&#233;c&#232;le un gaspillage d'&#233;nergies. Des possibilit&#233;s parfois extraordinaires sont, de la sorte, dilapid&#233;es sans r&#233;sultat. La pauvret&#233; vitale succ&#232;de &#224; des capacit&#233;s prometteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'individu sans volont&#233; ne jouit que d'une faible r&#233;activit&#233; ou d'une m&#233;diocre spontan&#233;it&#233;, il poss&#232;de un comportement qui r&#233;v&#232;le une sous-vitalit&#233; permanente. Il n'a aucun d&#233;sir ; ses go&#251;ts s'av&#232;rent peu caract&#233;ris&#233;s. Il aime ce que les autres pr&#233;f&#232;rent ; il &#233;pouse les r&#233;pugnances de son entourage ; il partage toujours les id&#233;es d'autrui. Si, par m&#233;garde, il avance son opinion, il se r&#233;tracte imm&#233;diatement d&#232;s que son interlocuteur le contredit. II aime mieux interroger qu'&#234;tre questionn&#233;. Sa voix ne se pose pas ; elle chancelle constamment entre un oui et un non. Il se r&#233;f&#232;re toujours &#224; quelque autorit&#233; &#233;trang&#232;re pour &#233;mettre une critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, ce comportement terne est secou&#233; par des &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ruades&lt;/em&gt;. L'individu &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;se rebiffe &lt;/em&gt;contre une atmosph&#232;re qui l'oppresse. Il veut sortir de cet &#233;tat et se montrer enfin un homme. Il arme son opinion sans admettre de contradiction, n'est jamais de l'avis d'autrui, par principe -il craindrait de manquer de &#171; personnalit&#233; &#187; ! -, il se d&#233;clare capable de n'importe quel effort ; pour le prouver &#224; lui-m&#234;me et aux autres il invente des prouesses&#8230; Mais bien vite, le craintif revient &#224; son ancienne attitude de &#171; respectueuse d&#233;licatesse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Observation de l'homme volontaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'homme de volont&#233; ne pr&#233;sente pas ces r&#233;actions violentes de sensibilit&#233;, ces imp&#233;tuosit&#233;s de lib&#233;rations spontan&#233;es, cette passivit&#233; craintive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vouloir, l'&#234;tre masculin a besoin avant tout de croire &#224; la valeur de son acte. Il lui faut des raisons solides pour avoir un point d'appui &#224; sa volont&#233;. Nous pouvons remarquer qu'il r&#233;fl&#233;chit longuement avant de prendre une r&#233;solution dont il soup&#232;se avec minutie le principe. Il m&#233;dite sur la validit&#233; du but &#224; viser. Avec quelle chaleur il d&#233;bat la question ! La femme se m&#233;prend parfois sur cette attitude ; elle cingle &#224; tort son &#233;poux en lui disant qu'il ferait mieux de prendre une d&#233;cision que de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'homme puisse vouloir &#233;nergiquement, il doit &#234;tre, en effet, convaincu. D&#232;s qu'un doute s'insinue dans son esprit, un rel&#226;chement se produit imm&#233;diatement dans sa tension volontaire. Il peut encore maintenir un temps cette attitude, mais une crispation raidit cette psychologie ind&#233;cise. Son effort, n'&#233;tant plus solidement ancr&#233; dans une valeur, le d&#233;courage. Si le cadre social le soutient, son attitude ext&#233;rieure peut ne subir aucun changement. Et l'individu se laisse glisser peu &#224; peu dans la routine qui le scl&#233;rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doute sape et tue la volont&#233; masculine &#224; sa racine. Les milieux sociaux o&#249; l'esprit superficiel et le scepticisme pr&#233;valent, cr&#233;ent des atmosph&#232;res qui contrecarrent la formation de la volont&#233; chez les jeunes gens. Ceux qui n'ont pas le bonheur de poss&#233;der un commencement de forte personnalit&#233; sombrent dans la veulerie d'action et de pens&#233;e. Ils gaspillent leurs &#233;nergies en vrac selon les distractions du moment ; ils deviennent h&#226;bleurs, discutent de tout, jonglent avec les mots, critiquent sans cesse. Pour acqu&#233;rir une volont&#233; masculine dans ces milieux, il faut se pr&#233;server de cette mentalit&#233; amoindrissante, ne pas craindre de rompre avec elle, avoir le courage de d&#233;passer les ricanements de l'entourage pour conserver intactes les valeurs d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;valu&#233; la raison de l'acte, l'homme ne peut prendre encore une d&#233;cision sans comparer ses capacit&#233;s avec les exigences de la r&#233;alisation. Il examine attentivement s'il poss&#232;de la technique appropri&#233;e et s'il estime qu'il est de force suffisante pour parvenir jusqu'&#224; l'ach&#232;vement de sa r&#233;solution. Il ne saurait supporter l'id&#233;e de mener une activit&#233; sans aboutir &#224; des r&#233;sultats positifs. S'il ne peut s'engager avec des chances raisonnables de r&#233;ussite, il n'a pas honte de refuser. Il ne s'aventure pas &#224; la l&#233;g&#232;re. Les r&#233;actifs et les spontan&#233;s se lancent dans l'action sans m&#234;me se demander s'ils ont un minimum de possibilit&#233; de succ&#232;s. Ils sont fiers de leur attitude qu'ils qualifient de &#171; courageuse &#187;. Le volontaire ne redoute pas non plus le risque, mais fuit la sotte aventure sans lendemain ; il a de la r&#233;pugnance pour toute vell&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la vell&#233;it&#233; peut se situer &#224; plusieurs stades du comportement masculin. Certains individus se contentent de discuter sur toutes les possibilit&#233;s d'action ; ils tournent et retournent le probl&#232;me en tous sens ; apr&#232;s une bonne discussion, l'acte de volont&#233; meurt en cet &#233;tat embryonnaire. Quelques-uns vont plus loin dans leur d&#233;sir ; escamotant m&#234;me la phase de r&#233;flexion, ils se mettent &#224; l'&#339;uvre sur-le-champ. Mais vite &#224; bout de forces, ils n'ach&#232;vent pas l'&#339;uvre commenc&#233;e. Ces individus, quoique plus tardivement, n'en sont pas moins des vell&#233;itaires. Seul le volontaire se soucie de parvenir au bout de son vouloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre une tension efficace, l'homme ne vise qu'un but. Ce but peut &#234;tre bien d&#233;termin&#233;. Dans certains cas, il ne s'agit que d'une perspective : il est question alors d'une orientation qui, s'appuyant sur des points pr&#233;cis d'ex&#233;cution, draine la volont&#233; masculine. Que ce soit un but d&#233;fini ou une perspective d&#233;limit&#233;e, il est indispensable que la volont&#233; masculine soit tendue dans un sens unique. Sans cette condition, l'homme reste instable, perd toutes ses possibilit&#233;s de volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conviction en la valeur de son acte, appr&#233;ciation sur ses capacit&#233;s, unicit&#233; de but sont les trois conditions n&#233;cessaires &#224; l'individu pour qu'il puisse vouloir r&#233;ellement. Ce travail pr&#233;liminaire est surtout du ressort imm&#233;diat de l'intelligence. Toutefois, la volont&#233; intervient &#224; chaque instant, d'une fa&#231;on discr&#232;te, pour freiner la spontan&#233;it&#233; et calmer la sensibilit&#233; afin de permettre &#224; l'intelligence de r&#233;aliser dans la tranquillit&#233; un jugement d&#233;taill&#233; et complet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Engagement de l'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'apr&#232;s ce premier travail pos&#233;ment accompli que l'homme s'engage. Le moment est capital dans l'acte de volont&#233;. L'individu doit, en effet, r&#233;aliser en lui-m&#234;me toute une nouvelle orientation de sa psychologie. Ses id&#233;es, ses sentiments, ses souvenirs, sa sensibilit&#233; subissent une instabilit&#233; momentan&#233;e ; sous la pression d'une tension interne, tous ces &#233;l&#233;ments se regroupent selon une autre convergence psychique. Quelques-uns d'entre eux, ant&#233;rieurement inaper&#231;us, pr&#233;dominent dans la nouvelle perspective ; d'autres rentrent dans l'ombre ; il en est m&#234;me qui deviennent g&#234;nants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestation ne se fait pas toujours tr&#232;s ais&#233;ment. Souffrances, tiraillements, r&#233;voltes naissent parfois &#224; cette occasion. Certains individus ne parviennent m&#234;me pas &#224; s'imposer une d&#233;cision psychique apr&#232;s avoir port&#233; un jugement de valeur sur l'acte &#224; r&#233;aliser. Ils savent qu'ils doivent agir de telle ou telle fa&#231;on, mais en face de cette r&#233;sistance interne ils se contentent de dire qu'il &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;faudrait&lt;/em&gt;&#8230; Malgr&#233; les reproches qu'ils s'adressent &#224; eux-m&#234;mes, ils sont riv&#233;s &#224; leur pass&#233;. Leur volont&#233; &#233;choue au moment de passer &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme est capable de s'imposer sa propre d&#233;cision, il franchit le passage critique. Mais bien que la volont&#233; puisse &#234;tre ind&#233;pendante de l'intelligence, elle ne peut r&#233;ellement &#234;tre efficace que si la marche de l'effort &#224; r&#233;aliser est constamment &#233;clair&#233;e par une vision interne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexion et ex&#233;cution en alternance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les deux attitudes tendent &#224; s'accomplir chez l'homme d'une fa&#231;on alternative. L'individu &#233;tablit un plan, en envisage tous les d&#233;tails, en pr&#233;voit les difficult&#233;s d'ex&#233;cution ; puis, passant &#224; la r&#233;alisation, il engage &#224; fond toutes ses &#233;nergies. Il n'est plus alors qu'une force lib&#233;r&#233;e dans toute sa puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces moments alternatifs de r&#233;flexion et d'ex&#233;cution donnent souvent &#224; la volont&#233; de l'homme un aspect ext&#233;rieur de &#171; coups de boutoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, en effet, prend son temps pour r&#233;fl&#233;chir ; il accepte les conseils, ne craint pas de changer son point de vue selon les n&#233;cessit&#233;s du moment, mais d&#232;s qu'il a termin&#233; sa phase de r&#233;flexion, il passe &#224; l'ex&#233;cution. Il ne peut plus supporter l'id&#233;e de consid&#233;rer &#224; nouveau le probl&#232;me. Il faut que d'autres &#233;v&#233;nements s&#233;rieux l'obligent &#224; faire ce retour en arri&#232;re. Sans des n&#233;cessit&#233;s imp&#233;rieuses, il continue la r&#233;alisation de son vouloir. II r&#233;agit alors violemment contre tout ce qui g&#234;ne cette ex&#233;cution. Parfois, se dominant, il met tout en &#339;uvre pour contourner un obstacle impr&#233;vu ; dans bien des cas, il l'&#233;limine impitoyablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est alors difficile de donner &#224; l'homme des conseils m&#234;me pour son propre bien. Tout &#224; son effort de volont&#233;, il perd une partie de son acuit&#233; d'intelligence. De plus, toute intervention, m&#234;me la plus salutaire, vient troubler l'acte en train de s'accomplir. II faut souvent attendre que l'individu soit en repos, pour lui sugg&#233;rer des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'homme est parvenu &#224; concevoir un plan, il peut &#234;tre amen&#233; &#224; demander la collaboration d'autrui. Sa position de commandement est tr&#232;s nettement caract&#233;ris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Autorit&#233; masculine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ayant en vue un but, le chef est enti&#232;rement pr&#233;occup&#233; de coordonner les &#233;nergies humaines qui sont sous ses ordres. Il ne consid&#232;re ses subordonn&#233;s que sous cet angle d'action. Que lui importe leur valeur morale, pourvu qu'ils accomplissent utilement leurs fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude masculine donne &#224; l'homme une autorit&#233; d'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ext&#233;riorit&#233;&lt;/em&gt;. Le chef n'est nullement tent&#233; de s'immiscer dans la vie priv&#233;e de ses subalternes. Ceux-ci n'ont pas la crainte d'&#234;tre envahis par une psychologie &#233;trang&#232;re. Ils font leur travail, sachant qu'une fois l'ordre ex&#233;cut&#233;, ils sont libres d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une subordination directe d'individu &#224; individu. Il s'agit plut&#244;t d'une collaboration en vue d'un plan &#224; r&#233;aliser en commun. Le chef r&#233;partit alors selon les besoins les diverses possibilit&#233;s humaines. Son autorit&#233; externe n'est plus une humiliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la tendance masculine qui pr&#233;serve la vitalit&#233; intime peut conduire, si elle n'est pas contr&#244;l&#233;e, &#224; une autorit&#233; inhumaine. L'homme, pris par la seule pr&#233;occupation d'atteindre le but, peut finir par n'avoir aucune consid&#233;ration pour ses inf&#233;rieurs. Il les place, les d&#233;place, les engage, les met de c&#244;t&#233;, les &#233;puise m&#234;me sans tenir compte que ce sont des &#234;tres humains. Il ne s'agit pas d'un m&#233;pris sentimental, mais d'un oubli. Il suffit parfois de lui rappeler ses exc&#232;s pour qu'il reconnaisse imm&#233;diatement ses torts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme de volont&#233; ne craint pas d'imposer son autorit&#233;. II exprime clairement ce qu'il veut, sans arrogance, sans &#233;nervement, sans haine. Il expose avec pr&#233;cision les points importants de ses ordres, donne les moyens pour les ex&#233;cuter et en contr&#244;le la r&#233;alisation. Parfois, il n'h&#233;site pas dans une col&#232;re soutenue &#224; intervenir s&#233;v&#232;rement. Il n'a pas peur de passer pour un chef qui sait s'imposer sans brutalit&#233;, mais avec fermet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu qui doit exercer une autorit&#233; sans en avoir les capacit&#233;s redoute ses subordonn&#233;s. Il ne sait comment s'y prendre pour se faire ob&#233;ir. Il se montre aimable, cause &#224; la &#171; bonne franquette &#187;, plaisante. Il parle toujours de collaboration. Il n'y a, r&#233;p&#232;te-t-il, ni sup&#233;rieur ni inf&#233;rieurs, mais seulement des bonnes volont&#233;s qui travaillent &#224; une &#339;uvre commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s qu'il y a une injustice commise, il n'ose intervenir. Il essaie de r&#233;gler le diff&#233;rend par personnes interpos&#233;es. Si les subordonn&#233;s protestent, il s'affole ; il avoue que son ordre a &#233;t&#233; mal interpr&#233;t&#233;. Il donne toujours raison au dernier qui parle. Si par malheur il lui faut trancher une question, il invite le subordonn&#233; le moins criard &#224; ne rien dire pour cette fois. De temps en temps, exasp&#233;r&#233;, il menace, impose une nouvelle r&#233;glementation ; cette fois tout va changer&#8230; ; d&#232;s la moindre r&#233;clamation il n'&#233;coute plus ; il ne veut rien savoir ou accorde sans v&#233;rification les autorisations qui annihilent l'ex&#233;cution de ses ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'homme de volont&#233; &#233;vite la tyrannie et la l&#226;chet&#233;. Il sait &#233;couter, intervenir, imposer. II ne se laisse pas impressionner par les r&#233;clamations abusives ; il ne tol&#232;re pas les injustices ; les impertinents sont remis &#224; leur place. Il veille &#224; ne pas oublier le subordonn&#233; silencieux qui est r&#233;ellement actif ; il ne se laisse pas berner par ceux qui le vantent ou se vantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour que la volont&#233; masculine parvienne &#224; cette pl&#233;nitude, il faut avant tout un but pr&#233;cis vers lequel convergent les &#233;nergies du chef et celles des subordonn&#233;s. Ainsi l'homme acquiert une autorit&#233; qui s'&#233;quilibre dans l'action en ne s'imposant que de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Volont&#233; : femme</title>
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&lt;p&gt;Nous nous entendons fort peu sur l'exacte valeur de la volont&#233; f&#233;minine. Pour certains, la femme serait constamment tiraill&#233;e par des envies qu'elle ne parviendrait pas &#224; ma&#238;triser ; son temp&#233;rament capricieux &#233;chapperait alors &#224; tout contr&#244;le. Pour d'autres, elle jouirait d'une telle t&#233;nacit&#233; dans ses d&#233;cisions que son vouloir se confondrait avec l'ent&#234;tement. Enfin quelques-uns, se r&#233;f&#233;rant &#224; la psychologie masculine, n'ont d'estime que pour les femmes qui pr&#233;sentent un comportement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous nous entendons fort peu sur l'exacte valeur de la volont&#233; f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la femme serait constamment tiraill&#233;e par des envies qu'elle ne parviendrait pas &#224; ma&#238;triser ; son temp&#233;rament capricieux &#233;chapperait alors &#224; tout contr&#244;le. Pour d'autres, elle jouirait d'une telle t&#233;nacit&#233; dans ses d&#233;cisions que son vouloir se confondrait avec l'ent&#234;tement. Enfin quelques-uns, se r&#233;f&#233;rant &#224; la psychologie masculine, n'ont d'estime que pour les femmes qui pr&#233;sentent un comportement volontaire semblable &#224; celui de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; f&#233;minine a pourtant ses caract&#233;ristiques propres. Mais leur analyse reste tr&#232;s difficile puisque la ma&#238;trise de la femme se dissimule derri&#232;re une spontan&#233;it&#233; et une r&#233;activit&#233; qui lui laissent toute sa fra&#238;cheur vitale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volont&#233; de persuasion enfantine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le petit gar&#231;on, la fillette est naturellement port&#233;e vers tout ce qui provoque une impression agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, son attitude ne tarde pas &#224; diff&#233;rer de celle du gar&#231;on. La fille commence &#224; d&#233;ployer tout un art pour persuader son entourage ; elle c&#226;line sa m&#232;re, l'embrasse, l'amadoue ; elle chuchote sa demande &#224; l'oreille de son p&#232;re ; par tout un jeu de minauderies, elle essaie d'incliner les grandes personnes &#224; son &#171; vouloir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le refus est nettement formul&#233;, elle se met parfois &#224; pleurer, &#224; crier, &#224; tr&#233;pigner. Lorsqu'elle est de quelque finesse, elle d&#233;c&#232;le vite le moyen d'attendrir les parents ; elle veut para&#238;tre renfrogn&#233;e, m&#233;contente, vex&#233;e ; elle joue la com&#233;die de la bouderie, de la peine, de la col&#232;re, esp&#233;rant bien faire c&#233;der les grandes personnes qui, aveugl&#233;es par quelque affection de faiblesse, ne per&#231;oivent pas toutes les ruses de cette attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, la jeune fille comprend que son charme physique impressionne et pr&#233;dispose son entourage &#224; faire sa volont&#233;. La femme est consciente de cette influence ; aussi soigne-t-elle particuli&#232;rement sa toilette quand elle d&#233;sire obtenir quelque faveur. Cet &#233;l&#233;ment est si important que les femmes les plus belles sont souvent capricieuses, autoritaires, exigeantes. Adul&#233;es pendant leur jeunesse, elles continuent &#224; s&#233;duire leur entourage qui r&#233;siste difficilement &#224; leurs fantaisies. L'&#226;ge venu, elles se voient peu &#224; peu abandonn&#233;es avec d&#233;go&#251;t. Leur esprit tyrannique a fini par lasser tous ceux qui avaient cru d&#233;couvrir en cette beaut&#233; un bonheur de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; f&#233;minine comme la volont&#233; masculine n'est pas un don gratuit de la Nature, mais le r&#233;sultat d'une formation ; or, l'&#233;ducation f&#233;minine sur ce point est d&#233;licate.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dangers d'une volont&#233; brid&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certaines jeunes filles sont soumises &#224; des r&#233;glementations si strictes que, peu &#224; peu, la spontan&#233;it&#233; et la r&#233;activit&#233; disparaissent. Elles ont alors un comportement minutieusement &#171; mont&#233; &#187; ; le lever, le coucher, les repas, les sorties sont d&#233;termin&#233;s avec pr&#233;cision ; les paroles, les sourires, les r&#233;v&#233;rences sont dict&#233;s &#224; l'avance selon un code ; les costumes, d'une coupe classique et souvent quelque peu vieillotte, maintiennent cette jeunesse dans des limites &#233;triqu&#233;es. Certes, la volont&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e, mais pour une diminution et un &#233;touffement de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, une telle formation est devenue rare de nos jours. Mais un danger nouveau, non moins s&#233;rieux, appara&#238;t ; la jeune fille est de plus en plus astreinte &#224; des occupations masculines qui demandent une tension de volont&#233; soutenue et rigide. Ainsi, peu &#224; peu, s'&#233;puise-t-elle en se durcissant ; elle devient raisonneuse, entreprenante, hardie dans les domaines qui sont ceux de l'homme ; en m&#234;me temps elle perd de sa souplesse, de sa richesse, de sa valeur vitale ; nous avons alors une formation qui &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;masculinise&lt;/em&gt; la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus grave. Si des femmes peuvent mener tambour battant une affaire commerciale, un exploit sportif, elles sont incapables de ma&#238;triser leurs &#233;nergies sentimentales&#8230; lorsqu'elles en ont encore ; un choc &#233;branle-t-il leur vitalit&#233; intime, elles ne peuvent surmonter les difficult&#233;s ; elles fuient l&#226;chement les peines morales, se butent sans rien comprendre, ne savent pas aplanir les obstacles qui s'opposent &#224; leur vrai bonheur et &#224; celui de leur entourage. Autant on peut compter sur elles dans le domaine masculin, autant elles sont insuffisantes dans le domaine f&#233;minin. Elles peuvent doubler l'homme, mais ne peuvent le compl&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'une volont&#233; f&#233;minine peut se r&#233;v&#233;ler sous une autre forme. Des jeunes filles n'ont pas &#233;t&#233; form&#233;es en vue d'une ma&#238;trise de leur spontan&#233;it&#233; et de leur r&#233;activit&#233; ; leur &#233;ducation les a laiss&#233; suivre leurs moindres impulsions et leurs plus petites affections sensibles. Elles courent de ci de l&#224; pour d&#233;penser leurs &#233;nergies au gr&#233; des circonstances ; elles s'&#233;lancent dans les divertissements turbulents, excitants, excentriques. Puis, la spontan&#233;it&#233; diminuant, elles recherchent les atmosph&#232;res o&#249; des stimulants de plus en plus vifs les excitent jusqu'&#224; l'hyst&#233;rie ; cette sensibilit&#233; devenue folle se transforme en une tyrannie qui impose ses exigences incontr&#244;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ma&#238;trise de soi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si elle a re&#231;u une v&#233;ritable formation de volont&#233; f&#233;minine, la femme se montre capable de r&#233;fr&#233;ner ses d&#233;sirs excessifs ; elle calme les impressions d&#233;sagr&#233;ables en les surmontant ; elle r&#233;prime une r&#233;action, mod&#232;re une impulsion, accro&#238;t une tension. Par un usage judicieux de ses &#233;nergies volontaires, elle adapte, temporise, assouplit, dirige ses forces spontan&#233;es et r&#233;actives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ma&#238;trise est si finement nuanc&#233;e qu'elle s'accomplit sans raideur ; elle n'&#233;touffe ni n'&#233;puise le jaillissement vital, mais l'&#233;pure, le mod&#232;le, l'ajuste, le maintient, l'intensifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II est faux de penser que la spontan&#233;it&#233; se montre adapt&#233;e d'elle-m&#234;me aux exigences concr&#232;tes de l'existence. La femme qui ne la contr&#244;le pas s'affaire sans cesse, imagine toujours quelque nouvelle occupation, brouille tout ce qu'elle entreprend, intervient constamment dans le travail des autres. Emport&#233;e par des impulsions violentes, elle s'aventure dans des activit&#233;s pour se soulager d'une pression int&#233;rieure qu'elle est incapable de ma&#238;triser. Sans une volont&#233; sous-jacente, elle se d&#233;s&#233;quilibre de plus en plus, incapable de s'harmoniser avec son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le contr&#244;le de la sensibilit&#233; f&#233;minine est fort d&#233;licat. Ne nous faisons aucune illusion : l'impressionnabilit&#233; humaine est loin d'&#234;tre adapt&#233;e aux v&#233;ritables besoins du moment. Nous savons qu'une sensation provoque de simples mouvements de rapprochement ou d'&#233;loignement sans qu'il y ait toujours conformit&#233; avec la valeur r&#233;elle du stimulant. Ainsi, les femmes incapables de dominer leur d&#233;licate sensibilit&#233; courent &#224; la recherche de plaisirs fugitifs, tout en sachant qu'elles vont &#224; la d&#233;rive ; elles essaient alors de persuader leur entourage et elles-m&#234;mes qu'elles sont sinc&#232;res ; une simple observation r&#233;v&#232;le qu'il y a impuissance &#224; se ma&#238;triser. Telle est la foule innombrable des capricieuses, esclaves de leurs impressions changeantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volont&#233; dans l'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour que la femme puisse se dominer sans s'amoindrir, elle doit vouloir dans l'amour. Sans affection, elle n'acquiert qu'une volont&#233; qui l'achemine vers un comportement masculin ; elle veut &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;quelque chose &lt;/em&gt; ; son intention alors s'organise, se cristallise, se durcit autour d'une id&#233;e qui rend la psychologie f&#233;minine opaque, imp&#233;n&#233;trable, inhumaine. En revanche, la femme qui tend de tout son &#234;tre vers une vitalit&#233; pour la r&#233;aliser, intensifie sa propre volont&#233; en la maintenant dans une souplesse d&#233;licate ; elle la rend pers&#233;v&#233;rante sans la transformer en une attitude rigide, l'amplifie en l'infusant dans les vitalit&#233;s humaines qui gravitent autour d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien, en effet, la vie qui est le but de la volont&#233; f&#233;minine ; la femme est imm&#233;diatement en possession d'elle-m&#234;me lorsqu'elle est tendue vers un &#234;tre cher ; elle d&#233;ploie en ce domaine vivant une pers&#233;v&#233;rance, un calme, un sang-froid qui &#233;tonnent. Il suffit de regarder avec quelle endurance une m&#232;re veille aupr&#232;s d'un enfant malade ! Ce n'est qu'au moment o&#249; plus rien n'est possible qu'elle s'effondre de chagrin ; mais tant qu'il existe un espoir, sa volont&#233; ne se rel&#226;che pas. Dans cette perspective se situe le vrai courage f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme n'a pas besoin d'&#234;tre convaincue pour vouloir ; elle a besoin d'aimer. L'affection est &#224; la source m&#234;me de la volont&#233; f&#233;minine ; elle veut pour son mari parce qu'elle l'aime, elle veut pour ses enfants parce qu'elle les ch&#233;rit&#8230; ; elle veut parfois tellement qu'elle utilise des moyens qui lui r&#233;pugnent ; elle accepte de faire des d&#233;marches qui la r&#233;volteraient en temps ordinaire ; la m&#232;re n'h&#233;site pas &#224; tout sacrifier pour tenter de sauver son petit ; lorsqu'il est coupable, condamn&#233;, elle surmonte l'humiliation pour aller soutenir son enfant ; elle pense qu'il reviendra &#224; de meilleurs sentiments. Car la volont&#233; de la femme est essentiellement une volont&#233; qui prolonge l'esp&#233;rance en la vie au-del&#224; des limites de la raison froide de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Importance de l'intuition dans la volont&#233; d'action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une volont&#233; aveugle ; la femme a besoin d'une vision d'intelligence ; mais elle ne sent pas la n&#233;cessit&#233; de concevoir &#224; l'avance tout un plan d'action bien d&#233;fini. Elle pr&#233;tend souvent se livrer &#224; l' &#171; inspiration &#187; du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, en r&#233;alit&#233;, d'une inspiration fantaisiste, mais d'une intuition qui per&#231;oit sur l'heure la r&#233;alit&#233; vivante au sein de laquelle la femme voudrait exercer sa volont&#233;. Quand elle d&#233;sire exploiter une situation psychique, elle poss&#232;de une nette conscience du but qu'elle veut atteindre, mais n'a pas une id&#233;e tr&#232;s claire des moyens qu'elle utilisera. Elle pr&#233;f&#232;re &#234;tre sur place pour d&#233;terminer ce qu'elle fera. L'homme, qui a tout calcul&#233;, se trouve souvent d&#233;sempar&#233; d&#232;s qu'un impr&#233;vu surgit ; la femme, elle, voit et agit. Si elle veut persuader, elle d&#233;grossit &#224; peine les arguments qu'elle avancera ; aussi n'est-il pas rare de voir qu'en face du comportement d'un individu, elle change totalement sa position ; le mari est alors d&#233;rout&#233;, &#233;tonn&#233;, scandalis&#233; ; il risque de commettre m&#234;me des imprudences, de faire une r&#233;flexion, de susciter des r&#233;actions qui annihileraient tous les efforts de persuasion. C'est pourquoi la femme pr&#233;f&#232;re &#234;tre seule quand elle d&#233;sire r&#233;soudre une difficult&#233;. Elle se sent beaucoup plus libre pour man&#339;uvrer selon les v&#233;ritables circonstances psychiques du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;clair&#233;e par sa fine intuition pratique, la femme r&#233;pond &#224; un argument, invente un pr&#233;texte, met en avant une raison, contrecarre une r&#233;action, apaise une susceptibilit&#233;, excite un orgueil. Toutes ces interventions sont faites avec des sentiments r&#233;els ou pr&#233;tendus ; pour cela la femme dose ses propres r&#233;actions, en les mod&#233;rant, en les accentuant ou en les rendant imperceptibles. Elle sait prendre des attitudes de n&#233;gligence voulue, d'insouciance calcul&#233;e, d'indiff&#233;rence attentive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette domination a demand&#233; parfois de tels efforts que la femme, redevenue libre, &#233;clate en impr&#233;cations ; elle s'emporte contre la personne qui l'a mise &#224; l'&#233;preuve. Et pourtant sa domination a pu &#234;tre si puissante qu'elle pr&#233;sentait des apparences de l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volont&#233; souple et imm&#233;diate&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; souple s'accomplit en une infinit&#233; de petits mouvements de ma&#238;trise de soi. Cette continuelle intervention est si discr&#232;te que l'homme ne la per&#231;oit gu&#232;re. La mobilit&#233; de la psychologie f&#233;minine dissimule cette volont&#233; et donne l'impression d'une vitalit&#233; qui se d&#233;roule &#171; au petit bonheur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une volont&#233; imm&#233;diate. Alors que l'homme, apr&#232;s avoir con&#231;u un plan, a besoin d'un temps pour accomplir sa tension int&#233;rieure, la femme la r&#233;alise &#224; l'instant m&#234;me. &#192; peine a-t-elle entrevu une possibilit&#233; qu'elle est en &#233;tat de r&#233;alisation. Parfois, cette d&#233;cision est si rapide qu'elle devance m&#234;me une intelligente compr&#233;hension du probl&#232;me. Cette pr&#233;cipitation n'est pas rare lorsqu'il s'agit de questions exigeant une longue r&#233;flexion. En revanche, si l'intuition f&#233;minine se trouve dans son propre domaine, il y a harmonie entre la vision et le vouloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette tension volontaire est r&#233;alis&#233;e, la femme ne peut la maintenir longtemps sans aboutir &#224; une crispation. Qu'une femme exerce une autorit&#233; masculine ou s'adonne &#224; quelque occupation n&#233;cessitant une volont&#233; soutenue, elle a un visage ferm&#233;, un regard dur, des l&#232;vres pinc&#233;es, une crispation de m&#226;choires, une psychologie rigide, des sentiments froids, des r&#233;actions violentes et s&#232;ches. Mais la femme, de volont&#233; authentiquement f&#233;minine, garde toute sa fra&#238;cheur, son adaptabilit&#233; et sa pers&#233;v&#233;rance. Sa position est maintenue gr&#226;ce &#224; des mouvements alternatifs de tension suivis de moments tr&#232;s courts de d&#233;tente. Cette attitude d'efforts et de rel&#226;chement conserve la souplesse en maintenant la constance ; alors que l'homme accomplit un seul acte de volont&#233;, la femme en r&#233;alise une quantit&#233; dans une m&#234;me direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour que la femme puisse rester dans sa ligne f&#233;minine, elle doit avoir une s&#233;curit&#233; ; ce n'est que dans une atmosph&#232;re de confiance qu'elle peut se d&#233;tendre et par suite vouloir pleinement. Sans cette assurance elle s'inqui&#232;te. Les femmes qui se d&#233;battent seules dans la vie pour assurer leur subsistance, les &#233;pouses qui ne peuvent avoir confiance en leurs maris, les m&#232;res qui doutent de leurs enfants, deviennent soucieuses ; elles bandent leur volont&#233;, mais ne peuvent plus la rel&#226;cher un instant de peur d'en ressentir les cons&#233;quences funestes. La femme est alors plac&#233;e en une situation qui la force &#224; ne plus &#234;tre enti&#232;rement f&#233;minine ; sa psychologie se &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;m&#233;tallise&lt;/em&gt; ; sa bouche devient am&#232;re, son sourire se fige ; et, un jour, la lassitude s'empare de cette nature trop longuement tendue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Immense possibilit&#233; d'influence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces caract&#233;ristiques contribuent &#224; donner &#224; la femme une immense possibilit&#233; d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'indique le mot &#171; influence &#187;, la femme &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;s'insinue&lt;/em&gt; dans une vitalit&#233; &#233;trang&#232;re pour lui faire subir des d&#233;viations qui l'am&#232;nent au but d&#233;sir&#233;. Elle jouit d'un grand pouvoir d'orienter une vitalit&#233; selon sa volont&#233;. Elle sait &#233;viter les r&#233;actions personnelles qui pourraient heurter ; elle attend avec patience le moment pour intervenir utilement, dire le mot qui porte. Avec un doigt&#233; invisible, elle apaise, stimule, fortifie, dirige les sentiments des autres ; elle sape et brise les r&#233;sistances psychiques. Avec une ma&#238;trise s&#251;re, elle harmonise, d&#233;s&#233;quilibre, annihile, fait d&#233;vier les vitalit&#233;s humaines. Elle poss&#232;de l'art de les &#233;loigner ou de les attirer en provoquant des reculs ou des rapprochements calcul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; est d'autant plus p&#233;n&#233;trante et persuasive que l'affection lui livre l'intimit&#233; d'autrui. Par le c&#339;ur la femme exerce sa plus forte influence. Ce n'est pas une position de suppliante, mais de souveraine qu'elle prend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, une sensibilit&#233; d&#233;licate, une spontan&#233;it&#233; g&#233;n&#233;reuse, une intuition fine, une tendresse sans calcul provoquent peu &#224; peu une d&#233;tente psychique dans l'entourage. Les vitalit&#233;s &#233;trang&#232;res, ne se sentant ni viol&#233;es ni heurt&#233;es, s'abandonnent lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans para&#238;tre dominer, la femme voit ses d&#233;sirs se r&#233;aliser, parfois m&#234;me au-del&#224; de ses r&#234;ves. Son effacement et sa modestie sont alors les garanties indispensables au maintien de cette efficace intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la vie ne peut accepter en son intimit&#233; une intervention &#233;trang&#232;re qui ne s'harmonise pas avec elle. D&#232;s qu'elle &#233;prouve le moindre heurt, elle ne peut que rejeter cette intrusion ; la femme perd alors de sa puissance de volont&#233; pour n'avoir qu'une autorit&#233; ext&#233;rieure. La volont&#233; f&#233;minine est essentiellement une volont&#233; d'int&#233;riorit&#233; et n'atteint son plein pouvoir qu'au moment o&#249; elle se fusionne avec la vitalit&#233; d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors son influence est sans limite. La femme s'introduit dans les moindres replis des psychologies &#233;trang&#232;res qu'elle anime de sa volont&#233;. Nous sommes parfois surpris de constater que la femme silencieuse est souvent celle qui poss&#232;de la. plus forte influence parmi les hommes ; l'&#233;pouse la plus effac&#233;e n'est pas la moins &#233;cout&#233;e ; la m&#232;re la plus discr&#232;te n'est pas la moins ob&#233;ie. Au contraire, la ma&#238;tresse exigeante, l'&#233;ducatrice criarde exercent tr&#232;s souvent une influence de courte dur&#233;e. Leur autorit&#233; fond&#233;e sur la sensibilit&#233; flatt&#233;e ou sur la crainte dispara&#238;t vite des psychologies viol&#233;es dans leur intimit&#233; vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme poss&#232;de une volont&#233; d'int&#233;riorit&#233; profonde, elle peut exercer son pouvoir pour le malheur de ceux qui en subissent l'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous est possible de rencontrer des m&#232;res qui s'inqui&#232;tent fort peu de la personnalit&#233; de leurs enfants. Loin de transformer leur influence en un respect progressif de la libert&#233; de leurs petits, elles interviennent sans cesse ; le fils et la grande fille ne peuvent changer de costume, de coiffure, inviter des amis, projeter une promenade sans en avoir l'autorisation. Elles habillent leurs grands enfants uniquement selon leurs go&#251;ts ; si l'un d'eux prend une initiative, elles se mettent en col&#232;re, l'accusant de d&#233;sob&#233;issance, de manque de respect, d'ingratitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une volont&#233; abusivement maternelle peut r&#233;duire l'enfant &#224; la r&#233;volte ou l'an&#233;antir totalement. Pour se d&#233;gager de cette emprise f&#233;minine, le grand gar&#231;on fuit la maison, la jeune fille s'empresse de se marier ou d&#233;serte la famille. Parfois, les m&#232;res accusent leurs enfants d'un manque d'affection filiale alors qu'un simple examen loyal leur montrerait que c'&#233;tait le seul moyen pour eux de ne pas &#234;tre totalement annihil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces abus d'une volont&#233; f&#233;minine restent, toutefois, dans la ligne naturelle de la biologie de la femme. Ce sont des exc&#232;s, mais non des d&#233;viations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;viation vers une autorit&#233; masculine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est pas de m&#234;me lorsqu'une femme exerce une autorit&#233; masculine. La situation n'&#233;tant pas en harmonie avec sa nature provoque des attitudes de brutalit&#233; psychique ; la femme accepte difficilement les moindres remarques ; elle exige une ob&#233;issance aveugle, se m&#233;fie des subordonn&#233;s qui manifestent une personnalit&#233;, consid&#232;re volontiers toute suggestion comme un indice de &#171; mauvais esprit &#187;. Pour rester continuellement ma&#238;tresse de la situation, elle intervient sans cesse, veut &#234;tre au courant de tout. La peur de la moindre diminution d'autorit&#233; conduit fatalement &#224; la tyrannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la femme, bien qu'exer&#231;ant une autorit&#233; de l'ext&#233;rieur, a une tendance naturelle, lorsqu'elle a encore un peu de f&#233;minit&#233;, &#224; exercer sa volont&#233; selon sa modalit&#233; f&#233;minine. Elle pr&#233;sente, en effet, un besoin de d&#233;border les limites de son commandement pour s'immiscer dans la vie priv&#233;e de ses subordonn&#233;s. Ce n'est que lorsqu'elle atteint l'assurance de son influence directe sur les psychologies individuelles qu'elle croit son autorit&#233; solidement &#233;tablie. Tant qu'elle n'est pas ma&#238;tresse de ces vitalit&#233;s, elle &#233;prouve une certaine crainte. Si la fonction qu'elle exerce lui interdit cette intrusion, elle se crispe devant cet inconnu toujours mena&#231;ant. La femme qui commande est sur ses gardes et se croit personnellement vis&#233;e. Elle se pr&#233;occupe de savoir ce que les subordonn&#233;s pensent ; elle place des &#171; espions &#187; qui viennent lui rapporter plus ou moins fid&#232;lement ce qui a &#233;t&#233; dit. La moindre r&#233;flexion d&#233;sobligeante est alors sanctionn&#233;e indirectement, par des mesures d&#233;tourn&#233;es. Le &#171; coupable &#187; ne s'aper&#231;oit pas toujours qu'une menace p&#232;se de plus en plus sur lui et qu'&#224; la moindre peccadille il sera s&#233;v&#232;rement renvoy&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir une position si peu conforme &#224; sa nature, la femme se raidit afin de ne pas se laisser entra&#238;ner par une sympathie. Elle adopte une allure d'indiff&#233;rence ou de duret&#233;. Elle se montre intransigeante et impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle attitude ne peut se maintenir ainsi de longues ann&#233;es, &#224; moins que cette nature ne s'atrophie totalement. Si la femme garde un reste de sensibilit&#233;, elle demeure &#224; la merci d'une simple influence sentimentale. Il suffit qu'elle vibre agr&#233;ablement pour qu'elle s'abandonne &#224; l'autorit&#233; de celui qui peut tout. Le favori voit que son autorit&#233; augmente jusqu'au moment o&#249;, lass&#233;e ou mieux impressionn&#233;e par un autre homme, la femme change d' &#171; avis &#187;. Les influences sentimentales dans un commandement de femme sont un fait d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le subordonn&#233; n'a pas la bonne fortune de faire une agr&#233;able impression, il encourt le risque d'&#234;tre imm&#233;diatement en butte aux r&#233;actions de son chef-femme. Elle se sert de tout : influences sentimentales et moyens moins honn&#234;tes pour cr&#233;er une situation intenable &#224; celui qui n'a eu que le tort de lui d&#233;plaire. Certaines femmes r&#233;ussissent ainsi &#224; cr&#233;er des atmosph&#232;res &#233;touffantes de travail, &#224; ralentir des avancements, &#224; briser des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme exerce son autorit&#233; sur d'autres femmes, nous assistons &#224; un jeu continuel d'influences ; les antipathies succ&#232;dent aux amiti&#233;s ; la m&#233;fiance remplace la confiance ; les r&#233;actions les plus t&#233;nues comme les plus violentes cr&#233;ent une atmosph&#232;re psychique instable qui rend le commandement capricieux, versatile, dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent nous croyons que la femme n'aime pas &#234;tre command&#233;e par une autre femme ; nous taxons d'orgueilleuses celles qui ne veulent pas se soumettre &#224; une telle autorit&#233; ou qui ne se plient qu'avec une &#226;pre r&#233;ticence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles r&#233;actions pourtant trouvent leur raison d'&#234;tre dans le comportement m&#234;me de la femme qui exerce une autorit&#233;. Si elle commande &#224; la mani&#232;re masculine, elle appara&#238;t si peu f&#233;minine qu'elle provoque des mouvements de d&#233;go&#251;t ; elle manifeste, en outre, un comportement qui, mal adapt&#233;, blesse ceux qui doivent ob&#233;ir. Mais lorsqu'elle parvient par tout un jeu de fine psychologie &#224; susciter le respect, &#224; cr&#233;er une atmosph&#232;re d'estime r&#233;ciproque, &#224; provoquer l'affection, la femme est v&#233;ritablement ob&#233;ie, parce qu'elle est aim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'en d&#233;finitive cette volont&#233; humaine n'atteint sa pl&#233;nitude que dans le monde vivant qu'elle p&#233;n&#232;tre au plus intime de lui-m&#234;me par la voie de l'amour. Ce n'est pas une volont&#233; d'action, d'ext&#233;riorit&#233;, d'autorit&#233; comme celle de l'homme, mais une volont&#233; d'intimit&#233;, d'influence, d'int&#233;riorit&#233;. En un mot, c'est la Vie qui se veut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Activit&#233; : homme et femme</title>
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&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques fondamentales que nous venons de d&#233;gager nous permettent de mieux comprendre un certain nombre de points de friction qui peuvent surgir entre l'homme et la femme. Elles nous indiquent ensuite selon quelles perspectives ces deux natures doivent faire converger leurs efforts pour atteindre un but commun. Il est &#233;vident que ces deux vitalit&#233;s s'entrechoquent ou s'harmonisent avec d'autant plus de violence ou de profondeur qu'elles sont plus &#233;troitement li&#233;es l'une &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques fondamentales que nous venons de d&#233;gager nous permettent de mieux comprendre un certain nombre de points de friction qui peuvent surgir entre l'homme et la femme. Elles nous indiquent ensuite selon quelles perspectives ces deux natures doivent faire converger leurs efforts pour atteindre un but commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que ces deux vitalit&#233;s s'entrechoquent ou s'harmonisent avec d'autant plus de violence ou de profondeur qu'elles sont plus &#233;troitement li&#233;es l'une &#224; l'autre dans l'existence. Au premier abord, les harmonies sont moins visibles que les heurts ; les premi&#232;res s'effectuent souvent dans un &#233;tat inconscient, tandis que les seconds deviennent conscients sous l'impression de la souffrance. Nous serions parfois tent&#233;s, surtout &#224; la vue de certains cas, de consid&#233;rer les sexes comme ennemis l'un de l'autre. Un regard superficiel qui s'arr&#234;terait aux difficult&#233;s laisserait &#233;chapper l'inestimable apport r&#233;ciproque de ces deux activit&#233;s humaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Activit&#233; professionnelle de l'&#233;poux : but pour l'homme, moyen pour la femme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'homme s'adonne avec ardeur &#224; une activit&#233;, il pr&#233;sente une tr&#232;s forte tendance &#224; s'engager de plus en plus en elle. Il finit m&#234;me par oublier le but lucratif de son activit&#233; en laquelle il se compla&#238;t. Il vit moins de son travail que &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;dans&lt;/em&gt; son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la profession permet d'avoir une r&#233;mun&#233;ration r&#233;guli&#232;re, cette &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;absorption&lt;/em&gt; de la nature masculine ne g&#234;ne pas la vie familiale ; en g&#233;n&#233;ral rapportant avec r&#233;gularit&#233; son salaire &#224; la maison, l'homme est libre de se donner enti&#232;rement &#224; son occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand le profit d&#233;pend directement d'une activit&#233; qui peut exiger des mises de fonds personnels pour accro&#238;tre le potentiel actif, certains oublient les exigences du foyer. L'&#233;pouse, perp&#233;tuellement soucieuse d'&#233;quilibrer le budget familial, est contrainte de qu&#233;mander de l'argent au mari qui s'&#233;nerve contre celle qui lui parle de telles d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la femme a un but plus imm&#233;diatement pratique dans ses activit&#233;s. Il s'agit pour elle de vivre dans le concret avec des &#234;tres qui ont des besoins pr&#233;cis, actuels et urgents. Aussi est-elle incit&#233;e &#224; critiquer son &#233;poux qui n'ose pas demander au client le prix fort. Il est un fait d'observation que les artisans les plus consciencieux sont pr&#233;cis&#233;ment ceux qui sp&#233;culent le moins ; mais leurs &#233;pouses sont l&#224; pour les talonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme est seule dans l'existence, le but de son activit&#233; est elle-m&#234;me. Elle voit dans son travail un pur moyen de subvenir &#224; ses besoins, de contenter ses go&#251;ts, de satisfaire ses fantaisies. Elle calcule ce qu'elle peut retirer de profits pour se nourrir, faire toilette, se distraire. Ce qu'elle veut avant tout, c'est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;vivre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle participe &#224; une existence de foyer, son intention est de contribuer activement &#224; cette vie commune, soit en oeuvrant au sein m&#234;me de cette vitalit&#233; familiale, soit en allant &#224; l'ext&#233;rieur travailler pour subvenir p&#233;cuniairement aux besoins de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sens pratique de la femme et le penchant de l'homme pour l'activit&#233; en elle-m&#234;me provoquent parfois des discussions orageuses. La femme reproche &#224; son mari de n&#233;gliger son foyer, alors que l'homme accuse son &#233;pouse de ne pas comprendre les n&#233;cessit&#233;s d'attendre encore un peu pour profiter plus tard d'un meilleur rendement de l'entreprise. Injustement accus&#233;es parfois d'&#234;tre d&#233;pensi&#232;res, certaines femmes pr&#233;f&#232;rent quitter la vie familiale pour aller gagner ce dont elles pourront ensuite disposer sans reproche. Devant les r&#233;criminations, pas toujours justifi&#233;es, de la part de leurs &#233;pouses, des maris se crispent, s'impatientent et finissent par dissimuler une partie des profits pour assurer la bonne marche de leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance de l'homme &#224; s'engager enti&#232;rement dans une activit&#233; peut encore conduire l'individu &#224; une attitude qui a de graves cons&#233;quences psychiques. Constamment pr&#233;occup&#233; de son travail, l'homme se tait ou ne parle que de ses soucis professionnels ; il t&#233;moigne de moins en moins de tendresse &#224; son &#233;pouse qui est sentimentalement n&#233;glig&#233;e ; il devient de plus en plus &#233;tranger aux siens, dont la pr&#233;sence l'agace. Il croit cependant remplir son r&#244;le en rapportant l'argent n&#233;cessaire &#224; la vie commune. Si on lui reproche de d&#233;laisser sa femme et de ne pas prendre soin de ses enfants, il vous regarde &#233;tonn&#233;, presque scandalis&#233;, de cette observation qu'il estime sans fondement. Ne doit-il pas travailler pour sa famille ? Que peut-il faire de plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, la femme n'est pas compr&#233;hensive des besoins r&#233;els que comporte l'activit&#233; sp&#233;ciale de son &#233;poux. Impatiente, elle ne donne pas toujours assez de temps &#224; cette nature masculine pour parvenir &#224; un rendement suffisant. Ce ne sont pas toujours des n&#233;cessit&#233;s urgentes qui poussent quelques &#233;pouses &#224; vouloir profiter dans l'imm&#233;diat du travail de leurs maris ; des caprices d'un temp&#233;rament exigeant peuvent en &#234;tre la cause. Des hommes sont m&#234;me accul&#233;s &#224; commettre des malhonn&#234;tet&#233;s pour contenter les d&#233;sirs toujours insatisfaits de certaines femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'activit&#233; de la femme au foyer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais les hommes ne sont pas toujours respectueux de l'activit&#233; de la femme au foyer. Ils s'imaginent volontiers qu'un budget familial est d'autant plus &#233;quilibr&#233; qu'il y a plus d'argent &#224; d&#233;penser. Ils oublient qu'une gestion se compose de deux facteurs intimement unis : les &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;recettes&lt;/em&gt; et les &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;penses&lt;/em&gt;. Une bonne m&#233;nag&#232;re est celle qui, par son savoir-faire, accomplit une judicieuse r&#233;partition des frais, minimisant ainsi les d&#233;penses. Quelle injustice de penser qu'une &#233;pouse est &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#224;&lt;/em&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;charge&lt;/em&gt; &#224; son mari et m&#232;ne une existence &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;p&#233;cuniairement&lt;/em&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;inutile&lt;/em&gt; en accomplissant une activit&#233; m&#233;nag&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, un pr&#233;jug&#233; pro-masculin rabaisse la valeur du travail de m&#233;nage que l'on consid&#232;re comme inf&#233;rieur. Mais, si nous r&#233;fl&#233;chissions, nous comprendrions qu'une activit&#233; a d'autant plus de valeur humaine qu'elle est plus imm&#233;diatement adapt&#233;e aux &#234;tres concrets. Ce sont eux qui s'&#233;panouissent ou s'&#233;tiolent, qui sont heureux ou malheureux et non l'Humanit&#233; avec un grand h. Alors que nous louangeons, &#224; juste titre d'ailleurs, les cr&#233;ateurs des progr&#232;s scientifiques, &#233;conomiques, artistiques, nous oublions la femme qui, de ses mains, de son intelligence, de son c&#339;ur, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;humanise&lt;/em&gt; ces richesses pour le bonheur de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;chacun&lt;/em&gt; des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incompr&#233;hension de ce r&#244;le humain suscite un injuste m&#233;pris. Les hommes se figurent parfois que l'activit&#233; familiale n'est pas une activit&#233; r&#233;elle. Ce pr&#233;jug&#233; rend m&#234;me honteuses certaines femmes lorsqu'elles d&#233;clarent &#234;tre &#171; sans profession &#187; ; cette expression signifie pour beaucoup : ne rien faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si nous avions la loyaut&#233; d'observer, nous serions oblig&#233;s de reconna&#238;tre quelles quantit&#233;s d'&#233;nergies sont indispensables pour remplir avec convenance les activit&#233;s m&#233;nag&#232;res. Certes, par manque de go&#251;t, de courage, de capacit&#233;, trop de femmes ne comprennent m&#234;me plus les v&#233;ritables besoins d'une vie familiale ; elles sont n&#233;gligentes ou comptent sur les autres. Mais l'&#233;pouse qui veut maintenir son foyer dans une atmosph&#232;re de bonheur humain n'a gu&#232;re de temps &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, quelques hommes estiment que leurs &#233;pouses peuvent remplir les occupations de famille avant ou apr&#232;s avoir fait le travail d'atelier, de bureau, de laboratoire. Mais si la maison n'est pas propre, si les enfants sont mal soign&#233;s, si les v&#234;tements ne sont pas nettoy&#233;s et repass&#233;s en temps voulu, l'&#233;poux se renfrogne ou s'emporte. Que de femmes &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;triment&lt;/em&gt; comme des gal&#233;riennes pour accomplir leur activit&#233; professionnelle et tenir leur m&#233;nage vaille que vaille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi voyons-nous l'&#233;pouse devenir nerveuse, se crisper, crier ou pleurer. Des brusqueries et des col&#232;res subites surgissent, en apparence incompr&#233;hensibles. Les moindres peccadilles des enfants deviennent des causes d'emportement. Ce surmenage continuel est une source de disputes. L'homme, agac&#233; &#224; son tour, s'&#233;loigne de cette atmosph&#232;re. La destruction de l'amour entre conjoints est quelquefois l'effet de cet &#233;tat de choses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dangers de l' &#171; homme au foyer &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;charger des soucis du m&#233;nage, certaines femmes ont profit&#233;, d&#232;s le d&#233;but de leur mariage, de la grande affection de leurs jeunes maris, pour &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;dresser&lt;/em&gt; leurs &#233;poux &#224; des travaux d'int&#233;rieur. Jouant la com&#233;die de la fatigue, de la tendresse, de la bouderie, elles sont parvenues &#224; forcer des hommes &#224; faire la cuisine, &#224; mettre le couvert, &#224; nettoyer la vaisselle, &#224; laver le linge, &#224; faire la toilette des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un certain temps, nous voyons poindre deux tendances tr&#232;s nettes chez les hommes astreints &#224; ces travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques individus finissent par perdre toute autorit&#233; masculine dans le foyer. Devenus &#171; hommes de m&#233;nage &#187;, ils sont des serviteurs que leurs &#233;pouses commandent. Tout d&#233;vou&#233;s aux petits soins des autres, ils deviennent craintifs, sans volont&#233;, sans &#233;nergie. Peu &#224; peu, cette activit&#233; affaiblit le caract&#232;re de l'homme. L'&#233;pouse, apr&#232;s avoir annihil&#233; cette personnalit&#233;, la m&#233;prise. Les enfants, &#224; leur tour, ne respectent plus leur p&#232;re qui se d&#233;m&#232;ne comme une bonne &#224; tout faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'individu est nettement viril, il ne peut s'adonner &#224; une activit&#233; qui ne s'harmonise pas avec les caract&#233;ristiques de sa nature. Certains maris se raisonnent cependant en se disant qu'il est bien juste que l'homme partage avec sa femme le travail de m&#233;nage. Mais, malgr&#233; leur bonne volont&#233;, ils sentent monter en eux un malaise. Ils se reprochent cette r&#233;action et s'estiment &#233;go&#239;stes. En dehors de leur activit&#233; professionnelle, ils se croient devenus paresseux. Au bout de quelque temps d'effort sinc&#232;re, ils n'en peuvent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;actions sont normales. Pour qu'un homme puisse, en effet, r&#233;aliser une activit&#233; sans se d&#233;vier ni s'amoindrir, il doit s'adonner &#224; des travaux qui correspondent &#224; ses modalit&#233;s d'action. Il est donc inapte aux occupations qui exigent &#224; la fois de la d&#233;licatesse, de la souplesse et de la mobilit&#233; psychique. Aussi le voyons-nous s'&#233;nerver rapidement d&#232;s qu'il s'int&#233;resse &#224; un enfant. Le p&#232;re peut promener son petit, le faire jouer, mais faut-il encore que le b&#233;b&#233; soit pr&#234;t et tout ira pour le mieux si l'enfant reste sage et gazouille gentiment. Si le b&#233;b&#233; a faim, pleure, se salit, l'homme, tout p&#232;re qu'il est, reste d&#233;sarm&#233; devant cette vitalit&#233; qu'il ne parvient pas &#224; entourer de ses soins avec une suffisante d&#233;licatesse. II essaie de calmer l'enfant, lui fait des sourires qui sont plut&#244;t des grimaces et font peur plus qu'ils ne rassurent, impose silence d'une voix qui appara&#238;t au b&#233;b&#233; comme une voix de stentor. Ne sachant plus comment s'y prendre, il pr&#233;f&#232;re remettre l'enfant sur les genoux de la m&#232;re en lui disant &#171; Occupe-toi de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ton gosse&lt;/em&gt;&#8230; &#187; Tous les multiples d&#233;tails des soins &#224; donner &#224; un petit &#234;tre lui &#233;chappent et l'agacent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, le mari, voyant son &#233;pouse surcharg&#233;e de travail, d&#233;sire lui venir en aide et lui demande ce qu'il pourrait bien faire pour la seconder. &#192; sa grande surprise, il est s&#232;chement re&#231;u et demeure plant&#233; l&#224;, sans trop savoir comment s'y prendre pour t&#233;moigner sa bonne volont&#233;. La femme s'&#233;tant rendu compte par une exp&#233;rience ant&#233;rieure qu'elle retirait plus d'inconv&#233;nient aient que de secours r&#233;el d'une aide masculine s'irrite : &#171; Reste tranquille, dit-elle, c'est la seule chose que je te demande. Pour ce que tu sais faire ! &#187; Le mari, penaud ou f&#226;ch&#233;, se retire et ne s'aventurera gu&#232;re une autre fois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'activit&#233; sp&#233;cifique de l'homme au foyer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, certains travaux sont du ressort de l'homme. L'&#233;pouse demande &#224; juste titre &#224; son mari d'installer un tableau, d'arranger une porte, de d&#233;boucher un tuyau&#8230; Il en est capable et se f&#226;cherait m&#234;me si sa femme demandait &#224; un ouvrier de faire ces r&#233;parations. N'aurait-elle pas confiance en lui ? Et puis, pourquoi d&#233;penser de l'argent alors qu'il a tout le n&#233;cessaire pour ex&#233;cuter ces menus travaux ? Pourtant, les jours passent ; le cadre est encore par terre, la porte ne ferme toujours pas, l'eau continue &#224; mouiller le plancher&#8230; Nouvelle supplication. La femme s'impatiente ; si elle ne craignait pas une col&#232;re de la part de son &#233;poux, elle ferait elle-m&#234;me ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans vouloir justifier cette r&#233;sistance parfois exag&#233;r&#233;e, il faut comprendre que la nature masculine prend toujours un temps pour se d&#233;cider. Ayant dos&#233; ses efforts selon son activit&#233; professionnelle, l'individu rel&#226;che totalement sa tension d&#232;s qu'il se repose chez lui. Cela lui co&#251;te donc toujours de se tendre &#224; nouveau, surtout en dehors de ses travaux quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici que l'homme se met &#224; l'&#339;uvre ; il &#233;tale tous ses outils ; il calcule, mesure, r&#233;fl&#233;chit. L'&#233;pouse est heureuse de voir qu'elle aura satisfaction ; elle n'aura plus qu'&#224; nettoyer apr&#232;s&#8230; Qu'importe ? le travail sera fait. Pour s'excuser un peu d'avoir d&#233;rang&#233; son mari, elle s'approche de lui pour causer gentiment. Soudain l'ouvrage pr&#233;sente quelques difficult&#233;s impr&#233;vues. L'homme se concentre et la femme questionne sur la nature du nouvel ennui. La r&#233;ponse est imm&#233;diate ; il veut qu'on le laisse en paix. L'&#233;pouse s'&#233;loigne en catimini, pensant que son mari est furieux d'&#234;tre oblig&#233; de r&#233;aliser ce travail. Pourtant, c'est avec tout son c&#339;ur qu'il voudrait &#234;tre agr&#233;able &#224; sa femme ; mais, ne parvenant pas &#224; r&#233;aliser sa tension interne, il s'emporte contre celle qui le g&#234;ne. La m&#233;prise peut &#234;tre douloureuse et les bonnes volont&#233;s d&#233;&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi est-il maladroit de conseiller &#224; l'enfant d'aller montrer au p&#232;re tr&#232;s occup&#233; les excellentes notes obtenues en classe. L'homme ne r&#233;pond pas toujours. En face de l'insistance du petit, il se f&#226;che. L'&#233;colier s'&#233;loigne et n'ose plus pr&#233;senter le bulletin scolaire au p&#232;re, croyant que cela ne l'int&#233;resse pas. Cependant, lorsque l'homme cesse sa tension, il est content et fier de lire le carnet bien annot&#233;. L'enfant, qui ne comprend plus rien, a l'impression que le caract&#232;re du papa est bizarre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concentration masculine provoque chez l'homme l'horreur de la dispersion des forces. Que de chamailleries, de discussions, de col&#232;res m&#234;me &#224; l'occasion d'un voyage ! Si la femme poss&#232;de l'art de caser dans un espace r&#233;duit une abondance d'effets, elle a aussi le go&#251;t de &#171; multiplier &#187; les colis. Mais l'homme aime mieux transporter une grosse valise qui lui arrache le bras que de &#171; trimbaler &#187; trois ou quatre bagages dont le poids ne ferait pas la moiti&#233; de celui de la valise. Tr&#232;s heureux d'aider son &#233;pouse &#224; pr&#233;parer le voyage, l'homme appr&#233;cie moins la &#171; multiplication &#187; des paquets. Il intervient, fait des r&#233;flexions que sa femme prend souvent fort mal&#8230; et on est au bord de la dispute, si toutefois elle n'&#233;clate pas avant le d&#233;part ! D&#232;s que les &#233;poux se sont install&#233;s dans le train, l'&#233;nervement s'apaise pour reprendre de plus belle &#224; chaque changement de correspondance ou &#224; l'arriv&#233;e. C'est souvent ainsi que les belles vacances &#224; deux commencent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'homme est concentr&#233;, il veut se maintenir ainsi tant que l'ouvrage n'est pas termin&#233;. Aussi la femme sent-elle une certaine r&#233;sistance quand elle appelle son &#233;poux &#224; l'heure du repas. &#171; La soupe se refroidit, la viande sera trop cuite. &#187; Nouvel appel ! &#171; Oui, dit-il, je viens&#8230; &#187; Et la femme attend encore : &#171; Ah ! cet homme, murmure-t-elle, il lui faut tout un temps pour se mettre au travail&#8230; mais, quand il y est, c'est toute une affaire pour qu'il s'arr&#234;te ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;pouse face au &#171; rel&#226;chement &#187; masculin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; la maison, l'homme aime se d&#233;tendre dans le calme ; tout souci familial l'importune. Certains maris, fort sociables &#224; l'ext&#233;rieur, se montrent renferm&#233;s, bourrus, agac&#233;s d&#232;s qu'ils arrivent chez eux. Leurs &#233;pouses croient volontiers qu'ils font les hypocrites, puisqu'ils passent &#224; l'ext&#233;rieur pour des hommes gentils, souriants, agr&#233;ables, tandis qu'&#224; la maison ils ont une tout autre attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent l'atmosph&#232;re familiale en est la cause ; elle ne permet pas toujours &#224; l'homme de se d&#233;tendre. Apr&#232;s avoir soutenu durant toute la journ&#233;e une forte tension interne pour accomplir son travail, le p&#232;re de famille ne peut se reposer dans un milieu o&#249; les bouderies de l'&#233;pouse et les cris des enfants l'obligent &#224; se tendre. Pour se prot&#233;ger le plus possible, il se r&#233;fugie au caf&#233; ou se replie sur lui-m&#234;me en gardant un mutisme absolu. Si l'on interrompt cet isolement indispensable &#224; une r&#233;cup&#233;ration lente des forces masculines, l'individu s'emporte avec violence. Cette r&#233;action est constatable chez certains p&#232;res qui, r&#233;veill&#233;s durant la nuit par les pleurs du b&#233;b&#233;, se f&#226;chent, crient et temp&#234;tent injustement contre la m&#232;re qui tente de calmer l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes s'imaginent que les hommes ne cherchent, en revenant au foyer, qu'&#224; mettre les pieds dans leurs pantoufles ou &#224; s'adonner &#224; leurs distractions favorites. Quelques-unes m&#234;me les accusent de ne vouloir se marier que pour cette raison de bien-&#234;tre. Or, si l'homme doit reconna&#238;tre que les sautes d'humeur de la femme sont parfois dues &#224; une intense activit&#233; physiologique, l'&#233;pouse doit, de son c&#244;t&#233;, comprendre que l'homme a sa modalit&#233; particuli&#232;re de r&#233;cup&#233;ration &#233;nerg&#233;tique. Ce n'est pas n&#233;cessairement une question ou d'&#233;go&#239;sme ou de paresse qui l'incite &#224; se d&#233;tendre totalement d&#232;s que son activit&#233; professionnelle est termin&#233;e, mais une n&#233;cessit&#233; biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le mari se repose, la femme s'affaire sans r&#233;pit. Si elle n'est pas &#233;puis&#233;e par quelque surmenage, l'&#233;pouse peut organiser l'existence familiale en vue d'une atmosph&#232;re de repos. Malheureusement, lorsqu'elle revient de l'atelier, du bureau, du laboratoire, elle a encore tout son travail de m&#233;nage qui l'attend. &#192; bout de nerfs, elle essaie de faire face &#224; tous les besoins familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;poux face au &#171; repos &#187; f&#233;minin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mari souhaiterait pourtant que son &#233;pouse se repos&#226;t. Il lui conseille de laisser de c&#244;t&#233; certaines occupations non urgentes. Mais il oublie qu'une femme quelque peu soigneuse se d&#233;lasse tr&#232;s difficilement dans un milieu malpropre et en d&#233;sordre. Apr&#232;s quelques instants de d&#233;tente, elle se met &#224; l'&#339;uvre, ne pouvant supporter l'id&#233;e d'une accumulation de travaux qu'elle devra faire t&#244;t ou tard. Alors le mari se f&#226;che, tandis que l'&#233;pouse commence son ouvrage tout en bougonnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une femme, qui ne cherche pas &#224; se faire dorloter, souffre d'une maladie b&#233;nigne, elle s'impatiente vite au lit. Elle se l&#232;ve et entreprend quelques petites occupations. Par crainte de voir son &#233;pouse se fatiguer, l'homme insiste pour qu'elle reste immobile ; il veut qu'elle se repose, qu'elle se r&#233;tablisse compl&#232;tement, qu'elle soit &#224; l'abri d'une rechute. La peur &#233;prouv&#233;e par un mari pour un &#234;tre qui lui est tr&#232;s cher peut se traduire par une exigence cat&#233;gorique. La femme ne comprend pas toujours les mani&#232;res brusques et pourtant g&#233;n&#233;reuses de l'homme ; elle s'emporte contre cette &#171; tyrannie &#187; masculine. Elle se f&#226;che, s'aheurte et n'en fait qu'&#224; sa t&#234;te. Le mari, tout d'abord tremblant, finit par se d&#233;sint&#233;resser de l'&#233;tat de sant&#233; de son &#233;pouse. Certains, comprenant qu'ils ne peuvent faire entendre raison &#224; leurs femmes, r&#233;pondent &#224; ceux qui leur adressent un reproche sur cette indiff&#233;rence : &#171; Que voulez-vous que j'y fasse, elle ne veut pas m'&#233;couter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que la femme sache que l'homme peut devenir indiff&#233;rent &#224; l'&#233;gard de son &#233;pouse &#224; la suite des comportements ent&#234;t&#233;s qu'elle prend ; mais faut-il aussi que le mari veuille surmonter sa crainte pour permettre &#224; sa femme de se r&#233;tablir selon sa biologie f&#233;minine. Confin&#233;e dans une immobilit&#233; absolue, cette nature humaine ressent, d&#232;s que la sant&#233; s'am&#233;liore, une compression de plus en plus douloureuse qui la pousse &#224; l'action. Une certaine libert&#233; favorisant un &#233;panchement &#233;nerg&#233;tique ne peut &#234;tre que propice au r&#233;tablissement de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques de la vitalit&#233; f&#233;minine orientent la femme vers des activit&#233;s qui la mettent en contact direct avec les &#234;tres humains. C'est dans ce rapprochement que cette nature &#233;panouit toutes ses puissances en maintenant son &#233;quilibre biologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dangers d'une activit&#233; professionnelle de l'&#233;pouse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce fait d'observation, les femmes d&#233;sertent leurs foyers pour s'astreindre &#224; des travaux r&#233;glement&#233;s de bureau, d'atelier. Elles parlent de &#171; libert&#233; &#187; sous la direction d'un contrema&#238;tre, d'un chef de service, d'un directeur. Nous pourrions croire qu'il s'agit de la libert&#233; de disposer &#224; leur gr&#233; de l'argent qu'elles ont gagn&#233; ; non. Pour beaucoup d'entre elles, le salaire est mis au profit de la communaut&#233; familiale. Est-ce une question de libert&#233; d'action ? Mais, &#224; la maison, les &#233;pouses peuvent organiser leurs occupations &#224; leur guise ; les maris ne s'en soucient g&#233;n&#233;ralement pas. Elles pr&#233;tendent aussi &#233;chapper &#224; la monotonie de l'activit&#233; m&#233;nag&#232;re. N'est-ce pas toujours les m&#234;mes gestes, les m&#234;mes mouvements, les m&#234;mes &#233;critures qu'elles font &#224; l'ext&#233;rieur pendant toute l'ann&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne traiterai pas en d&#233;tail ce probl&#232;me de l'activit&#233; de la femme en dehors de son foyer. Je me contente simplement de l'envisager sous quelques aspects psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la d&#233;sertion du foyer par la femme n'est pas toujours imputable &#224; l'homme. &#201;duqu&#233;e uniquement pour remplir des activit&#233;s ext&#233;rieures, la jeune fille perd le go&#251;t de l'activit&#233; m&#233;nag&#232;re qu'elle m&#233;prise. Malgr&#233; son incapacit&#233; de femme d'int&#233;rieur, elle veut se marier et avoir des enfants, esp&#233;rant toutefois pouvoir se d&#233;barrasser des soucis familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incapacit&#233; doubl&#233;e de m&#233;pris rend l'&#233;pouse inapte &#224; r&#233;aliser un don r&#233;el de son activit&#233; de femme &#224; ceux qu'elle pr&#233;tend aimer. Tout ce qu'elle doit faire pour l'entretien des siens devient une corv&#233;e. Et l'homme et les enfants le sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mari exprime le d&#233;sir que son &#233;pouse reste &#224; la maison pour s'occuper du m&#233;nage, imm&#233;diatement certaines femmes crient &#224; l'esclavage. Mais, quand on examine de pr&#232;s cette r&#233;action, il est ais&#233; de constater que ces femmes sont devenues incapables de s'int&#233;grer dans une vie familiale ; elles vivent &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#224; c&#244;t&#233;&lt;/em&gt; des leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;go&#251;t&#233; d'un foyer mal entretenu et d&#233;pourvu de toute chaude pr&#233;sence f&#233;minine, l'homme se livre &#224; la boisson ou r&#234;ve d'une autre femme capable de rendre une famille heureuse. Il ne faut donc pas s'&#233;tonner de voir le mari s'&#233;vader d'un milieu si peu vivant. D&#232;s que les enfants atteignent un certain &#226;ge, ils pr&#233;f&#232;rent la rue, les caf&#233;s, les salles de jeu&#8230; Les domestiques ne remplacent point la chaude vitalit&#233; d'une m&#232;re sans laquelle le foyer reste une auberge o&#249; l'on mange, dort et d&#233;pose ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant, je voudrais signaler toutefois que certaines &#233;pouses regrettent vivement d'aller travailler hors de chez elles. Mais les gains que rapportent leurs maris sont insuffisants pour satisfaire tous les besoins de la famille. En revanche, il existe des femmes dont les incapacit&#233;s m&#233;nag&#232;res provoquent le gaspillage de tout salaire, si &#233;lev&#233; soit-il. Une mauvaise &#233;ducation, un manque de go&#251;t, une paresse sont parfois les causes r&#233;elles des difficult&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Origines psychiques de ces difficult&#233;s familiales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous observions longuement les familles, nous remarquerions, en outre, des difficult&#233;s psychiques qui ont pour cons&#233;quence l'abandon du foyer par la femme. Celle-ci pense souvent &#234;tre la personne sacrifi&#233;e dans la vie communautaire. Pour comprendre en partie cette r&#233;action, il faut nous souvenir du facteur primordial qui, chez la femme, stimule l'activit&#233;, &#224; savoir l'affection. Or, bien trop souvent l'homme, au bout d'un certain temps de mariage, retombe dans sa passivit&#233; sentimentale. Il est repris par ses occupations et ne s'inqui&#232;te nullement de la d&#233;licatesse dont a besoin la nature f&#233;minine. L'&#233;pouse s'&#233;vertue &#224; se montrer bonne m&#233;nag&#232;re, tandis que le mari n'a jamais un mot d'attention pour celle qui voudrait le rendre heureux. Peu &#224; peu, la femme &#233;prouve un malaise, une insatisfaction, une ranc&#339;ur. Son travail n'est pas re&#231;u comme un don d'amour, mais comme une activit&#233; de servante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant de l'amour que la femme donne dans son travail et c'est cet amour qui doit &#234;tre re&#231;u comme tel. Si le mari comprend ce don, il sait trouver le mot, le regard, le sourire qui refl&#232;tent sa tendre reconnaissance. Alors stimul&#233;e, l'&#233;pouse n'&#233;prouve plus cette lourdeur de domestique, mais se sent transport&#233;e par un enthousiasme qui transfigure son existence. En revanche, si l'homme reste indiff&#233;rent, il assombrit la vie de celle qu'il voudrait pourtant rendre heureuse. Il est d&#233;sol&#233; pour les siens de voir sa femme aller travailler au dehors ; mais il ne songe pas une seconde qu'il peut &#234;tre lui-m&#234;me la principale cause de cet abandon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rentes professions masculines et f&#233;minines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons maintenant les professions par rapport aux caract&#233;ristiques des deux biologies humaines, nous pouvons constater que certaines professions correspondent avec nettet&#233; aux exigences fondamentales de l'une ou de l'autre de ces deux vitalit&#233;s ; il y a des professions masculines et des professions f&#233;minines. D'autres activit&#233;s, actuellement simples, contiennent deux perspectives dont l'une est masculine et l'autre f&#233;minine. Quelques-unes, n'ayant pas de caract&#233;ristiques bien pr&#233;cises, semblent pouvoir &#234;tre exerc&#233;es par l'un ou l'autre sexe sans inconv&#233;nient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suff&#238;t pas qu'une profession puisse &#234;tre techniquement remplie par un des sexes, il faut encore observer les &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;r&#233;percussions&lt;/em&gt; d'une activit&#233; particuli&#232;re sur les psychologies. En effet, au bout d'un certain temps, nous voyons qu'une activit&#233; d&#233;finie provoque des &#233;panouissements harmonieux ou des d&#233;viations, des atrophies, des hypertrophies, des inversions biologiques, chez l'individu qui s'adonne &#224; une profession conforme ou non &#224; sa nature sexu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, nous pouvons dire que la femme acquiert plus de possibilit&#233;s dans la mesure o&#249; elle exerce son action en intimit&#233; avec les &#234;tres humains, tandis que l'homme devient plus r&#233;alisateur dans la mesure o&#249; il s'engage dans une orientation ind&#233;pendante des vitalit&#233;s concr&#232;tes. Bien plus, la femme d&#233;plac&#233;e du milieu directement humain est, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;par pure nature&lt;/em&gt;, inadapt&#233;e aux occupations masculines pour lesquelles ses qualit&#233;s naturelles deviennent plus une g&#234;ne qu'une aide ; de son c&#244;t&#233;, les capacit&#233;s de l'homme se transforment en d&#233;fauts d&#232;s qu'elles sont employ&#233;es en dehors du domaine de l'activit&#233; masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, si l'influence masculine se fait trop lourdement sentir dans le domaine f&#233;minin, nous constatons que les th&#233;ories cr&#233;&#233;es par l'homme aboutissent tr&#232;s souvent &#224; des applications plus ou moins inadapt&#233;es aux &#234;tres concrets. C'est ainsi que la pu&#233;riculture, con&#231;ue par un esprit masculin, finit par paralyser les mamans dans leurs activit&#233;s naturelles. Les conseils d'hommes comp&#233;tents en ce domaine peuvent &#234;tre tr&#232;s utiles, mais certaines &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;r&#233;glementations&lt;/em&gt; sont ridicules, voire inhumaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons observer, en effet, des m&#232;res arrachant de leur sein leur b&#233;b&#233;, pour contr&#244;ler &#224; chaque instant le poids de l'enfant, afin que le bar&#232;me &#233;tabli &#171; scientifiquement &#187; soit respect&#233; &#224; chaque t&#233;t&#233;e. Certes, un contr&#244;le, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;apr&#232;s que l'enfant a pris sa nourriture&lt;/em&gt;, doit &#234;tre d'autant plus fr&#233;quent que le b&#233;b&#233; se trouve en &#233;tat de sant&#233; d&#233;licate ; mais soumettre un jeune organisme &#224; un d&#233;veloppement &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;m&#233;canique&lt;/em&gt; est une preuve d'ignorance absolue des modalit&#233;s d'une biologie humaine, que cette &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;r&#233;glementation&lt;/em&gt; soit &#233;tablie au nom de la science ou non. Car la vitalit&#233; concr&#232;te &#233;volue selon un balancement vital que nous n'avons pas &#224; r&#233;gler selon un bar&#232;me &#233;tabli &#224; l'avance. Chaque organisme se d&#233;veloppe selon son rythme, avec des avances et des ralentissements qui le caract&#233;risent individuellement. Lorsqu'il est satisfait, l'enfant a tendance &#224; s'arr&#234;ter de lui-m&#234;me. Que diraient les grandes personnes si on les for&#231;ait &#224; prendre leur nourriture en les faisant monter, apr&#232;s chaque plat, sur une bascule pour contr&#244;ler le poids de la pitance prise. Respectons au moins certaines lois biologiques, ne paralysons pas les m&#232;res qui, assez fines, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;sentent&lt;/em&gt; la vitalit&#233; de leurs enfants ; ne m&#233;canisons pas, au nom de la science, des vitalit&#233;s qui ne peuvent qu'en souffrir. Les hommes doivent s'effacer devant les femmes plus aptes qu'eux &#224; s'occuper des vitalit&#233;s concr&#232;tes. Cela n'enl&#232;ve pas la valeur des conseils des m&#233;decins-hommes qui savent, lorsqu'ils ont une suffisante connaissance de la nature humaine, respecter les vitalit&#233;s individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Synth&#232;se&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que la femme montre une sup&#233;riorit&#233; naturelle par rapport &#224; l'homme dans une activit&#233; qui s'exerce au contact des vitalit&#233;s humaines, l'homme prend le pas sur la femme dans les activit&#233;s qui s'&#233;loignent de ce contact direct. C'est dans cette perspective que l'homme se trouve &#224; l'aise et r&#233;alise le mieux toutes ses possibilit&#233;s actives, sans se d&#233;vier ni s'amoindrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme empi&#232;te sur le domaine masculin, non seulement elle ne r&#233;alise pas une totale expression de sa personnalit&#233; sans d&#233;viation biologique, mais encore elle trouble l'activit&#233; masculine. Observons une organisation qui fonctionne seulement &#224; l'aide d'hommes. Nous constatons une certaine tranquillit&#233; dans le service ; les difficult&#233;s sont, en g&#233;n&#233;ral, d'ordre professionnel ; mais que l'on engage des femmes parmi les hommes, imm&#233;diatement les &#171; histoires &#187; commencent. Tout un jeu d'influences complique les relations entre hommes ; ceux-ci, bons camarades jusque l&#224;, deviennent entre eux m&#233;fiants, hostiles ou rivaux, sans pouvoir d&#233;terminer avec exactitude la cause r&#233;elle de la m&#233;sentente. La libert&#233; d'expression est supprim&#233;e en fait, car chaque parole est r&#233;p&#233;t&#233;e, comment&#233;e, interpr&#233;t&#233;e selon les diverses sensibilit&#233;s f&#233;minines. Le d&#233;sordre s'installe et l'atmosph&#232;re devient lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'un bon rendement masculin soit possible, il faut que l'ambiance soit empreinte d'entente, de calme, de compr&#233;hension mutuelle. D&#232;s qu'un d&#233;sordre psychique s'installe, l'activit&#233; de l'homme ne peut qu'en souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence des capacit&#233;s ne conduit pas &#224; un m&#233;pris, mais &#224; un respect r&#233;ciproque entre les sexes. Les deux natures actives peuvent, en r&#233;alit&#233;, faire converger tous leurs efforts en vue d'une &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;r&#233;alisation totale de vie &lt;/em&gt; : l'homme produit et la femme adapte. Il est facteur principal de progr&#232;s ; elle est facteur primordial d'humanisation du progr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Volont&#233; : homme et femme</title>
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&lt;p&gt;Les heurts et les harmonies entre volont&#233; masculine et volont&#233; f&#233;minine sont surtout visibles dans le foyer. Les &#233;troites d&#233;pendances r&#233;ciproques d'une vie commune ne peuvent que resserrer les relations entre ces deux volont&#233;s humaines. Mais le d&#233;sir &#233;go&#239;ste d'ind&#233;pendance de certains conjoints cause des dislocations sentimentales. Il achemine les &#233;poux vers l'individualisme qui transforme le foyer en une auberge ou le d&#233;truit d&#233;finitivement. Si l'homme et la femme ont le savoir et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.famille-pyrat.info/-Homme-et-femme-.html" rel="directory"&gt;Homme et femme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les heurts et les harmonies entre volont&#233; masculine et volont&#233; f&#233;minine sont surtout visibles dans le foyer. Les &#233;troites d&#233;pendances r&#233;ciproques d'une vie commune ne peuvent que resserrer les relations entre ces deux volont&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;sir &#233;go&#239;ste d'ind&#233;pendance de certains conjoints cause des dislocations sentimentales. Il achemine les &#233;poux vers l'individualisme qui transforme le foyer en une auberge ou le d&#233;truit d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme et la femme ont le savoir et le courage de vivre totalement leurs propres natures en les accordant entre elles, l'ind&#233;pendance individualiste s'estompe pour permettre une v&#233;ritable libert&#233; qui est le fruit d'une volont&#233; commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;poux a besoin de stabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour vivre avec une femme, l'homme a besoin d'une certaine stabilit&#233; psychique lui permettant de r&#233;aliser un effort int&#233;rieur. II est dans la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;voir son activit&#233;, de l'ordonner et de la maintenir selon un plan &#233;tabli. Il tend par cons&#233;quent vers un certain comportement disciplin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle exigence peut engendrer chez des individus une v&#233;ritable manie de r&#233;glementation. Le lever, le coucher, les repas, les heures de travail, les moments de distractions sont d&#233;termin&#233;s &#224; l'avance avec pr&#233;cision. Toute la famille doit se soumettre &#224; cette prescription sous peine de s&#233;v&#232;res remontrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;formation, plus accentu&#233;e &#224; une &#233;poque o&#249; les hommes faisaient lourdement peser leur autorit&#233;, n'est pas la caract&#233;ristique actuelle. Toutefois, la tendance masculine &#224; stabiliser la vie communautaire autour de certains points assez pr&#233;cis reste une n&#233;cessit&#233; ; elle permet &#224; ceux qui vivent c&#244;te &#224; c&#244;te d'harmoniser leur comportement individuel en vue de l'int&#233;r&#234;t commun et du respect de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;pouse pr&#233;f&#232;re la libert&#233; de mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la femme ne comprend pas toujours cette utilit&#233;. Plus spontan&#233;e et plus r&#233;active, elle se sent g&#234;n&#233;e et quelquefois contrainte dans sa mobilit&#233; individuelle. En g&#233;n&#233;ral, elle pr&#233;f&#232;re une certaine libert&#233; de mouvements au sein de la vie familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'homme fait une remarque au sujet d'un manque de ponctualit&#233; dans l'existence commune, l'&#233;pouse se froisse et n'est pas loin de se croire redevenue l'esclave des temps anciens ; elle se r&#233;volte et accuse son mari de lui commander comme &#224; une bonne. La tension entre conjoints peut s'aggraver. L'un et l'autre s'ent&#234;tent parfois. Des heurts douloureux surgissent et peuvent aboutir &#224; la soumission de l'un des &#233;poux ou &#224; la destruction de la vie conjugale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme r&#233;agit violemment en face de sa femme, il peut parvenir &#224; lui imposer son autorit&#233; d'une fa&#231;on absolue ; il n'admet plus de r&#233;plique ; il commande, ordonne, exige. En face de cette autorit&#233; qui n'est pas toujours le signe d'une authentique volont&#233;, l'&#233;pouse se tait, se plie, s'ex&#233;cute. Si elle d&#233;sire obtenir quelque satisfaction, elle ne sait comment expliquer &#224; son mari ce qu'elle croit &#234;tre indispensable au bien de la communaut&#233; familiale. Elle voudrait le convaincre, mais l'exigence masculine n'est pas toujours tr&#232;s souple et l'&#233;pouse risque de n'exister qu'&#224; l'ombre du vouloir de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; ses fins, parfois imp&#233;rieuses, la femme est quelquefois r&#233;duite &#224; mentir, &#224; dissimuler sa pens&#233;e, &#224; cacher m&#234;me de l'argent. Ainsi l'homme pousse sa femme &#224; mener un double jeu dont il peut, un jour, &#234;tre lui-m&#234;me la principale victime, et cela, apr&#232;s avoir fait atrocement souffrir celle qui avait eu le g&#233;n&#233;reux dessein de vivre totalement pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'observation sur une grande &#233;chelle permet de constater que ces exc&#232;s masculins sont devenus rares de nos jours. On remarque actuellement que l'homme a une tendance &#224; se soumettre aux &#171; volont&#233;s &#187; de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'&#234;tre au courant de l'&#233;volution de la vie des familles pour d&#233;couvrir que la volont&#233; masculine est, &#224; l'heure actuelle, &#233;limin&#233;e d'un tr&#232;s grand nombre de foyers. D&#233;sireux d'&#234;tre d&#233;licat, compr&#233;hensif, humain, le mari cherche &#224; plaire &#224; son &#233;pouse qui manifeste ses insatisfactions par des bouderies, des pleurs, des cris. Pour avoir la paix, il c&#232;de une fois, deux fois, et finalement toujours, &#224; moins qu'il ne quitte d&#233;finitivement la vie en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur l'histoire, plus ou moins v&#233;ridique, de la condition de la femme, l'&#233;pouse n'admet aucune remarque de la part de l'homme, parce qu'elle ne tient pas, dit-elle, &#224; retomber en esclavage, comme si elle incarnait &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;la&lt;/em&gt; femme depuis l'apparition de l'&#234;tre humain sur terre ; et l'homme, pour ne pas &#234;tre le tyran l&#233;gendaire, pr&#233;f&#232;re para&#238;tre &#171; compr&#233;hensif &#187;&#8230; Il aboutit &#224; la veulerie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parents excessifs dans leur volont&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand il y a des enfants dans le foyer, les deux attitudes extr&#234;mes, soit de l'homme, soit de la femme, ont de graves r&#233;percussions sur l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la volont&#233; masculine r&#233;glemente l'existence familiale avec trop de rigidit&#233;, les enfants sont expos&#233;s &#224; ne pas s'&#233;panouir dans leurs natures spontan&#233;es. Embrigad&#233;s, ils ne peuvent que, ou plier sous cette domination qui &#233;touffe toute volont&#233; naissante, ou se r&#233;volter contre cette main-mise absolue. Il arrive, en effet, que le p&#232;re n'admette aucun changement &#224; une r&#233;glementation d&#233;cr&#233;t&#233;e une fois pour toutes. II n'accepte pas de prendre en consid&#233;ration certaines circonstances att&#233;nuantes qui expliquent des manquements &#171; au r&#232;glement &#187;. La m&#232;re qui essaie d'intervenir pour obtenir quelques concessions est aussi brutalement &#171; remise &#224; sa place &#187;. C'est ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;donc&lt;/em&gt;&#8230; il fallait s'y tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, si la femme &#233;tend sa toute-puissance sur la famille, les enfants sont soustraits &#224; l'autorit&#233; paternelle. L'&#233;pouse s'appuie, quelquefois, sur la jeunesse, la fragilit&#233;, la maladie vraie ou suppos&#233;e de l'enfant, pour &#233;liminer peu &#224; peu la volont&#233; du mari. D&#232;s que le p&#232;re tente une remarque, la m&#232;re prend, sur-le-champ, le parti de l'enfant. Sans se soucier de la v&#233;ritable &#233;ducation, elle s'emporte et affirme, devant le petit, que celui-ci est trop jeune, qu'il ne comprend pas encore, qu'il est si d&#233;licat qu'il faut &#233;viter de le contrarier et faire na&#238;tre chez lui quelque &#171; vilain complexe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le p&#232;re insiste en face des caprices, des fautes, de la paresse du petit, la m&#232;re crie de plus belle, prend des crises de nerfs plus ou moins factices. L'homme se voit alors pris dans un dilemme : ou insister et transformer en existence infernale cette vie commune ou ne plus intervenir. C'est souvent la seconde solution qu'il choisit, d'autant que son enfant est dress&#233; contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II serait incomplet de ne pas faire remarquer que certaines femmes contre leur gr&#233; sont oblig&#233;es, dans leur famille, de tenir &#224; la fois le r&#244;le de m&#232;re et celui de p&#232;re. Quelques maris, pour jouir d'une tranquillit&#233; &#233;go&#239;ste, laissent toute la responsabilit&#233; du foyer &#224; leurs &#233;pouses. Les d&#233;cisions leur font peur, les probl&#232;mes de l'&#233;ducation les agacent, les difficult&#233;s p&#233;cuniaires les importunent. Aussi donnent-ils carte blanche &#224; leurs femmes qui doivent tout appr&#233;cier, tout d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par suite de ce refus de l'homme d'exercer sa volont&#233;, la femme encourt le danger de ne pas pouvoir &#234;tre affectueusement &#233;pouse et tendrement m&#232;re. Oblig&#233;e d'&#234;tre s&#233;v&#232;re vis-&#224;-vis des enfants qui sentent l'absence d'une autorit&#233; paternelle, elle ne peut leur t&#233;moigner la tendresse, si n&#233;cessaire &#224; une bonne &#233;ducation. Parfois, le p&#232;re, faussement indulgent, attire &#224; lui l'affection des enfants au d&#233;triment de la m&#232;re qui passe pour un &#234;tre dur et sans c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour savoir si telle est bien la situation exacte dans les familles, il faut les conna&#238;tre de longue date ; car la femme qui &#233;vince le p&#232;re est persuad&#233;e que son &#233;poux a &#233;t&#233; un incapable d&#232;s le d&#233;but du mariage. Elle proclame bien haut qu'elle a d&#251; lutter seule contre vents et mar&#233;es. Mais si on a bien observ&#233; l'&#233;volution de la vie familiale, il n'est pas toujours difficile d'y d&#233;couvrir une &#233;limination syst&#233;matique de la volont&#233; de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une compr&#233;hension des volont&#233;s respectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces incompatibilit&#233;s ne sont pas toujours la cons&#233;quence d'une d&#233;mission ou d'un empi&#232;tement d'un conjoint. Elles r&#233;sultent parfois d'une mauvaise compr&#233;hension des formes diff&#233;rentes de ces deux volont&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons dit que la volont&#233; masculine se r&#233;alise dans une attitude rigide ; se basant sur un principe choisi, l'individu y prend appui pour imposer de l'ext&#233;rieur sa d&#233;cision. Il en d&#233;coule n&#233;cessairement que l'homme change peu ais&#233;ment son vouloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines femmes pensent qu'il s'agit d'une attitude de despote. Elles croient m&#234;me que l'homme veut se faire prier comme un tyran pour conc&#233;der une faveur selon son bon plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle opinion d&#233;note une incompr&#233;hension de la psychologie masculine. Si certains cas peuvent donner raison &#224; cette interpr&#233;tation, en g&#233;n&#233;ral l'homme n'aime pas &#234;tre suppli&#233;. La maladresse f&#233;minine provoque souvent une impatience de la part de l'homme qui ne veut m&#234;me plus &#233;couter. Quelques femmes prennent un d&#233;licieux plaisir &#224; implorer leurs &#233;poux par des cajoleries, des bouderies feintes, des baisers. Cette attitude peut charmer momentan&#233;ment un amant, mais rebute souvent un mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme accepte, en effet, de bon gr&#233; d'harmoniser son vouloir avec celui de son &#233;pouse &#224; la condition qu'elle lui laisse le temps n&#233;cessaire pour qu'il puisse &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;re-structurer&lt;/em&gt; sa pens&#233;e. Il a besoin de consid&#233;rer &#224; nouveau le probl&#232;me pour &#234;tre convaincu. Sans cette conviction, il ne peut que &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;conc&#233;der &lt;/em&gt; ; la femme sent alors une v&#233;ritable &#171; aum&#244;ne &#187; qui la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision d'intelligence ne suffit pas pour que l'homme veuille avec force. Sa psychologie lente ne s'adapte pas imm&#233;diatement &#224; la nouvelle perspective envisag&#233;e. Il &#233;prouve des r&#233;pugnances dont il ignore l'origine, la valeur, l'importance. Il lui arrive de saisir la n&#233;cessit&#233; d'une d&#233;cision, mais de se trouver en m&#234;me temps incapable de la prendre. Malgr&#233; sa bonne intention, il est paralys&#233; en lui-m&#234;me par des r&#233;sistances psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la femme est f&#233;minine, elle conna&#238;t la sensibilit&#233; de son mari, en d&#233;couvre les d&#233;fauts, en sonde les qualit&#233;s. Avec un d&#233;licat doigt&#233;, elle indique l'importance du probl&#232;me, lui fait prendre conscience des r&#233;pugnances psychiques, lui montre le peu de valeur de certains pr&#233;jug&#233;s. Elle assouplit ainsi cette volont&#233; masculine sans la d&#233;truire. Certes, une telle intervention suscite un petit mouvement d'agacement, car elle fait sortir cette psychologie masculine de sa qui&#233;tude. Mais l'homme loyal admet le bien-fond&#233; de la remarque. Il en r&#233;sulte que sous l'influence de la volont&#233; de la femme, la psychologie masculine s'achemine vers une nouvelle d&#233;cision. L'homme devient alors capable de vouloir pleinement en union intime avec son &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;viations observ&#233;es d'une volont&#233; ext&#233;rieure de l'&#233;pouse sur l'&#233;poux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand des femmes imposent aux hommes leur volont&#233; de l'ext&#233;rieur, elles provoquent chez les &#234;tres virils un mouvement de d&#233;fense. Quelques-unes se figurent que cette r&#233;action provient essentiellement d'un orgueil. L'homme ne doit-il pas para&#238;tre commander ? N'a-t-il pas sa &#171; dignit&#233; &#187; en jeu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique perd tout sens devant une observation s&#233;rieuse. Que certains individus, surtout ceux qui n'ont pas de volont&#233; authentique, jouent &#171; aux volont&#233;s fortes &#187; en n'admettant aucune r&#233;plique : c'est vrai. Mais ce travers n'est pas la caract&#233;ristique d'une volont&#233; masculine. L'homme a moins besoin de &#171; para&#238;tre &#187; que la femme. Il veut se r&#233;aliser selon sa nature sans se pr&#233;occuper de l'opinion d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de d&#233;fense, d'autant plus v&#233;h&#233;mente que l'individu est plus viril, provient d'une violation de la nature masculine. Exiger d'un homme une nouvelle d&#233;cision imm&#233;diate, c'est provoquer un malaise qui peut aller jusqu'&#224; la souffrance. Le trouble s'installe dans cette vitalit&#233; structur&#233;e ; l'individu est d&#233;sorient&#233;. II ne peut que rejeter la pression ext&#233;rieure ou se soumettre sans vouloir r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est autrement sous le commandement d'un autre homme. Les deux psychologies ont un rythme et une stabilit&#233; qui permettent aux deux natures d'&#233;voluer sans heurts psychiques. Seules des conceptions diff&#233;rentes peuvent s'affronter et d&#233;truire non les volont&#233;s mais l'entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trouble dont souffre l'homme sous un commandement de femme se double d'une r&#233;pugnance en face de cette nature f&#233;minine si peu en harmonie avec elle-m&#234;me. En effet, la femme qui adopte une volont&#233; d'ext&#233;riorit&#233; viole sa vitalit&#233; qui est une puissance d'int&#233;riorit&#233;. Cette attitude de commandement comporte des inconv&#233;nients moins graves si le subordonn&#233; n'est pas l'&#233;poux. Elle est n&#233;faste dans la vie conjugale. En effet, les relations psychiques du mariage placent la femme au sein d'une psychologie masculine. C'est &#224; l'int&#233;rieur de cette vie que l'&#233;pouse exerce son influence. L'homme lui laisse la possibilit&#233; d'intervenir. Si la femme quitte cette position intime pour imposer de l'ext&#233;rieur son autorit&#233;, elle brise les rapports entre conjoints. Le mari &#233;prouve un malaise qui se transforme en d&#233;go&#251;t. II n'accepte pas cette nouvelle relation qui n'est pas celle d'une intimit&#233; affectueuse. L'&#233;pouse d&#233;truit les rapports biologiques d'une profonde union.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'influence &#224; l'emprise de l'&#233;pouse sur son &#233;poux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus une femme vit intimement avec un homme, plus son influence est profonde ; mais plus redoutable est aussi son emprise. Nous remarquons des hommes devenus sans volont&#233; sous l'autorit&#233; de femmes qui ont su s'insinuer et se maintenir dans ces psychologies masculines. Par des paroles de doute, par des suggestions, par des sentiments entretenus, elles sont parvenues &#224; r&#233;duire ces individus &#224; leur merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction de la volont&#233; masculine commence souvent par la forte impression que la femme produit sur la sensibilit&#233; de l'homme et sp&#233;cialement sur la sensibilit&#233; sexuelle. L'individu est soudain subjugu&#233;. Il perd le contr&#244;le de lui-m&#234;me. Profitant de ce d&#233;sarroi, la femme modifie &#224; son gr&#233; le comportement de l'individu qui devient un jouet entre ses mains. Pour maintenir cette emprise elle dose adroitement les sensations qu'elle fait &#233;prouver. Sous cette main-mise tyrannique mais &#233;ph&#233;m&#232;re, l'homme devient esclave avec plaisir. Parfois, il poss&#232;de encore assez de lucidit&#233; pour comprendre sa situation avilissante. Il voudrait se d&#233;gager de cette domination, mais emp&#234;tr&#233; dans un r&#233;seau de sentiments, de sensations, de compromissions, il se sent garrott&#233;. Dans un effort pour rompre les liens, il se d&#233;bat comme un impuissant. Avec des sursauts de d&#233;fense, il se retourne, quelquefois, contre celle qui l'a soumis ; sa violence peut le conduire jusqu'au crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas qu'un homme de volont&#233; qui impose son autorit&#233; peut, par ses exc&#232;s, provoquer des attitudes de d&#233;fense ; mais il ne suscite pas de d&#233;go&#251;t. La femme se prot&#232;ge contre un vouloir masculin qui s'exerce avec trop d'intransigeance ; elle se r&#233;volte m&#234;me, mais elle n'&#233;prouve pas cette impression d'&#233;c&#339;urement qu'elle ressent, en revanche, devant un individu qui s'appuie de tout son poids sur elle et qui ne sait vouloir que ce qu'elle a d&#233;cid&#233;. Ayant souvent abus&#233; de son influence qu'elle consid&#233;rait comme une heureuse aubaine, la femme se trouve ensuite avec un individu qui ne lui est d'aucun secours. Elle se voit seule devant les responsabilit&#233;s de l'existence. Certaines &#233;pouses cinglent, en public, par des paroles ironiques, des maris qui n'ont plus la force suffisante pour r&#233;agir. Elles racontent sans pudeur les d&#233;cisions qu'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;elles&lt;/em&gt; ont prises, les d&#233;marches qu'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;elles&lt;/em&gt; ont faites&#8230; ; avec l'&#226;ge et les difficult&#233;s de la vie, elles ont l'impression d'une incertitude qui augmente comme le m&#233;pris qu'elles &#233;prouvent pour leurs maris. Certaines finissent par quitter leur foyer pour se mettre sous la protection d'hommes capables de volont&#233; ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poux, de son c&#244;t&#233;, peut se d&#233;fendre contre une volont&#233; de femme qui s'infiltre dans sa psychologie masculine. Il s'en m&#233;fie m&#234;me et cherche &#224; s'en prot&#233;ger par une attitude bourrue ; il ne veut pas &#233;couter de peur de c&#233;der &#224; quelque sentiment tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien que certains abus puissent d&#233;couler de sa trop grande complaisance, l'homme n'est pas r&#233;volt&#233; en face de l'emprise qu'exerce une femme au sein m&#234;me de sa vitalit&#233; masculine. Bien plus, il aime devenir faible par affection. C'est pour lui un agr&#233;able plaisir de se laisser fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une n&#233;cessaire g&#233;n&#233;rosit&#233; conjugale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'adaptation r&#233;ciproque de deux volont&#233;s humaines n&#233;cessite une intelligente g&#233;n&#233;rosit&#233;. Sans cela, les individualit&#233;s s'entrechoquent sans cr&#233;er une communaut&#233;. Chaque conjoint r&#233;clame la possibilit&#233; de faire comme bon lui semble, sans se g&#234;ner, sans accepter la moindre remontrance, sans respecter la libert&#233; de l'autre. On esp&#232;re trouver la solution en &#233;tablissant une coexistence bas&#233;e sur un certain &#171; pacte &#187; selon lequel chacun essaie de vivre avec le plus d'ind&#233;pendance possible. Ces concessions sont octroy&#233;es avec si peu d'amour v&#233;ritable que les reproches, les plaintes, les rappels de ces &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233;s &#187;sont les cons&#233;quences d'une entente &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;conc&#233;d&#233;e&lt;/em&gt;. Les heurts, les tiraillements, les insatisfactions alourdissent l'atmosph&#232;re. Chaque &#233;poux se croit victime de cette situation conjugale. Des pleurs, des cris, des bouderies, des pardons mutuels laissent la place au bout d'un certain temps &#224; un mode d'existence auquel les conjoints se soumettent puisqu'ils sont mari&#233;s et qu'ils ont des enfants&#8230; ; quelquefois, apr&#232;s des promesses sinc&#232;rement prononc&#233;es sous le serment de &#171; toujours &#187;, ils se s&#233;parent sous le poids de souffrances qui les brisent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une volont&#233; commune&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si, au contraire, chaque conjoint apporte son authentique volont&#233;, l'harmonie devient alors possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme sait prendre sa responsabilit&#233; en imposant un certain cadre bas&#233; sur des principes coordinateurs. Une fermet&#233; et m&#234;me, &#224; l'occasion, une s&#233;v&#233;rit&#233; obligent les uns et les autres &#224; se discipliner. Chacun se sait tenu &#224; ma&#238;triser son comportement en fonction du bien g&#233;n&#233;ral et du respect individuel. Tous sont soumis &#224; cette obligation : le p&#232;re, la m&#232;re et les enfants. L'homme ne fait que prendre une meilleure conscience de ce c&#244;t&#233; de la vie familiale ; il s'en fait une id&#233;e nette, la communique aux autres et en garantit le respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, il compte sur sa femme pour que cette volont&#233; masculine soit mieux adapt&#233;e &#224; la vie concr&#232;te. Les circonstances de chaque jour ne permettent pas, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, une application stricte des principes m&#234;me les meilleurs. Il faut un assouplissement et une interpr&#233;tation juste de l'autorit&#233; paternelle. La volont&#233; nuanc&#233;e de la femme devient l'&#233;l&#233;ment indispensable pour humaniser la volont&#233; de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pouse, elle, se repose sur la ferme constance masculine qui lui sert d'appui. Les grandes lignes de l'existence familiale &#233;tant maintenues par la volont&#233; du mari, la femme se d&#233;tend avec confiance. Elle ne se sent pas domin&#233;e, mais affectueusement &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;soutenue&lt;/em&gt;. La m&#232;re n'est plus seule &#224; se d&#233;battre dans l'&#233;ducation des enfants dont les caract&#232;res exigent plus ou moins une autorit&#233; ext&#233;rieure qui impose une discipline. Lib&#233;r&#233;e de ce c&#244;t&#233; autoritaire de l'&#233;ducation, la m&#232;re, sans d&#233;truire l'influence paternelle, peut &#234;tre alors toute d&#233;licatesse. Avec pr&#233;cision et douceur, elle exerce sa volont&#233; &#171; par l'int&#233;rieur &#187; en orientant la vitalit&#233; enfantine dans le sens d'une totale r&#233;alisation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi lorsqu'elles s'accordent selon leurs vraies natures, la volont&#233; masculine et la volont&#233; f&#233;minine constituent une volont&#233; commune qui soutient, oriente, oblige la r&#233;alit&#233; vivante dans toute sa totalit&#233; : l'une l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;encadre&lt;/em&gt; et l'autre la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;p&#233;n&#232;tre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux perspectives d&#233;limitent le domaine de la volont&#233; masculine et le domaine de la volont&#233; f&#233;minine. Cette d&#233;limitation ne signifie pas n&#233;cessairement exclusivit&#233;. Il faut surtout consid&#233;rer une pr&#233;dominance d'une volont&#233; sur l'autre selon que le domaine de l'autorit&#233; s'exerce dans une activit&#233; masculine ou une activit&#233; f&#233;minine. Pendant qu'une des volont&#233;s humaines s'exprime, l'autre est pr&#233;sente ; c'est ainsi que la femme encourage, anime, stimule le vouloir masculin, alors que la stabilit&#233; consolide discr&#232;tement la volont&#233; f&#233;minine en lui laissant toute sa souplesse p&#233;n&#233;trante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'homme et la femme restent libres dans leurs propres expressions ; mais en m&#234;me temps chacun ne se sent plus seul dans son vouloir. B&#233;n&#233;ficiant de l'appui r&#233;ciproque, les &#233;poux voient s'accro&#238;tre leur capacit&#233; de volont&#233; dans un don mutuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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